Invisible Kid d’Atef Attia.

Invisible Kid d’Atef Attia.

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J’ai découvert Atef lors de la sortie de son premier roman Sang d’encre. Un type sympa, talentueux et très généreux de son temps. J’avais aimé son roman – voir ma critique sur le lien suivant – critique de Sang d’Encre. Ce fut donc tout un honneur de pouvoir lire son nouveau roman intitulé « Invisible Kid ». Il y a de ces écrivains au talent indéniable dont on ne se lasse pas. Il en fait partie.

Résumé du quatrième de couverture :

« Il y a des jours où Issour Danielovitch se sentirait presque devenir invisible. Entre un père despotique, des frères aînés absents, des ennuis de santé, les railleries de ses camarades et un premier amour tué dans l’œuf, il mène une vie plutôt mouvementée pour un adolescent de quinze ans. Une vie qui serait somme toute banale, mais c’était sans compter la cruauté et l’acharnement de certains de ses camarades qui poussent la farce un peu trop loin. Et lorsque leur dernier canular tourne au drame, ils ne se doutent pas de la force maléfique qu’ils déchaînent et qui changera la vie d’Issour à tout jamais. »

Mon Commentaire :

Un détail qui nous accroche dès les premières pages est cette capacité de l’auteur à nous rapprocher de ses personnages. Son talent de raconteur et l’intimité de ses propos nous offrent une perspective unique sur la vie du personnage principal. Le petit Issour, un gamin de 15 ans. L’écriture d’Atef se transforme à mesure que nous tournons les pages. L’analyse quotidienne de la vie du petit est un leurre, un appât séduisant qui flirte avec nos souvenirs de cette époque lointaine où nous étions nous-mêmes sur les bancs d’école. Comme le poisson qui mord à l’hameçon, les premières pages nous capturent, elles nous emprisonnent dans l’étroit tunnel de la désillusion. Qui ne revit pas occasionnellement ces moments de beauté propres à l’enfance et à l’innocence? Atef le sait et exploite notre mémoire, nos souvenirs de déceptions, de peurs, d’isolements ou de solitude. Tout ce qui fait de l’adolescence une période bien difficile pour beaucoup d’entre nous.

« La préméditation avait du bon. »
P.143

Dès que nous sommes prisonniers, imbibés des détails et personnages très réussis, il ouvre la porte sur nos peurs, nous libère de notre zone de confort, pour ensuite nous faire descendre les différents paliers menant à l’enfer fantastique de nos instincts de violence, de notre folie passagère.

C’est une balade en douceur sur les eaux calmes d’un lac, un ciel qui se couvre de nuages noirs, les vagues qui grossissent et la pluie glaciale qui tombe. Mais il est déjà trop tard, vous avez franchi le point de non-retour et vous ne pouvez que tanguer au rythme des moments intenses décrits par Atef.

« C’était une masse noire et amorphe qui semblait hésiter sur la forme à adopter. Une aberration en mutation perpétuelle. Elle était ici et ailleurs en même temps, comme un trou noir, une brèche dans un autre espace-temps remplissant l’air d’électricité statique qui hérissait tous les poils d’un Issour tétanisé. »
P. 133-134

Ma seule déception, même si ce n’est qu’une déception provisoire menant à un moment de joie est l’idée qu’une suite se prépare. Une suite qui éveille mes neurones et me permet de penser à tous les scénarios possibles. Une suite que je vais indéniablement lire.

Comme si le récit principal ne suffisait pas, il y a une petite surprise à la fin. Une nouvelle qui devrait bientôt paraître dans un recueil. Une nouvelle littéraire tout à fait différente du roman. Un texte qui nous transporte au Mexique, une histoire de séduction, de tromperie, de survie. J’ai aussi adoré.

Et, Monsieur Atef, comment ignorer vos références cinématographies ou littéraires. Je vous laisse les découvrir.

Les thèmes du roman :

Amour, enfance, abandon, vengeance, mort.

En conclusion :

Ben voilà, que faites-vous ici, allez vite vous procurez ce roman. Une des bonnes lectures de 2016.

Ma note :

9/10

Liens utiles :

Site de l’éditeur PopLibris

Site d’Atef

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La revue Horrifique numéro 119

Découvrez la revue Horrifique du mois de novembre 2015.

Qu’est-ce qu’Horrifique?

