Renaissance numérique du Tueur Des Rails – L’ivre-Book

Le Tueur des Rails

« Un excellent récit, inquiétant à souhait, servi par une plume ciselée »

Sarah Hubert-Marquez.

En septembre/octobre, L’ivre-Book permet à un mythe de renaître de ses cendres. Corrigé, et avec une nouvelle couverture, c’est le retour du « Tueur des rails » en version numérique disponible dans toute la francophonie, dans tout l’univers et même au-delà.

Une histoire captivante qui prend naissance avec la folie des hommes, qui suit les péripéties d’un couple improbable et d’un tueur en série particulier aux prises avec ses démons. De l’Égypte ancienne à la Deuxième Guerre mondiale, c’est la naissance d’un mythe qui ne fait que commencer.

Aurez-vous le courage de vous aventurer sur les rails?

 

« Le tueur des rails, c’est donc en plus du thriller réussi, une belle réflexion sur l’impossibilité du deuil et surtout la mort. »

Atef Attia

 

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Le mythe de l’écrivain torturé – John Steelwood et ses démons

Le mythe de l’écrivain torturé

Page blanche

Ma femme me dit souvent que je suis un écrivain torturé. Elle ne fait pas ici référence à une consommation abusive d’alcool, à des problèmes mentaux importants ou encore à un mode de vie hors de contrôle. Ce qu’elle veut dire, c’est que l’écriture est une partie importante de ma vie, qu’elle me consume parfois entièrement durant de longues heures, des journées ou des nuits entières. Quand j’écris, c’est la seule chose qui compte. Quand je n’écris pas, c’est aussi la seule chose qui compte.

Écrire est dans mon cas l’un des plus grands plaisirs de la vie. Être publié, même si c’est le rêve de l’écrivain, n’est pas l’ultime but du processus. Si mes manuscrits se voyaient refuser pour le reste de ma vie par tous les éditeurs du monde entier, il n’en demeurerait pas moins que je continuerais à remplir les pages de mon traitement de texte. La raison en est bien simple, c’est une passion, qui complète bien mon intérêt pour la lecture et le cinéma. C’est tout ce que je suis capable de faire, sans commettre de bêtises. Sans m’ennuyer.

On m’a souvent reproché, dans mes emplois précédents, de n’avoir aucune ambition concernant le travail du moment et je dis sincèrement qu’ils avaient tous raison. Mon ambition n’était pas de gravir les échelons dans cette hiérarchie illusoire du monde des professionnels. Bien au contraire, je voulais l’emploi avec le moins de responsabilités possible, les journées de travail les plus courtes. Parce qu’il me fallait retourner à la maison, écrire et développer mes nouveaux romans.

C’est ce commentaire de ma femme sur mon obsession envers mes écrits qui m’a intrigué. Quelle est cette chose, cette force, cette motivation étrange qui nous pousse à créer des récits, des personnages fictifs?

Pourquoi écrire?

Je ne saurais trop répondre. Certains diront que c’est une nécessité issue de l’inconscient, une force mystérieuse qui nous anime, un besoin psychologique d’évacuer les émotions refoulées et tout le reste. Je ne sais pas. Je n’ai pas à le savoir. Je le fais et c’est tout. J’en suis heureux.

Comme on dit parfois, il faut de tout pour faire un monde.

Je me suis intéressé au processus littéraire ou alors au manque de ce processus. Que pensaient mes confrères de cette torture et de cette obsession malsaine? Comment vivaient-ils avec les situations de panne de créativité et de page blanche? Comment les gens autour d’eux, que ce soit la famille ou les amis, les voyaient-ils?

Voici une traduction approximative (puisque traduite de l’anglais) d’un article sur le sujet trouvé sur le site Wikipédia.

  • L’artiste torturé est un personnage de fiction ou de réalité stéréotypé. Il vit dans la tourmente constante en raison de sa frustration avec l’art et des autres individus. Les artistes torturés se sentent exclus et incompris à cause de l’ignorance ou de la négligence perçue des autres qui ne les comprennent pas ou ne les jugent pas importants. Ils prennent parfois de la drogue, font l’expérience de frustration sexuelle et de chagrin récurrent, en général dépassés par leurs propres émotions et conflits internes. Ils sont souvent raillés dans la culture populaire parce qu’ils pensent trop, sont idéalistes ou alors donnent l’impression d’être opposé à la joie et plaisir.
  • D’autres traits stéréotypés varient entre deux extrêmes – d’être narcissique et extraverti à être introverti et d’avoir le dégoût de soi. Les artistes torturés ont souvent des tendances autodestructrices dans leurs comportements et sont généralement associés à des problèmes de santé mentale tels que la dépendance, troubles de la personnalité ou la dépression.
  • Les artistes torturés sont souvent sujet à l’automutilation et ont aussi un haut taux de suicide.

