H2NO de Jean-Marc Renaudie

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 Résumé du livre :

« Depuis le Grand Cataclysme, les règles de vie ont évolué. L’existence de l’homme se résume à vivre, travailler, et mourir dans une tour, avant d’y être incinéré.

Abedo appartient au comité. Il représente l’autorité.

Quand l’affaire des cuves d’eau contaminées par le virus biotechnologique H2NO éclate, Abedo se prépare à résoudre un cas d’école. Mais le meurtre d’un autre agent change la donne. De traqueur, il devient traqué. Pour s’en sortir, il devra dénouer les fils d’une intrigue qui l’entraînera dans les souterrains creusés sous NéoToulon. Soutenu par GN345, il remontera les pistes jusqu’au plus haut sommet de l’État : le comité des 20.

En parallèle, un vent de révolte souffle dans les rangs des non-repertoriés. Le pays est au bord de l’effondrement. »

 Commentaire :

Jean-Marc Renaudie nous présente ici sa première incursion dans le monde de la science-fiction. Jean-Marc est toutefois le genre d’auteur difficile à qualifier, étiqueter ou encore catalogué en raison de la diversité de son talent. Dans ce roman il flirte avec plusieurs genres à la fois. Nous entraînant dans une histoire de science-fiction, dans un récit politique, mais aussi dans un polar d’un genre nouveau doublé d’un récit d’aventures. Pour avoir déjà lu plusieurs écrits de cet écrivain passionné de la langue française, je peux vous garantir que c’est un nom à ne pas oublier.

Le personnage principal du roman, Abedo, est un flic honnête équipé de la meilleure technologie possible, presque militaire pour pratiquer son métier. Un homme consciencieux qui devra faire face à des situations extraordinaires. Mais attention, il n’est pas question de personnages noirs et blancs, bons ou mauvais. L’écriture de Renaudie transcende les clichés de la littérature. Tout est gris, changeant, inquiétant, réaliste, troublant. L’humanité et la robotique se confrontent, font chemin ensemble avec toutes les complications imaginables. Les personnages du roman, en particulier le personnage principal, nous surprennent par leur vulnérabilité tout à fait humaine. Le lecteur se reconnait ainsi dans certaines situations, dilemmes d’Abedo.

La plus grande qualité de Jean-Marc Renaudie est sa capacité à intégrer les détails dans l’histoire, tout en nous épargnant les descriptions futiles. Il s’en tient à l’essentiel, choisissant ses mots avec justesse, nous donnant une image de l’action qui s’imprègne dans notre esprit. Il évite l’erreur des phrases trop longues, il va directement au but, ajouter ici et là des mots frappants, touchant sa cible. L’écriture de l’auteur est mature, il excelle dans la construction d’une trame captivante.

« La nocivité de son humour me touchait, mais je ne bronchai pas. Je gardais ma fureur ancrée dans mon cœur. »

Au début, je me suis questionné sur la narration à la première personne, en particulier parce qu’on me l’avait reproché en tant qu’écrivain. Mais ici, c’est l’unique narration possible, puisque les pensées d’Abedo sont essentielles, logiques, et elles ajoutent au récit une qualité exceptionnelle. L’auteur possède un texte de qualité, solide, un modèle de science-fiction et d’écriture en général.

Ce qui m’a grandement plu dans H2n0 est la complexité de la relation entre les hommes et les machines. Nous sommes inévitablement conviés à débattre les questions éthiques, morales et religieuses de la présence de ces choses robotisées que nous avons créées, qui prennent de plus en plus de place dans nos vies.

Bref, il ne fait aucun doute que ce roman est à conseiller. Pour son personnage principal, les thèmes soulevés et l’action qui aura à plusieurs reprises fait monter ma pression sanguine. C’est une course contre l’ennemi, un marathon littéraire jusqu’à la conclusion. Un roman intelligent.

Ma note : 9.5/10

Site de l’éditeur :

L’ivre-Book

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Jean-Marc Renaudie

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Averia 5 de Patrice Cazeau

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L’auteur :

Le nom Patrice Cazeault vous dit sûrement quelque chose, non? Il est ce jeune auteur dynamique, prolifique, père de l’initiative du 12 août 2014 : « J’achète un livre québécois ». Cette activité qui a beaucoup fait parler dans la francophonie.