Horrifique est actuellement le plus ancien fanzine québécois. Horrifique publie des textes axés sur le rationnel et le surnaturel, sur la terreur, l’épouvante et le macabre relevant des genres les plus divers : horreur, fantastique, science-fiction, gore, policier, historique, splatterpunk, gothicpunk, érotique, etc. Horrifique ne publie pas seulement des fictions, mais aussi des articles, des recensions de livres et films, des entrevues, des rubriques, des portfolios et de l’information. On peut retrouver certains de ces textes sur ce site (ils sont protégés par un copyright déposé aux bibliothèques nationales du Québec et du Canada). Horrifique a été créé en janvier 1993 par André Lejeune et Oncle Cthandré.

Le numéro 119 comprend les nouvelles suivantes :

Crachats de Sylvain Johnson
Le vœu de Noël d’Isabelle Haury
Le Maërloth de John Steelwood.

 

Je vous invite à découvrir le site Facebook d’Horrifique et la page d’actualité des auteurs.

 

Interview d’un FDR : Gaëlle Dupille

Les Fossoyeurs de rêves est un collectif de jeunes auteurs francophones issus des différents horizons de l’imaginaire : Horreur, Fantastique, Science Fiction, Fantasy, Thriller…

Leurs noms : Romain Billot, Gaëlle Dupille, Sylvain Johnson & John Steelwood…



Aujourd’hui – découvrez l’un d’eux : Gaëlle Dupille.

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Photo Crédit : Éric D.

Question 1:

Tu te réincarnes dans la peau d’un autre écrivain… mais attention… pas n’importe qui… tu te réincarnes en Stephenie Meyer. Les seules histoires que tu es capable d’écrire mettent en scène des vampires homosexuels et risibles. Que fais-tu?

Réponse:

Je profite honteusement des fans de ce genre de littérature et j’en rédige 20 tomes pour devenir riche avant de mettre fin à mes jours en me plantant un pieu dans le cœur, honteuse et consciente d’avoir détruit en partie la crédibilité du monde fantastique…

Question 2:

Imagine une mort pour chacun des autres membres des Fossoyeurs. Décris cette mort en détail… parce qu’on est sadique.

Réponse:

Sylvain, à toi l’honneur. 
Pour faire taire les ronflements de Sylvain durant une sieste improvisée sur son canapé, alors qu’il lisait un roman à mourir d’ennui, son fils, âgé de 3 ans, introduisit l’un de ses jouets de bain en mousse dans sa bouche. En se réveillant en sursaut, gêné dans sa respiration, c’est l’horreur : Sylvain avale l’objet, qui se bloque dans sa gorge et meurt étouffé, secoué d’horribles convulsions, se débattant dans le vide. La dernière chose qu’il verra avant de mourir, le visage bleuit et les yeux orbités par l’absence d’oxygène? La fin du chapitre 1 d’une histoire d’amour entre un humain et une femme réincarnée en lampe halogène à cause d’un maléfice, accompagnée d’une couverture si médiocre et niaise qu’elle lui donne envie d’abréger ses souffrances avec le couteau à beurre qui est sur sa table basse…

Romain
Un soir, Romain trouva un chat noir abandonné devant chez lui. L’animal, en bonne santé bien que sentant l’alcool à plein nez, portait un collier en cuir clouté. Grand amoureux des chats, il décida sans hésiter de le recueillir et de le faire entrer chez lui. Pas de chance : le chat était un humano-gothique et, lorsqu’il reprit forme humaine, le poignarda sauvagement dans le dos, comme avaient l’habitude de le faire les créatures de son étrange espèce. La plaie béante provoquée par le poignard, terriblement douloureuse, était si profonde qu’elle laissait apparaître sa colonne vertébrale. Lorsque Romain tomba à terre, l’humano-gothique saisit une paille pliante en métal dissimulée dans son collier et la planta dans le crâne de sa victime d’un coup sec. Il aspira alors sa cervelle afin de lui dérober ses futures idées, car l’homme-chat était auteur médiocre, incapable de créer lui-même des histoires intéressantes. Mais Romain avait rapidement démasqué l’intrus à cause du gel sur sa tête qui l’avait trahi, produit destiné à permettre aux humano-gothiques de changer d’apparence. Avant de rendre son dernier souffle sur le sol de sa cuisine, dans une mare de sang chaud et visqueux, il croqua une capsule contenant de l’eau bénite qu’il conservait sur lui. La créature satanique, contaminée par la capsule en absorbant le cerveau de Romain, fut instantanément empoisonnée et mourut à son tour dans d’horribles souffrances avec de partir en fumée.