écrivain torturé

Rien de bien joyeux dans ce portrait que nous dresse le site en question.

Les exemples d’écrivains connus susceptibles de se retrouver dans cette catégorie sont nombreux. L’un d’eux a retenu mon attention et les amateurs de science-fiction le reconnaîtront.

Il s’agit de Philip K. Dick.

Écrivain de SF – On lui doit une grande quantité de romans et de nouvelles littéraires, alors que des films ont été tirés de certains de ses romans. Parmi les plus populaires, notons « Blade Runner » et « Minority Report ».

Selon la biographie de l’écrivain, il est de notoriété publique que son existence fut marquée par la drogue, le délire, plusieurs divorces et des tentatives de suicide. Dans son enfance, un psychiatre avait même établi que l’auteur souffrait de schizophrénie.

camisole de force

Je devais en avoir le cœur net. Que pensaient mes confrères. C’est ainsi que j’ai contacté quatre membres du collectif d’écrivain auquel je fais partie, tous de talentueux auteurs se spécialisant dans les domaines de l’imaginaire, que ce soit l’horreur, le fantastique ou la science-fiction.

Je leur ai posé huit questions.

Nous commençons aujourd’hui avec John Steelwood.

Les autres suivront dans les semaines à venir. Il s’agit de Gaëlle Dupille, Guillaume Guike Lemaitre.

Le mythe de l’écrivain torturé chez les Fossoyeurs de rêves

Première partie : John Steelwood.

Qu’est-ce que les Fossoyeurs de Rêves?

Les fossoyeurs de Rêves est un groupe littéraire composé d’auteurs rebelles et fous de fantastique, bien décidés à faire parler d’eux.

« Ici, nous n’enterrons pas les rêves, nous les exhumons pour les livrer à nos lecteurs. Ce sont parfois des rêves virant aux cauchemars, mais ils sont toujours pleins de fantaisie. Nous touchons à tous les genres de l’imaginaire… »

Qui est John Steelwood?

John Steelwood

« Je me nomme John Steelwood et je suis un pseudo. Je suis née en 1991, mais je suis plus âgé, car je ne suis qu’un succédané d’humain. Celui qui m’a crée préfère se cacher dans l’ombre et observer le monde. Il m’a laissé cette tâche d’écrire des histoires horrifiques, des récits où trembler ne suffit pas pour calmer ses peurs. Armé de ma hache, je débite les corps dans mes histoires, je raconte la vie telle qu’elle est, cruelle, sans pitié et souvent, l’impossible surgit pour saisir le lecteur aux épaules et l’entraîner dans les geôles de l’enfer.

Je vénère Lovecraft et King. J’aime me délecter des écrits de Barker et de Koontz et je n’ouvre jamais un livre de Musso – trop peur. Que dire de plus sur moi si ce n’est que j’écris tous les jours. J’écris depuis longtemps, et je continuerai tant que mes mains le permettront. »

 Les questions et les réponses :

Vous considérez-vous comme un écrivain torturé?

  • Torturé. D’après ma manière de penser, d’après les retours de mes proches, de mes amis, oui, il y a quelque chose dans mon esprit qui doit faire de moi une personne torturée, donc un écrivain torturé. Il suffit de lire certains de mes textes, parfois je me demande où je vais chercher certaines choses : vraiment tordu.

Décrivez vos états d’âme versus la production littéraire du moment – est-ce qu’il y a une relation entre ces deux éléments?

  • Une relation indéniable. Si je suis plus bas que terre, je suis incapable de coucher la moindre ligne, j’ai envie de tout plaquer. Sitôt passée cette période, alors je produis, d’abord du très noir, puis ça s’éclaircit au fur et à mesure.

Que faites-vous quand vous êtes incapable d’écrire?

  • Je meurs lentement.

Qu’est-ce qui vous frustre le plus quand vous êtes incapable d’écrire?

  • Le fait d’avoir des cons dans mon entourage, plus ou moins proche. Sans eux, je m’en porterai pas plus mal, je dirai même que j’irai bien. Mais il semblerait que je dois être un sensitif et dès qu’une « bêtise » est dite ou faite par ces personnes (jamais les mêmes), alors ça me mine.

Comment vous en sortez-vous?