La série Averia :

Vous n’avez jamais lu un seul des volumes de la série Averia? Ne le dites pas tout haut, on pourrait vous entendre. Alors, ne lisez pas cette critique, allez plutôt vous procurer le tome 1 ou, pour vous donner une idée, lisez mon commentaire sur le premier chapitre de cette inoubliable saga.

Lecture d’Averia 1 – Sylvain Johnson

Vous avez lu les numéros précédents et voulez découvrir le tome 5, bienvenue dans mon univers de critique pas trop professionnel, mais très honnête. Il y a maintenant plus d’un an, je lisais le premier tome de cette série. Je termine aujourd’hui le dernier disponible en librairies depuis peu. Je suis heureux de vous faire part de mes impressions de lecture.

Qu’est-ce qu’Averia? C’est un monde futuriste où les humains et les Tharisiens se font la guerre. Deux peuples déchirés, que ce soit les hommes avec leur nature destructrice ou les Tharisiens en grands conquérants galactiques. Dans cet univers de science-fiction se trouve Averia, la planète au centre de l’action, l’épicentre d’un groupe de personnages principaux des plus intéressants. Il y a la grande sœur Seki Jones, forte et lucide, la petite sœur Myr, irréfléchie et aux actions engendrant des conséquences irréversibles. Les aventures qui nous les ont fait découvrir se poursuivent, toujours à un rythme endiablé, sans être amoindri en danger et en actions périlleuses.

Le roman débute dans la tragédie. Laïka se meurt, Seki à son chevet perd la tête dans un deuil déjà amorcé et qui menace de détruire les relations fragiles avec ceux qui l’aiment. Les deux sœurs s’éloignent, le dialogue se détériore et les deux jeunes femmes s’entredéchirent. La guerre est imminente, la révolution bat son plein et du début à la fin, c’est une suite d’épreuve, de combats, de lutte pour la survie.

Les évènements du passé les rattrapent, les protagonistes de cette histoire ne sont plus des gamins. Ils vivent des situations adultes, et durant tout le roman plane l’ombre d’une fatalité désarmante qui menace de s’abattre.

Le récit est parfois sombre, triste, et nous sommes les témoins privilégiés d’un changement dans la vie de tous ces héros. Des personnages prisonniers d’un monde en ruine, où les politiciens bougent des pions sur l’échiquier de la vie, sans égard pour les citoyens victimes.

C’est un roman intense, un cri contre l’injustice raciale, un cri d’alarme pour faire cesser un conflit qui dure depuis trop longtemps. Un conflit qui fait des victimes, qui laisse des traces, des marques indélébiles dans l’esprit et le corps.

La fin nous laisse entrevoir un tome 6 palpitant, où se retrouveront nos personnages, à l’aube d’une paix nouvelle ou d’une guerre sans merci. La fragilité des liens de nos héros trouve sa source dans cette vie coloniale décousue, dans leur existence affectée par toutes ces années de guerres. Personne ne peut espérer la paix, faire des traités, lutter contre des milices ou une race entière sans se faire d’ennemis. Les ennemis d’hier deviennent souvent des héros, les amis de la veille de meurtriers obstacles à notre quotidien.

J’ai bien aimé l’écriture mature, le ton dramatique, sincère et confident. C’est une série québécoise de qualité, à découvrir.

Ma note :

8.5/10

Liens utiles:

Lecture d’Averia 1 – Sylvain Johnson

Site de l’éditeur : ADA

Le site de l’auteur :  Patrice Cazeault

Lecture d’Abysses de Christophe Rosati

couv-cthulhu-c-rosatiDe quoi avez-vous peur? De vous retrouver dans l’espace, loin de votre terre natale? Sur une planète inconnue? Dans un submersible trop étroit, vulnérable, et prisonnier d’un cercueil d’acier? Au fin fond d’un océan abyssal sombre peuplé de choses étranges et dangereuses?

Pourquoi pas tout cela en même temps? Tant qu’à vous faire peur, aussi bien mettre toutes vos frayeurs ensemble, non?

