Q & A

Sur ma page d’auteur, j’ai décidé de me prêter au jeu de répondre à toutes les questions posées. Que ce soit des questions osées, embarrassantes, dérangeantes.

Allez-y, demandez-moi ce que vous voulez, je vais faire de mon mieux afin de vous répondre.

  • Nous commençons par Samuel Dupont qui veut savoir : à quel âge avez-vous commencé à écrire?

Bonjour Samuel. Très bonne question. J’ai commencé l’écriture à ma première année d’école secondaire, ce qui veut dire à peu près 13 ans. À cette époque, j’ai développé une passion pour la lecture. Très rapidement, j’ai ressenti le désir de mettre mes propres histoires sur papier. Stephen King fut ma plus grande influence. Mon imagination fut aussi grandement nourrie par mon frère, qui m’entrainait dans des aventures extraordinaires. Il m’a fallu plusieurs années avant de pouvoir créer quelque chose de potable. J’ai développé mes propres histoires dont on est le héros, ainsi que de petites nouvelles assez moches. Je devais ensuite passer beaucoup de temps à jouer à Donjons et Dragons. En tant que maître, je mettais l’emphase sur les textes explicatifs et descriptifs au détriment de l’action.

Un peu plus tard, avec un copain, nous avons écrit des enquêtes policières et ce ne fut qu’après mon cinquième secondaire que je terminais mon premier roman.

Un des éléments me poussant à explorer l’écriture fut la réaction des autres élèves lorsque je lisais mes textes en classe. Leurs commentaires, tout comme ceux des enseignants, m’ont grandement motivé à poursuivre l’écriture. Lorsque j’ai amorcé mes études en Arts et Lettres au Cégep de Shawinigan, je n’avais plus de doute sur mon désir d’en faire un métier. J’étais toutefois loin d’être prêt… il m’a fallu plusieurs années pour m’en apercevoir.

J’espère que cela répond à votre question. J’ai commencé vers 13 ans, mais rien de potable jusqu’à mes 17 ans.

Dungeons & Dragons

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Mathias de Mathieu Fortin

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Dans ce livre, nous découvrons le personnage principal, Mathias, un adolescent en deuil de son père et aux prises avec un problème d’obésité. Victime de la cruauté de quelques brutes et de l’indifférence générale, il est la risée de son école. Avec la fin de l’année scolaire et l’été qui s’annonce, Mathias décide de prendre sa vie en main, de tenter l’impossible et d’éviter de subir le même sort que son père, décédé en raison de son excès de poids. Ce ne sera pas facile, les obstacles sont nombreux et les tentations aussi.

Au premier abord, nous pouvons croire que c’est uniquement un livre sur l’obésité, mais détrompez-vous. C’est beaucoup plus que cela. C’est un récit sur l’adolescence, la complexité des relations humaines, familiales et amoureuses. Un récit sur le deuil, la dépendance et la persévérance.

Mathieu Fortin nous démontre ici que sa plume, d’une efficacité indéniable et souvent diabolique, est d’une diversité enrichissante. Prenez place avec le bouquin, quelques collations santé, et préparez-vous pour une lecture poignante et émouvante. Si vous avez une dépendance quelconque ou connaissez quelqu’un dans une situation similaire, vous serez à même de féliciter l’auteur pour la justesse de son récit et les réactions de ses personnages.

Un coup de cœur littéraire pour la fin de 2016.

Je vous invite d’ailleurs à découvrir le blogue de l’auteur, pour ses écrits, mais aussi pour son honnêteté et sa générosité, puisqu’il partage avec nous son combat contre le diabète et sa perte de poids.

J’ai connu Mathieu Fortin par l’entremise d’un éditeur commun et je l’ai rencontré au « Salon du livre de Montréal ». Je n’ai qu’une chose à dire à son sujet : la grande classe.

Bien voilà, vous n’avez plus aucune raison de ne pas découvrir Mathias!

Ma note : 5/5

Site de l’auteur : Le petit fort

Site de l’éditeur : Guy Saint-Jean

Sylvain Johnson et Mathieu Fortin

Sylvain Johnson et Mathieu Fortin – Novembre 2012

La vie d’un écrivain – Scénario 2

What have I done!?

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Stanley Leduc écoutait sa mère lui expliquer les nombreuses réussites de son frère avocat, qui lui au moins gagnait honnêtement sa vie. Il réprima une envie irrésistible de bâiller, de fermer les yeux et s’endormir devant le rôti d’agneau trop cuit qui gisait devant lui, comme la carcasse inanimée d’un animal mort sur une route déserte.

La veille, Stanley avait généreusement célébré le succès de son nouveau roman, que la critique ne cessait de décrire comme « Le roman de la rentrée littéraire ».