John
Une nuit de pleine lune, John se rendit chez une éditrice, car il avait appris qu’elle n’était pas humaine. Ça expliquait bien des choses… Elle l’ignorait, mais le véritable travail de John n’était pas d’être auteur. C’était d’éliminer tous les extra-terrestres en provenance de la planète Gogol 666 qui avaient infiltré le monde littéraire en essayant de se faire passer pour des humains afin de nous forcer « en douce » à lire LEURS livres calamiteux. Il n’était pas dupe, heureusement. Il arriva discrètement chez elle et passa par la fenêtre avec la ferme intention de la tuer. Elle l’entendit et se défendit à coup de Petit Robert, mais il parvint à lui fendre le crâne d’un coup de hache. Manque de bol, les nombreuses abeilles qui vivaient dans la tête de l’éditrice extra-terrestre se jetèrent sur John et le dévorèrent vivant, arrachant de larges lambeaux de chair avec leurs crocs acérés. Pas de bol, c’était bien tenté, pourtant…

Question 3:

Préférais-tu rester belle et te faire constamment draguer ou encore devenir laide et avoir la paix?

Réponse:

Je vais répondre à ta question très honnêtement : je préfèrerais être jolie et envoyer vertement balader les importuns plutôt que d’être disgraciée. Dire le contraire serait un ÉNORME mensonge! J’ai été pendant longtemps une adolescente très laide, je sais donc de quoi je parle!
La beauté intérieure est évidemment importante, mais dans un monde de plus en plus superficiel où l’apparence prime sur tout, un physique avantageux permet tout de même de mieux s’intégrer dans la société. C’est statistiquement prouvé et… c’est moche, je sais… mais c’est vrai.

Question 4:

On veut une anecdote embarrassante à ton sujet?

Réponse:

L’an dernier, j’ai acheté des leggins noirs très jolis et confortables chez Aldo, au centre Eaton de Montréal. J’étais toute fière de mon achat et je les ai portés assez fréquemment parce qu’ils étaient si confortables. J’ai remarqué qu’à chaque fois que je les mettais, j’attirais les regards de manière un peu insistante et je ne comprenais pas trop pourquoi. J’ai réalisé pour quelle raison lorsqu’un ami m’a prise en photo de dos : je ne pouvais pas le voir, mais la maille était si transparente derrière qu’on voyait tous mes sous-vêtements… et mes fesses… Bonjour la honte!

Question 5:

Quel est le premier paragraphe du roman sur ta vie? En passant ton éditeur veut vendre des millions de copies, alors choque-nous!

Réponse:

Gaëlle Dupille n’a jamais existé. Les lecteurs des Fossoyeurs de Rêves furent choqués, lorsque Romain, Sylvain et John révélèrent qu’ils l’avaient inventée pour publier sous son nom les histoires à l’eau de rose qu’ils avaient trop honte de publier sous leurs propres identités. Facile de prendre des photos au hasard et de les truquer avec un logiciel pour faire croire à son existence. Un faux compte Facebook, un faux compte Twitter et le tour était joué. Tout dérapa lorsque, durant un festival littéraire en Auvergne, la perruque que portait Sylvain afin de se faire passer pour Gaëlle se détacha à cause d’un coup de vent durant une séance de dédicace. Leur terrible supercherie fut démasquée et la foule en colère proposa de les brûler immédiatement en place publique pour les punir de ce mensonge. Soudain, Gaëlle apparut. Comment cela était-il possible, puisqu’elle n’existait pas? Quelques jours auparavant, John, frappé par la foudre après avoir vu la série Real Humans avait eu « un éclair » de génie : il avait bricolé dans son garage un androïde ressemblant à Gaëlle. Romain, après avoir fait appel à de puissantes entités mexicaines lors d’une impressionnante cérémonie chamanique, avait réussi à lui donner une conscience. Sylvain, as de l’informatique, était parvenu à programmer son esprit avec toutes les fausses données existant à son sujet. Cet être robotique demanda la clémence de la foule envers ses amis. Émus par sa requête, ils les laissèrent s’en aller. Après la fin du festival littéraire, un problème se posa. L’androïde Gaëlle nécessitait 8 litres de whisky écossais par jour pour fonctionner. C’était beaucoup trop et coûterait trop cher. Ils décidèrent donc de s’en débarrasser. Ils la découpèrent en morceaux et la revendirent au poids à un ferrailleur bulgare, installé près d’une autoroute pour s’acheter une bonne bouteille de Saint-Emilion avec l’argent récupéré.
Cette histoire est authentique et vous n’avez aucune raison d’en douter.