C’est ce que Christophe Rosati a décidé de faire dans cette nouvelle littéraire de l’excellente et surprenante série « Calling Cthulhu ». Cette série regroupe de nombreux textes d’auteurs talentueux qui se veulent un hommage à la mythologie créée par H.P. Lovecraft.

Dans cette nouvelle, nous suivons les déboires d’un commandant de navire en pleine mission sur une planète étrangère avec son équipage. C’est au travers de son journal de bord tenu au fil des évènements dramatiques que nous le suivons. J’ai trouvé l’écriture et le ton de narration employé par l’auteur très efficace. On se laisse non seulement embarquer, mais c’est une très belle aventure, souvent angoissante, dans un monde visuellement très beau et très bien imaginé. Une science-fiction solide et une odyssée qui fait réfléchir sur la stupidité et l’avidité de notre race bien petite face à l’immensité de notre univers.

Avec son imagerie intense, le texte nous conduit vers une fin tragique et gigantesque.

Une très bonne nouvelle pour une série qui m’a déjà séduite.

Ma note : 9/10

Lecture « Du Début à la fin » de Franck Labat

Du début à la fin

Résumé du livre :

« Qu’ont en commun un scientifique perdu dans la jungle amazonienne, un sculpteur génial sous l’emprise de la Destruction, ou une écolière récompensée de ses efforts? Ils sont tous des bâtisseurs ou destructeurs. Tous origine ou point d’orgue à l’existence d’un être, d’une planète, d’un monde ou d’un univers. »

Mes commentaires :

« Du début à la fin » est un livre surprenant. Un recueil de nouvelles dont certaines des histoires sont liées entre elles, tandis que d’autres sont complètement indépendantes. Elles ont toutefois un thème commun, le commencement ou la fin de quelque chose.

Lorsque j’ai parcouru le catalogue de la maison d’édition, la couverture m’a tout de suite attirée. C’est indubitablement un recueil de nouvelles de science-fiction, parfois se déroulant assez proche de notre époque, d’autres fois à des années-lumière. L’élément commun qui m’a plu dans certains des récits, est cette facilité à nous transporter d’une époque à l’autre, les mondes, les civilisations et les idées imbriquées dans une réalité qui ne s’applique plus.

Est-ce que c’est accessible à tous? Un peu lourd pour des gamins, mais idéal pour la réflexion et la détente, l’imagerie poétique et la vision utopique.

Voici des commentaires sur certaines des nouvelles.

Coup de foudre originel :

Première histoire d’amour, vision poétique de la création, un mythe agréable et bien décrit. Très imagée, un peu scientifique et suffisamment vulgarisé.

La source :

Courte nouvelle qui vous emportera vers la source de tout et de rien, vers la plénitude et le néant.

Échelon supérieur :

Cette nouvelle littéraire et quelques autres qui suivent sont liées entre elles. C’est un récit parfois sombre, très humain. Une histoire étrange, un voyage littéraire du début à la fin, que ce soit spirituel ou social. La création d’un mythe sur l’évolution de l’homme, un parcours d’une certaine beauté et qui soulève la question existentielle à laquelle les religions tentent de répondre. Quelle est notre ultime raison d’être?

Le blog :

Un récit d’actualité informatique, on délaisse temporairement la science-fiction. L’auteur nous dévoile son sens de l’humour tordu, sa capacité à prolonger un récit avec une intrigue captivante.

Naturalis :

Comment décrire cette nouvelle? C’est un mélange audacieux de l’endiablé « Running Man » de Richard Bachmann, qui s’accouple adroitement avec « The Happening » de M. Night Shyamalan.

Maverick 5:

Une épopée intergalactique où le combat incessant pour la survie d’une race souligne la fragilité de l’existence. L’auteur adore faire miroiter sa capacité littéraire à développer des textes de science-fiction de qualité.

Poussière :

Voici une surprenante nouvelle. Je ne suis pas toujours convaincu du sens à lui donner, je prévois d’ailleurs une relecture!

Pile ou face :

Nous retrouvons ici les protagonistes d’un dialogue fictif et particulier, la dualité d’êtres aussi anciens que notre monde, notre race primitive et destructrice.