  • Je n’en sais rien. Je m’en sors, mais je ne sais pas comment. Sans doute un miracle à chaque fois, mais les miracles ne sont pas faits pour se répéter éternellement.

Pourquoi écrivez-vous?

  • Pour survivre.

Que pensez-vous de l’image classique de l’écrivain alcoolique, à moitié fou, excentrique?

  • Une caricature. Un grossissement des traits. Ou bien simplement une réalité. Perso, je me vois un peu fou, pas excentrique (je suis habillé de manière normale, je me comporte normalement…) et niveau alcool, pas plus que la moyenne des Français buvant du Jack Daniels.

Avez-vous des commentaires pertinents sur le sujet de l’écrivain troublé?

  • Un commentaire pertinent : je n’en connais pas, d’écrivain torturé.

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Pour en savoir plus sur John :

Page Facebook de John

Le blogue de John

La page Zombie Évolution

Est-ce que les humains sont bons ou mauvais ?

 

 

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L’être humain, bon ou méchant?

Le mois passé, j’ai répondu à quelques questions de la sympathique journaliste Sarah Hubert-Vasquez, pour l’Infos-Dijon. Une des judicieuses questions qu’elle m’a posée n’a cessé de me trotter dans la tête depuis.

 

Voici la question :

« Dans Le Tueur des Rails, vous avez un regard critique sur la société actuelle. Une scène qui se déroule dans un bar de nuit est particulièrement savoureuse : “Il y avait beaucoup de jeunes femmes, dévoilant leurs attributs, entourées d’hommes salivants et participant à cette loterie humaine, dans l’espoir de remporter le gros lot sexuel” (p.26). La suite est encore plus éloquente quant à la bestialité de l’homme.

Pensez-vous que l’homme est un animal comme les autres? »

Ma réponse posait un regard critique sur l’humanité, sur une humanité en tant que groupe, que société ou groupes de sociétés depuis les débuts de la conscience humaine. J’ai généralisé mes propos, peignant un portait sombre et quelque peu fataliste de notre race.

 

Voici la réponse que j’ai donnée lors de l’interview :

« Pour être franc, je crois que l’homme est le plus bas échelon dans l’éventail des créatures vivantes. Il suffit de voir ce que nous sommes en train de faire à ce monde d’une beauté incroyable. Depuis la nuit des temps, nous envahissons des territoires, éliminons des populations entières pour notre profit. Regardez ce que nous avons fait aux indigènes vivants dans les Amériques, l’esclavage des gens de couleurs et les conséquences du troisième Reich. Nous avons cette manie de convoiter, d’abuser ou de détruire tout ce qui est beau. Observez aussi ce qui se passe avec les populations animales de certaines régions qu’on qualifie d’indésirables, comme les loups. Des méthodes barbares d’éliminations afin de préserver quoi? Un territoire qu’on leur a pris de force? Oui, nous sommes une race horrible, mais disons qu’il y a de l’espoir ».

Depuis ce commentaire, j’ai reçu un message, d’un ami qui met en lumière ma vision négative d’une humanité à laquelle je fais pourtant partie. Il a bien raison, tout n’est pas sombre, l’homme n’est pas une créature exclusivement néfaste et destructrice. Comme je le dis à la fin, il y a de l’espoir.

Et voilà que les évènements du dernier mois réaniment mon intérêt pour le sujet. La tuerie au Connecticut où un tueur fou est entré dans une école élémentaire pour tuer une vingtaine de personnes, la majorité étant des enfants, suivit de plusieurs autres incidents isolés, similaires et quand même très inquiétants. Un homme qu’on arrête dans le stationnement d’un centre commercial, avec une cinquantaine d’armes à feu. Un malade qui attend les pompiers à une résidence en feu afin de leur tirer dessus. Je ne vais pas énumérer toutes les nouvelles entendues, mais la liste est longue. Allez sur n’importe quel site de nouvelles, vous verrez.

Alors, je suis sorti faire une promenade dans un de mes lieux préférés : un cimetière. Un endroit calme ou ceux qu’on rencontre sont la plupart du temps très respectueux, paisibles et sensibles. L’air est frais, il vente et le ciel est couvert. C’est le moment que je préfère, juste avant la tempête. Les feuilles virevoltent tout autour de moi, les stèles s’alignent le long du sentier et me guide dans les allées interminables.

L’homme? Est-il une créature foncièrement mauvaise? Ou un être à l’origine pure que le monde dans lequel il évolue change, corrompt et asservit aux légions du mal?