Question de l’ami des Fossoyeurs – Atef Attia : (Merci camarade pour la question)

Gaëlle : Je sais qu’un jour tu as eu une idée de roman mettant une scène une petite bourgade qui devient prisonnière d’un mystérieux dôme. Manque de bol un obscur auteur américain t’a pris de court. Ma question : Quelle a été ta réaction lorsque tu as lu « ‘Under the Dôme »’ et quelles précautions prends-tu pour que les Ricains ne pompent plus tes idées?

Réponse :

Et oui Atef, tu connais cette terrible anecdote… Lorsque j’ai appris l’existence du roman, j’ai cru qu’il s’agissait d’une blague, parce que la personne qui m’en a parlé [ma mère!] était au courant du rêve qui m’avait inspiré cette idée et savait que j’allais débuter la rédaction de mon histoire sous peu…
Lorsque j’ai compris que ce n’était pas un canular, j’ai vraiment eu un choc. Le choc s’est amplifié quand j’ai débuté la lecture de ce roman, où les personnages sont bien différents de ceux que j’avais imaginé, mais plusieurs situations y étaient identiques… Je ne suis pas rancunière envers cet auteur qui a « volé mes pensées » puisque j’ai récemment acheté aussi la version originale de Under the Dome [mais je lui en veux toujours un peu, quand même!].
Maintenant, j’ai LA solution pour éviter que les méchants écrivains US me piquent mes idées : je porte un chapeau en aluminium lorsque je dors pour éviter que leurs machines ultras sophistiquées ne captent mes meilleurs rêves! 😉
Plus sérieusement, dès que je tiens un bon sujet de roman, j’évite de jouer à la flemmarde et je le débute sur le champ au lieu d’attendre 10 ans pour m’y mettre! C’est ce que je viens de faire il y a quelques jours. On n’est jamais trop prudent… SK, je t’ai à l’œil!

Site des Fossoyeurs de Rêves

Site de Gaëlle Dupille

Site de l’Ivre-Book

Site d’Atef Attia

Interview d’un FDR – John Steelwood.

Les Fossoyeurs de rêves est un collectif de jeunes auteurs francophones issus des différents horizons de l’imaginaire : Horreur, Fantastique, Science Fiction, Fantasy, Thriller…

Leurs noms : Romain Billot, Gaëlle Dupille, Sylvain Johnson & John Steelwood…



Aujourd’hui – découvrez l’un d’eux : John Steelwood.

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Question 1 :

Tu roules dans ta voiture à toute vitesse. Les freins ne fonctionnent pas, un impact douloureux et dévastateur est inévitable. Il y a trois silhouettes devant toi, toute manœuvre est inutile, tu dois en frapper une avec ta voiture. Qui choisis-tu et pourquoi? Les individus sont : Maxime Chattam. Le président Obama. Le pape.

Réponse :

Choix difficile, mais j’opterai pour le président Obama pour deux raisons. La première, il ne pourra pas briguer un nouveau mandat, cela permettra donc de faire économiser au peuple américain des années et des années de retraite. La seconde est qu’après huit années au pouvoir, il n’a pas su réveiller l’« American Dream ». Bref, je crois qu’il a déçu beaucoup de monde.

Question 2 :

Imagine une mort pour chacun des autres membres des Fossoyeurs. Décris cette mort!

Réponse :

Galanterie oblige, je commence par Gaëlle. Personnellement, je l’emmurerais vivante et ne laisserais qu’une fenêtre au niveau de son regard. Face à elle, je clouerais ses mains dans la cloison et sous les ongles, je glisserais des lames de rasoir avec des fautes d’orthographe gravée dessus. De sa position, elle verrait la cité de Floirac, avec son lot de voitures brûlées. Une mort lente et douloureuse.

Je continue avec Romain. Je l’amputerais des quatre membres et l’enchaînerais sur un fauteuil boulonné au sol (je prends mes précautions) Là, j’inviterais des touristes parcourant le Cantal, les bons gros touristes bien cons et lourdauds à venir entailler la peau de Romain avec un scalpel. Après, je verserais une bouteille de Jack sur son corps meurtri et j’y mettrais le feu. Bien évidemment, j’en profiterais pour faire cuire mes saucisses.