Un silence inhabituel le força à quitter le refuge de ses pensées réconfortantes. Levant les yeux, il vit que ses parents qui le contemplaient en silence. Il osa sourire, sans trop savoir si cela convenait à la situation. Une grimace de sa maman lui fit comprendre son erreur. On lui avait inévitablement posé une question, que sa rêverie l’empêcha d’entendre. Il se racla la gorge et jouait nerveusement de ses doigts avec la fourchette devant lui. Maurice Leduc, doyen du clan, prit la parole.

  • Mon fils, c’est quoi ces histoires-là que tu écris?

Il hésita, le ton n’était pas chaleureux, aucune fierté ne filtrait dans le timbre de voix accusateur. Sa mère prit le relais.

  • Pourquoi tu écris des livres sur nous? On ne t’a rien fait. Les gens au village parlent, tu sais?

Il ne comprenait pas. Son dernier roman n’avait rien à voir avec ses parents. La bouche grande ouverte de surprise, il encaissa la réplique suivante de Gisèle, qu’il n’avait jamais osé adresser par son prénom.

  • Tu n’aurais pas dû écrire ces choses-là, des mensonges.

Son père éructa, avec son légendaire rictus de désapprobation, capable de briser les rêves et les espoirs d’un jeune homme. Il savait de quoi il parlait, puisqu’il avait largement gouté à ce traitement punitif.

  • Je ne comprends pas de quoi vous parlez ?

Sa mère haussa les épaules, pour sortir un exemplaire de son roman, qu’elle avait préalablement dissimulé sous le coussin de sa chaise. Il réalisa à ce moment que son invitation à manger avec ses parents n’était qu’un prétexte pour lui parler. Mettre quelque chose au clair. Il l’écouta, tandis qu’elle choisissait une page du livre, pour y lire un paragraphe surligné en jaune.

  • « Le père ivrogne avait vomi sur le canapé, chutant sur la table basse qui se fracassa bruyamment. Le vieux tenta aussitôt de se relever, laissant des empreintes ensanglantées sur la moquette blanche. »

Stanley ne comprenait toujours pas. Il fixait les deux étrangers devant lui. Elle reprit.

  • Le Noël de 1984. Ton père a perdu sa sœur dans un accident de voiture. Tu t’en souviens? Il est revenu du travail ivre, est tombé sur la table basse du salon…

Un déclic se fit dans l’esprit de l’écrivain. Un flot de compréhension dévastateur le fit tressaillir. Elle continua.

  • Page 123. « Julie priait tous les soirs, sa bible glissée sous son oreiller, un verre de vin à la main. Elle se rendait au supermarché du village voisin pour éviter que les gens la voient acheter les nombreuses bouteilles d’alcool nécessaires pour passer la semaine. »

Stanley était livide, ses mains moites. Son père gobait un morceau de gâteau, son menton taché par le chocolat. La pièce semblait avoir rétréci.

  • Tu le sais trop bien que je vais à Saint-Vallons pour faire mes achats. Que j’achète ma petite bouteille de vin là-bas. L’épicier de notre village m’a demandé devant tout le monde, à l’église, pourquoi j’encourageais des étrangers en dépensant mon argent chez eux. Le prêtre m’a même remis des brochures sur les alcooliques anonymes. Tu réalises mon embarras?

Peut-être qu’il était temps de partir. Stanley n’avait aucune intention de se quereller avec ses parents, il ne pouvait pas gagner contre ces deux-là. Mère poursuivit, tandis qu’il quittait la cuisine, puis le salon. La voix forte de la femme le suivait, comme une sentence de mort prononcée par un juge sans miséricorde.

  • Page 345. Le vieux Léon…

Il ouvrit la porte et le reste se perdit dans les sons de la nuit : des insectes et des voitures au loin. Un silence de courte durée. Les portières de deux voitures garées devant la résidence de ses parents s’ouvraient. En sortaient sa tante Béatrice et l’employeur de son père, le vieux Ronald. Tous deux le virent et le chargèrent comme des rhinocéros affamés ou encore défendant leur territoire.

  • Stanley, ton oncle est furieux. Pourquoi écrire que notre fils a été adopté, on ne lui a jamais dit?

Puis l’employeur :

  • Jeune homme, quand j’ai révélé à ton père mon affaire avec Denise, je ne voulais pas l’ébruiter…

Il se mit à courir, aveuglé par la folie du moment. Il pouvait les entendre qui hurlaient, lancé à ses trousses.

Il osait à peine imaginer tous les autres éléments de ses romans inspirés de sa réalité.

Mais qu’avait-il donc fait?