Je pense aux gens que je connais, ceux qui m’entourent. Des infirmières, des écrivains, des policiers, des enseignants. Je crois pouvoir affirmer que dans mes connaissances, personne ne répond à la description d’un être démoniaque. Je me considère moi-même comme quelqu’un de bien. D’accord, je n’offre aucune portion de mon temps libre à faire du bénévolat, je contribue très peu financièrement aux œuvres de charité et je me mêle principalement de mes affaires. Mais je ne blesse personne, n’ai aucune idée sombre pouvant mener à des actes mauvais. (OK, j’ai des idées sombres, mais je les écris, je ne les mets pas à exécution.)

Je crois sincèrement que plusieurs éléments ont une influence importante à savoir si nous allons être bons ou mauvais. Notre code génétique en est un, ce bagage interne que nous avons dès la naissance à l’intérieur de nos fibres humaines. Certains parlent d’une mémoire collective, qui nous permet d’être connectés à cet homme ancestral qui nous a précédés, peut-être doté de capacités extraordinaires ou alors d’instincts animaux plus prédominants que les nôtres. On cherche à expliquer notre caractère violent par les actions des hommes des cavernes.

Deux personnes vivant le même traumatisme n’auront pas nécessairement la même réaction. Si un tueur en série commet ses crimes pour se venger d’un père abusif, pourquoi l’autre enfant maltraité n’en viendra » — il jamais à la violence? Le cycle de l’enfant sexuellement abusée qui abuse à son tour n’est pas la norme. Alors est-ce une molécule particulière qui permet à l’un d’eux de ne pas répéter les sévices vécus? De surmonter l’horreur pour continuer à vivre? De ne pas faire à autrui ce qui lui a été fait?

Notre environnement est aussi un facteur d’influence. Où avons-nous grandi, que faisaient nos parents? Qui côtoyons-nous? Tout cela est important pour expliquer qui nous sommes. Si vous êtes née dans un foyer d’extrémiste avec des tendances racistes, il est fort probable que vous serez raciste. Une longue exposition à des éléments de haine peut engendrer chez certains des sentiments haineux. Si vous grandissez dans une résidence où les toxicomanes viennent chercher leur cochonnerie, où vos parents se piquent tous les jours, où vous êtes laissées à vous-même, les chances de prendre de la drogue durant votre vie sont plus grandes. Un enfant d’alcoolique susceptible de le devenir à son tour.

Notre société est aussi un facteur très important. Il fut un temps où il était normal d’aller aux jeux afin d’y voir des chrétiens y être dévorés par des lions affamés, ou alors de participer à des sacrifices humains, où l’on coupait les têtes de ceux choisis du haut des pyramides dans la jungle. Ces gens n’étaient pas mauvais pour autant, c’était leur mode de vie, leur façon de procéder. La base de leurs croyances. Ils trouveraient peut-être « Jersey Shore » plus cruel que les gladiateurs déchiquetés dans l’arène.

Je pose alors une question. Où les choses se gâtent-elles pour les humains qui commettent d’horribles crimes, la violence et la folie? Puisqu’ils ont un jour été d’innocents poupons rosés, sans pensées néfastes, sans amertume.

Le meilleur argument à donner, dans mon cas, pour prouver que l’homme n’est pas une créature aux tendances pures et bonnes, est de voir comment notre société est organisée. Comment nous avons dût ériger les bases de ce regroupement humain que sont les pays, les villes, les continents, les provinces.

En tant que groupe humain concentré, établi dans les limites d’une région, nous avons dû déléguer à certains d’entre nous des responsabilités extraordinaires, leur offrir des armes mortelles et leur donner un code de loi à faire respecter. Ils sont des citoyens au-dessus des autres, qui ont le pouvoir, dans certains cas extrême, de tuer, de mettre fin à la vie de certains d’entre nous pour la sécurité des autres. Pour la sécurité nationale. Nous avons dû créer des services policiers afin de nous protéger contre certains des membres de cette collectivité dans laquelle nous voulons vivre. Sans savoir qui ils sont, quand ils commettront leurs crimes, pourquoi et surtout, envers qui. N’est-ce pas là un signe de notre incapacité à éviter le déploiement de notre nature?

Quelle est la raison qui fait que la plupart des gens respectent la loi? La punition qui peut s’ensuivre? La honte d’être pris sur le fait et emmené au poste de police, d’avoir un casier judiciaire, de pouvoir perdre son emploi?

Combien de fois n’avons-nous pas dépassé la limite de vitesse sur les routes, brûler un feu de circulation ou un signe d’arrêt? Cela parce qu’il n’y avait personne en vue et qu’on était pressé? Qu’on pouvait tout simplement le faire. Alors qu’on ralentit si on voit une voiture de police, si une automobile venant en sens inverse nous signale de ses phares qu’une voiture de police se cache plus loin.