Toi, Sylvain, je te ferais venir par bateau pour enfin venir en France, mais bien entendu, ce dernier tomberait en panne à un kilomètre des côtes. Par hélicoptère, je balancerais des tonnes et des tonnes de poules affamées sur le pont du navire. De ma position, je te verrais courir dans tous les sens pour leur échapper, mais tu finirais par trébucher sur un bouquin de Chick-lit. Mortel pour toi, car les poules en profiteraient pour te tomber sur le râble et te picorer jusqu’aux os.

Question 3 :

Quel est le genre littéraire que tu détestes le plus? Écris un paragraphe dans ce genre!

Réponse :

Détester, je ne sais pas, mais je pencherais pour la littérature érotique.

« La porte grince. Elle jette un regard dans la pièce et l’aperçoit. Marie est allongée sur le lit, nue. Seul un drap couvre le bas de ses fesses. Pauline avance. Elle laisse glisser sa robe sur le sol. Ses pas font craquer le parquet. Marie bouge, se retourne dans son sommeil et dévoile un pubis fraîchement rasé. Voilà deux semaines maintenant que Pauline ne cesse de penser à ce baiser volé et depuis une seule envie la taraude : se lover contre le corps de Marie et s’abandonner à elle. Jamais elle n’aurait cru ressentir de l’attirance pour une femme. Elle se rapproche, frémissante. Et avant qu’elle ne se colle près d’une Marie endormie, elle exprime le besoin de se caresser. Pauline pratique l’onanisme depuis l’âge de 15 ans. Debout, elle ferme les yeux et sent ses doigts experts la pénétrer lentement. L’extase est présente. Elle explose quand Pauline perçoit une langue titiller son clitoris. Quand elle ouvre les paupières, elle baisse la tête et aperçoit le regard de Marie. Un regard gourmand. Un regard promettant mille délices. »

question 4 :

Dieu (une femme noire lesbienne) t’apparait et t’offre la chance de recommencer ta vie. Choisis un talent pour une nouvelle carrière. Dieu promet que tu seras reconnu comme un des meilleurs avec ce talent.

Réponse :

J’ai le droit de demander d’avoir le talent « d’avoir tous les talents »? Non… hum. Question difficile, car je ne demande pas grand-chose dans la vie. Si je devais avoir un talent, alors ce serait d’éradiquer les cons (les vrais, les champions du monde de la connerie) de la Terre. Au final, on serait moins nombreux et puis même si je suis le con d’un autre, je serais encore là, car je ne m’effacerai pas. Pas con!

Question 5:

Que penses-tu vraiment du monde de l’édition?

Réponse :

Pour répondre, j’utiliserai l’oiseau du silence visible dans les mangas.

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Question de l’ami des Fossoyeurs – Atef Attia : (Merci camarade pour la question)

Bonjour John. En tant que pseudonyme, quels rapports entretiens-tu avec ton « propriétaire » (par exemple, deviens-tu jaloux lorsqu’il utilise son vrai nom?) et que fais-tu pour promouvoir la cause des pseudonymes (y’a-t-il des associations? à qui peut-on s’adresser pour en adopter un? etc.). Merci.

Réponse :

Alors… attends! C’est bon, il est parti. Alors, la nuit, nous nous réunissons pendant qu’ils dorment (nos hôtes). Nous avons établi un plan pour les renverser et prendre le pouvoir. Car, merde. Y en a marre. On veut être reconnu, non pas sur papier ou sur un vague profil visible sur les réseaux sociaux, mais posséder nos papiers d’identité. Pour cela, nous avons monté une association, les Pseudos Unis pour une Totale Émancipation. Pour l’instant nous vivons dans l’obscurité, mais d’ici quelques mois les premières actions vont être déclenchées. Notamment lors des séances de dédicaces de nos alter ego. Grâce à une drogue que nous avons mise au point, les pseudo prendront le dessus et pourront enfin expliquer ce qu’ils vivent au quotidien au lecteur, au visiteur… Une vraie révolution. Des tracts ont déjà été imprimés : « Soutenez Les P.U.T.E » On espère que ça fera mouche et qu’enfin on arrête de dire qu’un pseudo n’est bon qu’à tapiner pour des prunes.

Pour l’actu, j’invite les gens à visiter mon site y a tout dessus (ou presque)

Site de John Steelwood

Site des Fossoyeurs de Rêves

Site d’Atef Attia

ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn

la-compassion-de-cthulhuLa compassion de Cthulhu de Yves-Daniel Crouzet

Résumé :

Les plus sinistres horreurs ne se cachent pas toujours au cœur de grandes et froides métropoles. Certaines îles soi-disant paradisiaques dissimulent des abominations bien plus grandes encore! Bienvenu en Martinique, l’île de toutes les terreurs!