 Conclusion:

C’est un recueil intelligent appartenant à une catégorie qui lui est propre. Est-ce de la science-fiction? Oui, mais pas seulement cela. Une lecture vivement conseillée aux amateurs de récits intelligents.
L’écrivain à un talent pour développer ses intrigues, ajouter des descriptions et des détails.

Note : 7/10

Liens utiles:

Site de l’éditeur : L’ivrebook

Site de Franck Labat: Site officiel

 

Message Important des Éditions Long Shu Publishing

Tous les ans, de nombreuses maisons d’éditions procèdent à des appels à textes thématiques afin de réaliser leurs anthologies. Elles réalisent un travail remarquable. Bien sûr, la sélection est la règle et bien souvent, les anthologistes doivent faire des choix cornéliens. De nombreux textes sont rejetés, indépendamment de leur qualité, et peu importe les raisons. Certains de ces refus sont de bons textes qui méritent d’être publiés. C’est une partie d’entre eux que nous avons décidé de réunir dans une anthologie qui sortira tous les ans.

Ces anthologies sont réunies au sein de la collection Les anthos auxquelles vous avez échappé, clin d’œil à la 4e de couverture du magazine Charlie Hebdo.

Elles sont réalisées sous la direction de John Steelwood.

Cette collection a deux ambitions :

  • Donner une chance de plus à ces textes refusés d’exister.
  • Braquer les projecteurs sur des auteurs qui, à notre avis, méritent le détour.

Comment procédons-nous ?

Tout au long de l’année, John présélectionne les textes qu’il veut voir au sommaire de l’anthologie. En décembre, il prend contact avec les auteurs et leur demande de lui soumettre leurs textes. Nous effectuons alors une dernière sélection et en retenons 12. Cette année, il nous en manquait deux. Aussi nous avons décidé d’y adjoindre deux nouvelles inédites, écrites par John Steelwood et Alexandre Girardot. Les contrats d’édition sont ensuite envoyés aux auteurs. De début janvier jusqu’à la fin mars de l’année suivante, nous retravaillons et corrigeons ces nouvelles avec leurs auteurs. Enfin, nous fabriquons les versions numériques et imprimées de l’anthologie de l’année.

L’anthologie 2014

Anthologie 2014

 

Au sommaire :

  • Greg Hocfell
  • Isabelle Haury
  • Solenne Pourbaix
  • Sylvain Johnson
  • Francis Brenet
  • Romain Billot
  • Alexandre Girardot
  • John Steelwood
  • Gaëlle Dupille
  • Pat Isabelle
  • Bruno Pochesci
  • Frédéric Livyns

Au menu :

Des zombies, du fantastique, du satanisme, de l’horreur, de la science-fiction, de la terreur et du thriller.

Le lancement :

Du 2 au 13 avril prochain, Antoine Chalet (le blog Les Murmures d’A.C. de Haenne V2, membre du collectif de blogueurs Planète SF) publiera une chronique de chaque nouvelle ainsi qu’une interview de son auteur, au rythme d’une par jour. Vous pourrez alors venir dialoguer sur son blog avec l’auteur concerné. Nous vous transmettrons les liens au fur et à mesure de la publication des interviews.

L’anthologie 2014 sortira le 14 avril 2014.

C’est Philipe Mandilas, aka Mandy (illustrateur et co-fondateur de la maison d’édition Au Diable Vauvert) qui a réalisé l’illustration de notre couverture, et c’est Alexandre Girardot qui a réalisé sa maquette.

Akira 08-65 de Gaëlle Dupille.

Akira 08-65

Gaëlle est une de ces écrivaines que je retrouve toujours avec joie. Son écriture, ses thèmes et l’intensité de ses personnages en font une auteure à découvrir.

Dans Akira 08-65, elle nous entraîne dans un récit qui pourrait passer pour une nouvelle romantique ou dramatique, mais qui est à la fois une histoire de fatalité, de destinée et de science-fiction.

C’est un court récit d’une grande efficacité, une réflexion sur la vie remplie de mystère qui très souvent nous dépasse. L’homme et la femme ne peuvent vivre seuls, ils n’ont pas été « programmés » pour une vie solitaire. Il existe en chacun de nous une force qui nous pousse à vouloir aimer, à être accepté d’un groupe, une collectivité ou encore d’un être humain aux intérêts similaires. Ce besoin peut parfois aller au-delà de cette vie terrestre, au-delà de notre imagination limitée.