Ce qui nous a poussés à commettre ces manquements au code de loi auquel nous devons adhérer est le savoir ou la croyance que nous ne serons pas pris sur le fait ou punis, non?

Alors, disons qu’on élimine demain toutes les lois, brûle les postes de police et retire à ces hommes tous leurs pouvoirs. C’est maintenant chacun pour soi. Dites-moi, est-ce que la criminalité augmenterait? Baisserait? Serions-nous en sécurité? Seriez-vous heureux de voir vos enfants marchés seul dans la rue, sachant qu’il n’y a aucune autorité pouvant régir la conduite automobile et les agissements humains? Dormiriez-vous en paix la nuit en sachant que le 9-1-1 ne fonctionne plus? Que personne ne répondra à votre appel à l’aide?

Si l’homme est bon, alors pourquoi une telle inquiétude? Nous n’avons rien à craindre, n’est-ce pas? Combien de fois n’avons-nous pas pensé faire une chose ou une autre, mais avons retenu le geste en question parce que nous avions peur d’être puni?

Le pire avec notre système de loi, nos policiers et notre justice, c’est que même si elles sont en place, si elles tentent de décourager la population, d’informer le public, le crime est toujours perpétré au quotidien de par le monde.

Parfois, ce sont ces criminels qui semblent profiter le plus de notre code de loi, parce qu’ils sont protégés, relâchés dans la communauté une fois leurs « fautes » expiées. Il est fréquent de voir un meurtrier, un violeur, un fraudeur retourner dans la rue une fois sa sentence terminée. Sous les cris de protestation d’une foule consternée.

Pour certains, la menace de la prison ne suffit pas pour les décourager. Certains pays qui proposent et offrent la peine de mort, certains pays démocratiques, condamnent encore de nos jours des truands à cette sentence définitive. Nous devons tuer nos semblables tellement leurs crimes sont horribles. Nous sommes horrifiés de voir certains d’entre nous faire des lampes avec la peau de leurs victimes, manger les entrailles de jeunes hommes et femmes qu’ils ont assassinés.

Sans notre système de loi, je n’ai aucun doute que le monde serait un endroit chaotique. Pire. Une jungle où l’on devrait se terrer, armes aux poings et lutter pour protéger notre famille, nos ressources.

Et pour ajouter à la folie de ce que nous sommes, nous devons compter sur un comité indépendant de civils ou alors les agents d’autres corps policiers pour enquêter sur les bavures et incidents impliquant nos policiers. Nous devons contrôler et étudier les agissements de nos politiciens. Parce que même ceux qu’on élut pour veiller sur notre pays, ceux à qui l’on fait confiance pour nous protéger, sont humains. Et par le fait même, se laissent aller à la corruption. Aux abus. Ils commettent des erreurs de jugement. Ils veulent se remplir les poches, ils ne respectent pas les lois qu’ils nous imposent. Comme un juge qui se retrouve avec une prostituée. Un policier vorace qui met la main sur des liasses de billets lors d’une descente. Un politicien qui accepte des pots-de-vin. Un prêtre qui abuse d’un enfant.

Comme si ce n’était pas suffisant, nous n’avons pas seulement les membres de notre collectivité immédiate à craindre. Il faut se méfier des autres, qui veulent nos ressources, notre territoire et augmenter leur puissance. Alors pour se protéger des autres hommes bons, nous devons engager un autre groupe de citoyens qu’on entrainera à tuer, à qui l’on fera parfois un véritable lavage de cerveau et qu’on équipera d’armes à la puissance dévastatrice. D’engins de mort de plus en plus puissants. On ira même jusqu’à créer des bombes pouvant réduire à néant la population d’un pays.

Tout cela, parce que nous sommes bons. En raison de notre nature joyeuse et honnête, fraternelle.

Alors, on ne peut plus parler d’éléments isolés de la population, parce que les prisons débordent. Malgré les lois et les punitions qui devraient décourager les crimes, des millions de gens se laisseront tenter par le mal, continueront à voler, tueur, faire des fraudes. La peur des conséquences n’est même plus assez importante pour les faire hésiter.

Nous devons envoyer nos troupes dans d’autres pays, pour éviter qu’un dictateur, un régime ou un gouvernement ne massacre la population qu’il devrait protéger. Sa propre population. Tout cela pour le gain financier ou politique. Nous irons même jusqu’à mentir sur notre intérêt à envoyer des soldats à l’étranger, pour protéger des amis, pour protéger des intérêts énergétiques. Connaissons-nous tous la vérité derrière chaque initiative de nos gouvernements? Faites-vous confiance à vos dirigeants au point de leur donner carte verte, sans questions?