La vie d’un écrivain – Scénario 1

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Scénario 1

Roberto observa la voiture de sa femme qui s’éloignait dans la rue déserte. Maintenant seul, il quitta la fenêtre du salon pour se rendre dans son bureau aménagé au sous-sol. Sans fenêtres, cette pièce lui offrait très peu de distraction et favorisait ses périodes de concentration et d’écriture. Il se devait de travailler sur son dernier roman, l’éditeur ne cessait de lui demander une date pour la remise du manuscrit. Une date qu’il ne cessait de repousser.

La pièce était étroite, petite et surchauffée, mais suffisante pour ses besoins limités. Il prit place sur la chaise en cuir confortable, son ordinateur portable ouvert devant lui. À sa droite, une tasse de café chaud, un beignet en cas de fringale et sa souris sans fil qui épousait trop bien la forme de sa main. À sa gauche, son cahier de notes, un crayon et une lampe pour l’instant allumée, diffusant sa clarté sur son clavier.

La femme au travail, le petit à la garderie, il pouvait enfin écrire, être seul, profiter de ces quelques heures de répit en exerçant sa passion. Dans le tiroir, il avait rangé et éteint son cellulaire. Le téléphone de la résidence était en mode silence, pour éviter les fâcheuses sonneries au mauvais moment. Les portes et fenêtres étaient verrouillées, l’endroit devenu une véritable forteresse. Son refuge.

L’écran bleu attira son attention. Il observa les différents dossiers et documents étalés sous ses yeux et il ouvrit celui du roman à travailler. Un silence de mort régnait dans le bureau. Un calme complet idéal pour ses séances d’écritures. Il ajusta la position de l’écran de l’ordinateur, de son postérieur sur la chaise, de ses pieds au sol. Tout devait être parfait.

Roberto mit ses doigts sur le clavier, sentit les touches plastifiées, la froideur de l’engin noir. Il respira, s’imprégna de l’ambiance presque mystique du procédé de création, puis il en profita pour relire les quelques pages écrites la veille. Ces dernières lui plurent grandement, son talent l’étonnait parfois.

Le rituel pouvait commencer.

Prêt à écrire le chapitre 5, il chercha tout d’abord ses mots. Regroupant ses idées. Ses doigts s’activèrent timidement, imprimant quelques lettres, puis des phrases complètes. Il s’arrêta subitement à la cinquième, avec l’impression que quelque chose clochait. Il relut et fit la grimace. Il n’y avait aucune passion dans ces lignes. Les lettres furent gobées par le curseur à reculons et la page redevint blanche. Il fit quelques exercices de respirations, se frotta les yeux et recommença à s’activer sur le clavier.

Peut-être que ce second début de chapitre était mieux? Non, toujours rien de potable. Un gosse aurait fait mieux. Il soupira, incapable de réveiller la bête littéraire qui sommeillait en lui. Son flux créateur refusait de s’écouler de son cerveau ensommeillé afin de rejoindre ses doigts actifs, mais au contenu stérile.

Roberto reprit l’exercice, encore et encore, toujours avec le même résultat. Son esprit vagabondait, son imagination refusait de répondre à l’appel. Cela dura une dizaine de minutes. Il était tout simplement incapable de réveiller la bête créatrice ou de s’adonner à la transe presque religieuse de l’écrivain au travail.

Exaspéré, il se leva en gémissant.

L’ordinateur portable fut éteint, il s’empara de la tasse vidée de tout café. Un horrible mal de tête le força à prendre quelques comprimés. Une sieste serait la bienvenue.

Roberto pourrait toujours écrire demain, pendant la partie de football du petit ou encore après le souper. Il devait trouver une autre excuse pour son éditeur, juste au cas où ce dernier le contacterait.

On verra bien. Il venait de perdre une occasion en or d’écrire.

Bientôt….scénario 2

Ne plus écrire !

Ecrire

Ne plus avoir le temps d’écrire peut s’avérer pénible pour un écrivain. Je confirme que c’est une grosse merde gluante. Se réveiller avec le désir de créer, de faire vivre ses personnages, d’imprimer sur l’écran les actions qui me vont vibré, sans en avoir la chance, est une très frustrante situation.

Mais, comme bien des choses dans la vie, cette situation est temporaire. Vous savez, la vie est une suite d’évènements cycliques. De hauts et de bas. J’ai eu la chance d’écrire tous les jours durant deux ans et voilà que l’existence me force plutôt à vivre, voir grandir mon fils et étudier pour doubler ma carrière d’écrivain avec une autre plus lucrative. Il y a bien pire dans la vie!

Il ne faut pas désespérer. Tout vient à point à qui sait attendre. Entretemps, mon imagination me torture, mon désir d’écrire est une comme une insatiable envie sexuelle qui me tenaille l’esprit jour et nuit, qui durcit mon membre cérébral et me pousse à prendre des notes, des tonnes de notes.