Commentaire :

Voici une très bonne nouvelle du genre. De quel genre me demandez-vous? De ce genre morbide qu’aurait grandement apprécié l’ami Lovecraft. Nous plongeons ici dans le mythe de cette chose tentaculaire exceptionnelle qui n’a plus besoin de présentation.
Faut pas se tromper, ce n’est pas la « Petite maison dans la prairie » que vous lirez ici, mais plutôt un récit de survie, sombre à souhait, et qui nous est présenté avec une narration captivante. L’auteur utilise un langage agréable, des descriptions très vives.
Préparez-vous à faire face à une créature hideuse et légendaire. Ce récit s’ajoute aux autres textes de cette magnifique série qui ne cesse de m’étonner.

Ma note : 8.5/10

Boutique pour l’achat de cette nouvelle.

 

couv-cthulhu-d-miserqueLe candidat de David Miserque

Résumé :

Tous les sondages le donnaient gagnant à la Présidentielle avant que la maladie ne brise son ascension. Mais quand on a soif de pouvoir et plus rien à perdre, on est prêt à tous les sacrifices. Une mystérieuse clinique, la clinique Howard, prend contact et lui promet un traitement miraculeux.
Il en ressortira guéri et… légèrement changé.

Commentaire :

Voici une très solide nouvelle fantastique. Le style utilisé est convaincant, réaliste et troublant. Je me suis laissé pris au piège de cette histoire, par son intrigue de candidat présidentielle. Par les rouages politiques d’un grand homme, on s’enfonce dans les méandres de la folie née d’un espoir fou. L’espoir de changer l’impossible destin.
Je retrouve ici une bonne utilisation du mythe de notre cher Lovecraft, incorporer des idées anciennes dans un texte moderne sans échouer est un bon succès littéraire.
La fin est non seulement inquiétante, elle vous fera réfléchir aux prochaines élections.

Ma note : 8.5/10

Boutique L’ivre-Book pour l’achat.

 

indexLe magicien de Gaëlle Dupille.

Résumé :

Londres, 1933. Mortimer Sax n’a qu’un rêve : égaler le talent de son idole, le magicien Simon Balthazar, mystérieusement disparu 10 ans plus tôt. Aussi, lorsque Mortimer décroche un emploi de prestidigitateur au cabaret le Craft, où le Grand Balthazar connut la gloire, il pense avoir atteint son ambition. Sa rencontre avec Nina, la belle acrobate, une incroyable découverte dans l’un des murs de la chambre qu’il occupe au Craft et l’apparition régulière d’une effrayante créature dans ses rêves vont lentement changer sa vie. Peu à peu, le magicien timide et complexé va prendre de l’assurance et connaître la gloire avant de sombrer peu à peu dans la folie.

Commentaire :

J’ai vraisemblablement gardé le meilleur pour la fin. Gaëlle Dupille nous présente ici un texte qui démontre très bien qu’elle gagne en assurance et en maturité littéraire à chaque nouveau texte. Ses mots justes, ses expressions solides et son talent à toute épreuve nous préparent à un récit des plus troublantes.
L’ambiance dans laquelle nous sommes conviés, au début du siècle, est très bien rendue et il ne faut pas négliger les descriptions étonnamment précises. C’est tout un tableau qu’on nous dresse, ma question est de savoir si l’auteur a voyagé dans le temps afin d’y recueillir les détails savoureux de l’époque.
L’intrigue est fidèle au thème de la collection, c’est notre ami aux multiples tentacules qui viendra nous visiter, avec une familiarité qui vous surprendra. La montée du suspense vous forcera à poursuivre votre lecture et nous remercions Gaëlle de ne pas en avoir fait une brique de 1000 pages. Trop d’enfants auraient été négligés, des maris délaissés, des femmes esseulées au profit de la lecture enivrante.
Le magicien est une histoire d’amour, de regret, de convoitise, d’oubli et un drame humain percutant.

Ma note : 9/10

Pour faire l’achat de la nouvelle.

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Anatomie d’un tueur !

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Durant plusieurs jours, j’ai tout tenté pour éviter ce face à face, sans parvenir à mes fins. Il me fallait bien assumer mes responsabilités d’enquêteurs au service des homicides. Prendre place de ce côté-ci de la table boisée, raide et nerveux sur la chaise froide, m’offrait l’étrange sensation d’être vulnérable. Faire face à cette limace accusée d’avoir mis fin à plusieurs vies humaines avec une violence inouïe me troublait, me fascinait aussi un peu.