L’histoire de notre race est remplie de crimes, d’horreurs et de violence. Il suffit d’ouvrir une encyclopédie, un livre d’histoire ou d’aller sur Internet. Cherchez les mots suivants « Goulag » « Holocauste » « Guerre » « Génocide » et vous en avez pour un bon moment à découvrir la folie humaine dans toute sa splendeur.

Voilà un peu ce que je voulais dire en répondant à la question de Sarah. L’homme est mauvais, la preuve est tout ce que nous devons mettre en place pour nous protéger et cela ne fonctionne même pas.

La liste des mesures que nous avons instaurées est inimaginable. Il n’existe plus aucun lieu où le crime ne s’est pas commis. L’école, l’Église, le supermarché, en pleine rue, dans le métro.

Alors comment serait notre monde sans tout ce que nous avons établi? Sachant que ce n’est pas suffisant.

J’ose à peine l’imaginer.

Bien entendu, nous ne sommes pas tous des créatures sanguinaires, mais combien de fois avons-nous entendu des amis, des familles de ces fous qui commettent l’impossible répéter qu’ils ne comprennent pas. Il était si bon, si gentil. Il était tranquille, généreux. Un leader dans la communauté.

Je ne suis pas un chercheur, c’est facile à deviner en lisant ce texte, mais mon impression est que l’humain est instable. Que ce qu’il transporte dans son code génétique, la société qui l’entoure et les évènements de sa vie sont en partie responsables de ses actions. Peut-on juger les crimes des autres sans connaître leurs raisons, leurs circonstances?

Il y a de l’espoir, seulement chez certains individus, mais pas dans les collectivités. Du moins à mon avis. Les collectivités sont dangereuses, parce qu’elles ont le pouvoir de décupler la folie. Pensons à l’esclavage, aux populations d’autochtones anéantis et aux victimes des guerres mondiales.

En résumé, il ne faut pas paniquer. Il faut juste ne pas se faire d’illusions.

C’est le monde dans lequel nous vivons, c’est le seul que nous avons.

Pour l’instant.

 

 

 

Avez-vous attrapé le « Gangnam Style » ?

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Je ne connais rien à la mode, aux tendances saisonnières en vogue. Je m’habille comme cela me plaît sans savoir si je commets de faux pas vestimentaires. Est-ce qu’un polo, une chemise ou un pantalon peut sembler venir d’une collection tirée d’un catalogue d’il y a dix ans? C’est possible, je n’en ai aucune idée. Joanne Rivers me démolirait certainement dans ses critiques vestimentaires, mais que voulez-vous, pour moi, un pantalon c’est un pantalon, sans date d’expiration à moins qu’ils ne se désintègrent alors que je déambule en plein milieu de la rue Ste-Catherine.

Je ne regarde pas les défilés de mode, y trouve les vêtements impossibles et absurdes, hors de prix. Il faut avoir le physique d’une fillette de douze ans pour les revêtir et risquer de se faire tirer dessus par des chasseurs de créatures exotiques velues, feuillues ou encore emplumées.

Je n’ai pas d’enfant, pas d’adolescent à la maison pour me tenir au courant des nouvelles vogues technologiques ou linguistiques. Est-ce qu’on dit toujours « Cool » « Hot » et « Super », je l’ignore, j’utilise toujours ces expressions. Pour moi les formules genre « @TEOTD – ALOL – CSL et FICCL » sont des codes morses utilisé par les militaires ou un langage extraterrestre.

Je n’ai pas de console de jeux, pas de Nintendo, de Playstation ou de XBOX. Les seuls jeux que je connais sont ceux de ma génération, qu’on découvrait dans les arcades, les classiques du genre « Pac Man et Invaders », tout comme les bonnes vieilles machines à boules. J’utilise encore Windows et je m’amuse de temps en temps sur mon « Android » première génération.

Mon lecteur de livres numériques date déjà de quelques années et est en noir et blanc, sans applications ou accès à l’Internet. Je m’en sers juste pour lire des livres, sans plus.

Je vis encore dans une ère où les communications se font par écrit, cette chose boisée qu’on appuie sur du papier pour y laisser des traces grisâtres qui peuvent se transformer, tenez-vous bien, en mots et phrase. Je parle au téléphone et non juste par texte message ou vidéo-conférence. « Skype » est le nom d’un vaisseau spatial dans Star-Trek, non? « Instagram » est une formule qu’un magicien répète avant un truc de magie particulièrement spectaculaire et « Twitter » est une insulte envers quelqu’un qui dit quelque chose de stupide.