L’histoire se déroule dans un Japon futuriste, une époque ou les humains et les androïdes vivent en harmonie. Le mari d’une jeune scientifique contracte un dangereux virus, peut-être même mortel. C’est une situation que tous craignent – de voir l’être cher souffrir ou être emporté dans le néant de l’après-vie. Mais est-ce que la vie pourrait être aussi simple? Bien sûr que non.

En lisant ce texte, vous vous demanderez ce qu’est l’amour, ce que nous, humains prisonniers d’une société manipulatrice, serions capable de faire pour ne plus être seul. Comment combler ce vide qui existe depuis la nuit des temps dans le cœur des hommes et femmes qui ont vécu, qui vivent et qui vivront.

Un texte ingénieux, un récit fluide qui conduit à une fin surprenante, agréable.

Un conseil, procurez-vous « Akira 08-65 » – C’est ici.

Vous ne connaissez pas Gaëlle Dupille ? Il n’est jamais trop tard – cliquez ici.

 

 

 

Lecture de Naissance — Le recueil — Aux Éditions Cyngen.

Naissance - Le recueil

Nous avons ici droit à un recueil illustré de quatre images et comprenant 8 nouvelles dans les genres suivants : Anticipation – science-fiction – épouvante/horreur et thriller.

Le livre est uniquement offert en version numérique.

Mes commentaires sur le recueil :

Je me tape une autre anthologie de nouvelle, pas mal pour un lecteur qui n’aimait pas ce genre quelques mois plus tôt, mais qui commence à y prendre goût. J’en suis à quoi, ma troisième critique du genre?

L’anthologie est très bien illustrée, les quatre images sont en couleur et la couverture est intrigante, elle éveille notre curiosité.

Le sujet du recueil est la naissance et je peux vous assurer que ce thème est très bien exploité, les textes choisis s’y rapportent tous d’une façon ou d’une autre. Si vous avez le cœur sensible et que la dernière chose qui vous intéresse est d’assister à une suite d’accouchements sanglants, soyez rassuré, ce n’est pas un bouquin de néonatologie. Mais sachez qu’il faut quand même un peu de sang pour rendre les choses intéressantes…

Voilà, j’ai passé un bon moment de lecture avec ce recueil, découvrant une panoplie d’auteurs que je ne connaissais pas et que j’espère lire à nouveau.

Le sang des inférieurs d’Anne Feugnet :

Une longue nouvelle littéraire bien écrite, qui nous rappelle parfois certains films, certaines autres histoires déjà lues. Mais on ne réinvente pas la roue et les écrivains ne sont pas exempts de cette règle primordiale. Le récit se déroule dans un monde ravagé où les rares survivants tentent de rebâtir un semblant de société, basé sur le modèle de l’Ancien Monde.

Naître est un acte imposé, un état qu’on subit ici sans questionnements. Et si la naissance n’était pas le commencement? Critique social et un reflet de ce qu’est notre société, cette nouvelle prend tout son sens avec les manchettes de l’actualité sur les tromperies de nos dirigeants. C’est un bon texte.

Lucy de Gaëlle Dupille :

Gaëlle est la seule écrivaine du groupe que je connaissais déjà. Comme toujours, elle nous guide gentiment au cœur de son univers, disons quelque peu démoniaque? Avec son talent indéniable, nous vivons une aventure littéraire inoubliable. La narration du point de vue du fœtus, quelque chose de risqué est ici bien réussi. L’auteure s’amuse avec les noms des personnages, nous donnant des indices sans vraiment le faire. Le texte est bien écrit, d’une fluidité qui nous accroche dès les premiers mots.

C’est l’histoire d’un fœtus intelligent et particulier, tout juste avant la naissance. Cette chose baignant dans les jus créateurs détient le pouvoir de changer le futur, de remodeler l’humanité. On veut savoir comment et surtout, pourquoi.

La construction du récit m’a offert une grande surprise. Au début, le narrateur nous parle de trois symptômes affectant la population et nous en explique seulement deux. Le récit se poursuit et durant un moment, on oublie le troisième, qui nous revient en plein visage vers la fin de l’histoire. Je compare cela avec une pâtisserie mise de côté dans un garde-manger et qu’on retrouve, tout juste au moment où le besoin de sucre se fait sentir. Très bien joué.