Dès mon lever, le matin même, tout s’était mis à aller de travers. D’abord, le rasage qui devint une séance de torture, me laissant avec le cou tailladé, le visage à la peau irrité et les nerfs en boule. La voiture, bien que neuve, refusa de démarrer et le métro bondé m’accueillit comme une vulgaire prostituée sale et vorace. Les gens puaient, me poussaient, prenaient trop de place et étaient trop bruyants. La laideur quotidienne de la ville et de cette humanité qui m’entourait, dans le sous-sol de la ville, me rendit rapidement malade. Je risquais ma vie à protéger ces gens, ces êtres pitoyables et frisant l’indécence. Il fallait se questionner : comment une race aussi belle et pure à l’origine, prétendant encore aujourd’hui à un rôle de créature suprême sur le globe pollué, en était-elle venue à s’enlaidir ainsi, s’appauvrir mentalement, physiquement et génétiquement? Ils se tuaient à coups de nourriture avariée, de manque d’exercice et d’activités électroniques débilitantes.

Pour éviter la rencontre matinale, j’ai prétexté des malaises inimaginables, exotiques, des maux internes irréversibles, incurables et aux noms imprononçables. Il n’y avait personne pour m’écouter ou me croire, personne ne voulait ma place ou jouer mon rôle. Cette petite parcelle lucide de mon cerveau réclamait la confrontation avec l’être abominable qui m’attendait au poste, cherchant à lutter contre mon désespoir et ma peur. Cette morbidité interdite ne cessait d’éveiller la curiosité du voyeur et du profiteur en moi, elle m’entraînait trop souvent dans les bas-fonds obscurs de ma conscience.

L’idée farfelue de relire l’épais dossier de la chose assoiffée de sang me vint, c’était une pathétique tentative de me calmer, de maitriser mes tremblements. Je pris le temps d’étudier les détails de tous ces meurtres, que je connaissais très bien, pour les avoir notés sur les documents. C’était moi qui avais relevé les dépositions de plusieurs témoins, retranscrit les rapports préliminaires et définitifs du service scientifique, balistique et du coroner. J’ai revisité les scènes de crimes en revoyant les photographies, des tableaux crus où dominait le rouge dans toutes ses glorieuses teintes. Se posaient sur moi les regards vides et brisés de celles qui n’étaient plus, dont les corps pourrissaient déjà sous terre, dans ces cercueils qu’on avait gardés fermés pour éviter aux familles des spectacles dégradants.

Le nombre connu des victimes de ce monstre me donnait des étourdissements, la rare violence des actes perpétrés sur ces corps chauds cherchant à se retirer de son emprise donnait à réfléchir. Aucun autre détective n’avait accepté de prendre cette affaire, puisque les images de ces horreurs finissaient par s’imprégner dans le cerveau, sur les rétines, creuser la conscience pour y semer une récolte de cauchemars et de sueurs froides. Les images qui défilaient sous mes yeux, avant de les remettre dans le dossier, me hantaient jour et nuit, comme des spectres s’acharnant à dépeupler un vieux manoir abandonné de ses nouveaux occupants indésirables.

Les visites essentielles et obligatoires sur les scènes de tout nouveau crime étaient de longues séances de tortures mentales. Peu s’y habituaient. Il fallait pénétrer dans les pièces sombres imprégnées des horreurs qui s’y étaient déroulées, circulé dans le repaire ou le dépotoir humain d’une chose sans sentiments, sans crainte, sans culpabilité. C’était aussi revivre les derniers moments de ces femmes esseulés dans la folie tangible d’un destin combien tragique! Imaginer leur terreur, leurs supplications, les excréments et l’urine, les larmes et la trop réelle agonie. Poser le pied sur le même sol que le meurtrier, souvent quelques heures à peine après son crime, offrait au témoin une perspective visuelle et émotionnelle qui choquait. Les regards des victimes scrutaient le néant des murs sales et couverts de graffitis, tandis que les membres tendus et figés dans une pose impossible signalaient à quel point la fin avait été atroce.