Bref, la technologie n’est pas mon fort.

J’en entends parler, mais m’en tiens loin, parce que je suis satisfait et les publicités n’ont pas d’impact sur moi. La technologie, c’est comme une prostituée sur le coin de St-Laurent, tu la regardes, te questionne sur sa vie, mais tu ne vas pas lui parler. (À moins d’être un politicien)

Le mot technologie fait un peu… coquin? Sale? Du genre maladie vénérienne. Ça me fait froid dans le dos.

Est-ce que j’ai besoin que mon téléphone portable me parle de son plein gré? M’interpelle par mon nom pour m’annoncer des choses importantes? Pour me rappeler mon rendez-vous chez le coiffeur? Pour me dire que je devrais prendre mes pilules du matin? Pour me laisser savoir que mon cousin Maurice m’appelle?

Non, surtout pas. Entre la famille, les amis, les confrères de travail et toutes les autres discussions possibles dans une journée, la dernière chose dont j’ai besoin est d’une petite boîte qui perturbe mon silence, brise la bulle de non-sociabilité que je me suis créée.

J’ouvre pas la porte aux témoins de Jéhovah, aux vendeurs d’assurances, je ne réponds même pas au téléphone, alors me faire dire mes quatre vérités par une petite machine insolente? Jamais!

Un écran tactile et capable de se connecter à l’Internet par le wifi intégré à la porte de mon frigo, pour me donner des renseignements sur les éléments qu’il contient? Sérieusement? Tout ce que je veux dans le frigo c’est une bière froide et les restants de pizza de la veille. Pas un menu détaillé avec le compte des calories, un inventaire précis de son contenu. Voyons la liste : Une carotte rabougrie et à moitié pourrie, une pinte de lait jaunâtre remplie de caillots d’une matière indéterminée, un pot de cornichons sucré qui date du temps de Napoléon et finalement, la pièce de résistance, un plat Tupperware avec quelque chose dedans, mais quoi? Le frigo vous donne 10 $ si vous trouvez la bonne réponse.

Bref, tout cela pour vous dire que je découvre les modes culinaires, technologiques, vestimentaires et culturelles un peu en retrait. Je ne regarde pas beaucoup la télévision, sinon des films et séries télévisées, sans annonces publicitaires. Les bulletins de nouvelles à l’occasion. Je lis par contre beaucoup. Je sais, quelle misère, un homme adulte qui prend le temps de lire? Quelque chose ne tourne pas rond avec lui. Tenez les enfants et les femmes à l’écart, ne lui tournez jamais le dos. Avez-vous vu son air patibulaire et l’étrange cicatrice sur sa joue gauche? La mère qui crie à son poupon dans les rangées du Sears « Regarde-le pas ».

M’atteint donc finalement le précieux savoir qu’un phénomène nouveau à envahit notre belle planète.

Cela s’appelle « Gangnam Style »

Au début, je crois brièvement me souvenir d’avoir entendu parler de cela. N’est-ce pas cette émission de télévision ou ce documentaire sur les gangs de rues? Non? Une mode vestimentaire pour les gens des minorités ethniques du Zimbabwe, faite de tatou, de signes exotiques? Non? Le nouveau Kevin Costner où il joue un gangster? Une sorte de film porno? Un jeu vidéo?

J’abandonne, alors qu’est-ce que c’est que cette nouvelle folie qui a enflammé les réseaux sociaux et les médias?

J’ouvre l’ordinateur et fais une petite recherche rapide en tapant l’expression « Gangnam style ». Je ne m’attends à rien de bien précis, car c’est peut-être trop vague.

Les résultats me coupent le souffle. Et je clique sur certains des liens, les uns après les autres.

Je vois un Asiatique aux lunettes fumées dans une vidéo sur « YouTube » qu’on qualifie d’officielle. J’ai la bouche entrouverte, une expression de stupeur me traversant le visage. Je dois m’être trompé, cette vidéo est nulle et n’a aucun sens. J’y vois cet homme qui chante dans un langage qui m’est inconnu. Coréen? Ses paroles sont répétitives, sa danse juvénile et sa chorégraphie tout à fait débiles. Le clip se termine et je ne ressens rien, sinon un ennui mortel.

Je regarde le nombre de « Hits » et n’en reviens pas. Est-ce que les nombres sont comme la monnaie? Genre 100 millions de vues coréennes équivalent à seulement deux cents en Canadien? Non, je dois bien l’admettre, ce petit clip banal a été vu par beaucoup de gens. Cet homme sera très riche et rapidement.