Le sujet principal du récit aborde la naissance, le thème désiré dans l’anthologie, mais c’est bien plus que cela. Les sujets abordent et les rebondissements, les surprises se succèdent jusqu’au dernier mot.

L’enfer dans les yeux de Nicolas Saintier :

Dès le début de la lecture, on se retrouve avec une ambiance à la « Anne Rice », remplie de mystère, d’une certaine sensualité et des descriptions bien placées. Le personnage est bien décrit, son état d’âme nous est présenté avec franchise. Un bon travail psychologique nous permet de comprendre le gamin.

Vous retrouverez un jeune homme en marge d’une société à laquelle il ne semble pas appartenir. Solitaire et différent, il plongera au cœur des ténèbres avec le désir de se fondre dans son rêve, de finalement se trouver chez lui. Cela ressemble à un écrivain, non?

Vampire vous avez dit vampire?

On croit bien savoir où tout cela nous conduit, mais détrompez-vous, deux petites surprises à la fin vont venir ébranler vos certitudes.

Gynogenèse de Sélène Meynier

Un militaire qui représente un danger pour son unité en raison d’un contact rapproché avec une espèce autochtone est envoyé en exil. La créature l’a mordu, l’ayant contaminé. C’est au fil des jours, sous forme de brefs textes datés, que nous suivons le personnage.

C’est de la science-fiction, très bien écrite, le ton des deux narrateurs est très convainquant, l’agonie palpable. C’est le genre de naissance qu’aucun être ne devrait subir. Le processus qui conduira la chose hors du corps est très bien documenté, s’étend sur plusieurs pages.

Bon récit, bon dénouement.

Le jour où tu es née de Caroline Rochas

Un chercheur se retrouve coincé dans le bunker d’une université, là où il fait ses recherches. Mais il découvrira qu’il n’est pas le seul, une jeune femme s’est invitée et ils seront forcés de faire connaissance. Qui est-elle et que veut-elle vraiment?

Le texte m’a plut, puisque bien écrit et parce que notre curiosité est tout de suite piquée. Le thème de la naissance est ici doublement illustré, du moins si j’ai bien saisi. J’aurais aimé plus d’élaboration sur l’expérience en cours, sur son sujet, mais l’auteur à d’autres idées en tête.

Le projet Janus de Robin Maillard

Cette histoire est un récit de science-fiction en lettres majuscules. Un genre avec lequel j’ai toujours eu de la difficulté.

Que nous raconte l’auteur ? Une équipe de scientifiques prépare une expérience de téléportation tant attendue, qui ne se déroulera pas tout à fait comme prévu. Que s’est-il vraiment passé ?

C’est un texte qui plaira aux amateurs du genre, avec le vocabulaire et les idées de circonstances. L’auteur incorpore un mélange hétéroclite d’éléments (noms de gens et de villes, philosophies et la redoutable mathématique) au récit, le rendant sans contredit unique.

Le thème de la naissance est bien respecté. Une histoire intéressante à découvrir.

Alchimie humaine de François Cedelle

Tout commence par un libraire qui se fait voler un vieux livre, qui poursuit le criminel qui se débarrassera du volume, non sans en déchirer et garder quelques pages. Est-ce que cet incident pourrait avoir quelque chose à voir avec le tueur en série qui sévit dans la ville ? Peut-être bien.

Tout est en place pour un thriller policier, un roman d’action.

Le récit est bien structuré, l’action nous tient en haleine et les éléments imprévus se succèdent.

 La chose de Muriel Georges

Ce texte est court, mais très efficace. On découvre une jeune femme violée, aux prises avec un poupon indésirable qu’elle appellera la chose. Motivée par un désir de vengeance, elle se prépare à affronter son agresseur.

Le texte est sombre, la tragédie et la tristesse du personnage sont bien relayées par les descriptions et les émotions ressenties. On veut savoir, jusqu’au bout, ce qui va arriver. L’intensité psychologique culmine avec la rencontre planifiée, la fin pourrait vous surprendre.

Pour faire l’achat c’est ici :

Naissance – Le Recueil