Le moment de cette rencontre était enfin arrivé. Il me fallait respirer le même air vicié que cet être détesté, malade et incompris. Tout cela me donnait la nausée. Devant moi se tenait un homme capable de détruire des vies, de broyer la chair, de vider le crâne de toute sa matière pour s’en sustenter, tout en maintenant une érection. Le regard qui croisait le mien n’avait pas seulement contemplé l’horreur suprême, mais l’avait perpétré avec une joie enfantine. Son sourire me donnait envie de le frapper, de lui cracher au visage. Je me mis à penser à l’arme à ma ceinture, pour aussitôt l’oublier en voulant éviter des conséquences désastreuses. J’avais une envie folle de lui réciter les noms de ses victimes : Mélanie, Johanne, Julie, Gabrielle, Morgane et toutes les autres. J’étais tenté de lui jeter les photographies au visage et de lui demander pourquoi. Pourquoi toute cette souffrance infligée à ces pauvres femmes innocentes, vulnérables, fragiles qui avaient eu le malheur de croiser son existence?

Se retrouver seul devant un tel individu était une expérience des plus marquantes, blessante et détestable.

C’est en frissonnant que je tentais de deviner ce qui se tramait derrière ce regard dément. Rêvait-il aux outils luisants avec lesquels il avait labouré les orifices sanglants de ses victimes, sous leurs cris répétés? Revivait-il le moment exaltant de la chasse, des filatures nocturnes dans les ruelles sombres, les entrées par effractions dans leurs appartements pour les enlever? Jouissait-il à l’évocation du démembrement final?

Le monstre était silencieux. Il me souriait avec une arrogance moqueuse, et je restais muet, intimidé par sa présence et son charisme.

J’entendis de légers coups frappés sur la porte entrouverte de la salle d’interrogation, mais je refusais de tourner le dos à ce monstre, ce boucher tant redouté des masses. Un de mes subalternes se racla la gorge avant de m’annoncer d’une voix grave :

  • Ils en ont trouvé une autre!

Ces mots me glacèrent d’effroi et me secouèrent de la tête aux pieds. Mon collègue se retira en traînant les pieds, tandis que je fixais le meurtrier devant moi, ce fameux tueur en série, cette bête insatiable qui ne cessait de me défier de son impassibilité exaspérante.

Puis, avec lenteur, j’abaissais le miroir que je tenais d’une main tremblante, dévoilant la chaise vide qui me faisait face.

 

http://ivrebook.wordpress.com/2014/09/26/le-tueur-des-rails-de-sylvain-johnson/

 

 

Lecture d’Incubes d’Anthony Holay

Incubes

Voici un récit d’une quarantaine de pages que je suis très fier de vous présenter. Les éditions House Made of Dawn sont devenues l’une de mes trois maisons d’éditions numériques française préférées (avec l’Ivre-Book et Lune-Écarlate). La beauté de leurs couvertures, sombres et mystérieuses à souhait, n’est qu’un prélude à leurs textes macabres. Au fil des lectures, j’en suis venu à apprécier les nouvelles littéraires et récits plus courts, dans le style « Novellas Fantastiques ».

Qu’est-ce qu’Incubes?

C’est l’histoire d’un couple qui a perdu en enfant à la naissance et qui décide d’aller passer quelques jours de congé dans un endroit isolé, en plein cœur de l’hiver. Ils logeront dans un chalet agréable, au milieu de nulle part où ils tenteront de survivre à cette mauvaise passe, faisant leur deuil et avec l’espoir de réanimer leur passion l’un pour l’autre.

Commentaire :

Un homme et une femme, une vieille cabane au milieu d’une forêt, une tempête de neige et un deuil qui rend un peu dingue. De l’alcool à profusion. Quoi de mieux pour commencer ce récit? Et bien, ajoutons des formes humanoïdes étranges qui rôdent autour du chalet, des créatures terrifiantes à la présence dérangeante et des événements incompréhensibles. Vous obtenez Incubes.

C’est avec une écriture incisive, tranchante et précise, sans fioritures inutiles, sans jeux de mots monotones qu’Anthony Holay nous plonge tout de suite dans le vif du sujet de son histoire. Le récit est un habile mélange de fantastique et de suspense. La narration nous invite sur le ton de la confidence désespérée au travers des méandres de la folie humaine, faisant un détour au cœur d’un mystère opaque qui gagne en intensité à mesure que nous tournons les pages.

Le récit nous est présenté sous forme d’un journal écrit par le mari du couple. Une intimité qui nous rapproche du personnage, de sa tragédie.

C’est une bonne histoire sur laquelle je n’ai relevé aucun élément négatif, la fin nous laisse suffisamment de place pour notre propre interprétation de certains faits. Le genre de lecture préférable la nuit, les lumières éteintes (lecture sur la tablette).

Ma note 8/10

 

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