Je continue ma recherche, car ce ne peut pas être tout. C’est impossible. Je me sens comme Howard Carter en 1922, ouvrant la célèbre tombe d’un pharaon légendaire pour n’y trouver qu’un contenant vide de frites McDonald’s. Ou alors, le petit robot « Curiosity » sur la planète Mars qui tomberait sur une station d’essence à 0.25 cent le litre.

Voyons donc!

Je découvre que la folie s’est propagée à la vitesse de l’éclair. Il existe des dizaines et des centaines de parodies, qui sans aucun doute finissent par rapporter quelque chose à notre petit ami coréen aux poches pleines. Comme il doit être en train de rire de nous. Je visionne certaines de ces parodies, où divers personnages ou groupes culturels sont représentés. Hitler, Obama, les mormons, les cowboys, les « Redneck » et la liste est longue. S’ajoutent des vidéos de « Flash mobs » des concours, des prisonniers dans la cour d’un pénitencier qui dansent à l’unisson. Je vois des photos de gens connues qui prennent la pose de cette étrange danse où on simule d’être sur un cheval, quelque chose que chaque adulte se doit d’essayer une fois dans sa vie, pour des raisons de crédibilité et d’humilité.

C’est comme si tout le monde en parlait, tout le monde voulait y être associé. Le Coréen, dont le nom d’artiste est PSY monte sur scène avec Madonna qui, je n’en crois pas, se glisse entre ses jambes et le fait ensuite glisser entre les siennes. Dans une autre émission, il montre à une Britney Spears constipée et probablement droguée comment faire les pas de cette danse.

À la fin de la journée, j’en ai assez vu.

J’ai vécu assez longtemps pour avoir la mémoire de certains autres phénomènes culturels à bien moindre échelle, je l’avoue. Il y a eu la lambada, l’« ACHY BREAKY HEARTH » et comment ne pas se remémorer la célèbre dans des canards?

Chaque mode du genre a toutefois une durée de vie limitée. On finit par en rire, par trouver son côté ridicule et s’en délaisser.

Entretemps, dans les discussions, je veux faire intelligent et branché, alors j’ajoute l’expression « Gangnam » et les gens rient, comme si c’était le gag du siècle. On m’a accepté dans des cercles exclusifs justes en raison de cette expression. Est-ce un code ouvrant l’accès à des ressources illimitées? Ou juste un phénomène social?

C’est la société américaine, notre monde de consommation qui force ces nouvelles modes en nous, l’espace d’une seconde, d’une rotation autour du soleil et voilà qu’on l’oublie. Le gars se fait entretemps beaucoup d’argent, il voyage, découvre le monde et se fait des contacts inespérés. C’est son moment de gloire, ses quinze minutes de célébrité.

Son produit est d’une qualité culturelle, disons-le honnêtement très pauvre.

Mais cela se vend, les gens ont besoin de danser sur un cheval illusoire, murmurant des mots qu’ils ne comprennent pas, parce que c’est « cool » et « hot » de le faire. Il faut suivre le courant, imiter et adopter, assimiler et conquérir. Ne pas être le gars dans le coin qui lit son livre, sans savoir ce que « BLACK OP » signifie.

Non, ce n’est pas le frère de Black Beauty.

Je vais être franc, je ne veux pas juger l’individu, il n’a fait que créer quelque chose qui l’a rendu célèbre et riche, il n’a fait que profiter du moment. Nous le ferions tous, n’est-ce pas?

Nous sommes le produit de notre siècle, de notre société et civilisation évoluée.

Il fut un temps où sacrifier des gens en leur coupant la tête sur une pyramide était cool, d’autres où jeter les chrétiens dans une arène avec les lions était super. Nous avons aussi décidé, à un moment donné, que pour être en santé il fallait souffrir d’embonpoint. Aujourd’hui, manger deux pois verts et les vomir est la recette d’un physique parfait, idéal.

On ne peut rien contre les modes et elles passent comme un sac de plastique IGA sous la brise qui vient du Vieux-Port.

Il faut juste l’admettre, le ridicule se vend bien. Les gens aiment la simplicité. La répétition.

Alors, les amis, je m’en retourne dans ma caverne, où les livres sont mes compagnons.

Je me questionne toutefois. Quel sera le prochain phénomène à envahir les ondes, conquérir les foules et passer à l’histoire?

Lequel d’entre vous sera le responsable de cette nouvelle folie?