Bientôt, je pourrais reprendre l’écriture, la vie m’offrira cette chance exceptionnelle d’avoir une passion et de l’entretenir.

Ce n’est que partie remise. Heureusement, les manuscrits écrits dans les deux ans de productivité me permettront de publier, de soumettre et de voir mes écrits entre les mains de lecteurs. (Du moins, je l’espère)

Mon message à ceux qui liront ceci : Il ne faut jamais désespérer. Il faut apprécier ce que la vie nous réserve et en profiter au maximum, car on ne sait jamais ce qui peut nous tomber dessus le jour suivant. J’ai la chance de passer tous les jours (et nuits) avec mon fils, ce qui manque souvent aux pères trop occupés ou absents.

Restez à l’affût de mon actualité, plusieurs projets se préparent.

Bonne journée à tous!

Awen de Gaëlle Dupille

Awen - Gaelle DupilleAwen est une nouvelle qu’il ne faut pas, mais vraiment pas lire.

Pourquoi?

Parce que cette dernière risque de vous mener vers un état de confusion avancé, de bouleverser vos illusions et préconceptions au sujet de l’humanité et des apparences. Je m’explique. Awen, c’est une nouvelle de Gaëlle Dupille. La première chose que vous faites, en l’achetant, c’est de découvrir la photographie de l’auteur, une jeune femme jolie et souriante. Vous imaginez donc que ce récit sera gentil et doux. Une telle fille ne peut qu’écrire au sujet de papillons et de fleurs, d’amour millénaire et de prince charmant. Faux. Son sourire angélique n’est qu’une façade pour son âme perverse. J’ai même entendu dire que c’est d’elle que s’inspire le diable pour ses méfaits. Elle possède un doigté glacial laissant sur le clavier son empreinte maléfique. Son désir est de vous guider sur l’étroit sentier qui mène de la folie à la lucidité et elle réussit très bien.

Quoi d’autre? Vous aimez les chats? Ils sont doux, gentils et marrants? Cette histoire décrit la rencontre entre un auteur un peu moche et Awen, une charmante créature féline très particulière. Je vous entends d’ici – « Quelle bonne idée, j’adore les chats »… avec Gaëlle, ce n’est jamais aussi simple. Un chat entre les mains de mademoiselle Dupille, c’est comme une paire de ciseaux entre les mains d’un tueur en série. Faut se méfier.

Donc, si vous aimez les chats et croyez ici lire de la romance, détrompez-vous. Cette histoire, une courte nouvelle, explore deux éléments importants de la vie d’un auteur. Tout d’abord, l’imagination, la provenance du talent énigmatique. Ensuite, le prix à payer pour le succès.

Awen est une histoire sombre, tranchante et qui reflète l’imagination fertile et le talent de son auteur. À conseiller, même pour ceux qui aiment les chats.

Note : 9/10

Liens d’achats : L’Ivre-Book

Site de Gaëlle Dupille

Interview d’Atef Attia

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Aujourd’hui, je suis heureux de partager avec vous une interview de mon ami et écrivain de talent Atef Attia.

Qui est Atef Attia?

Voici comment il se décrit sur son blogue :

Pour ceux que ça intéresse, je suis né en 1980 à Tunis où je réside. Je suis titulaire d’une maîtrise en Commerce international obtenu à l’École Supérieure de Commerce de Tunis. Je dis ça comme ça, parce que pour ce que j’en ai branlé du diplôme…

J’ai commencé l’écriture (si je me souviens bien) en 2001, un peu pour déconner, avec un texte court « ‘Under Pressure »’, puis je me suis pris au jeu au fil des lignes, toujours en privilégiant la nouvelle.

Je m’oriente principalement vers le noir et le fantastique/épouvante, tout simplement parce que c’est ce que je lis le plus : Stephen King, Serge Brussolo, Clive Barker, Dean Koontz, mais aussi John Irving, John LeCarré, Michael Connelly, James Ellroy, Patricia Cornwell ou d’autres plus  »Pulp » comme Ed McBain, James Hadley Chase ou Donald Westlake.

En 2013, ma nouvelle « ‘Affliction »’ reçoit le prix littéraire du Programme des Nations Unies pour le Développement. Cette même année sort mon premier recueil de nouvelles « ‘Sang d’encre »’.

Questions et Réponses :

Q : Je vous avoue ne pas connaître grand-chose sur votre pays. Parlez-moi de la situation littéraire en Tunisie, en particulier pour les écrivains et éditeurs du genre de l’imaginaire comme le fantastique, le thriller ou l’horreur.

R: Malheureusement, ça va être rapide. Le paysage littéraire tunisien en général n’est pas bien folichon et le livre est constamment en crise. Certains ne le savent peut-être pas mais le pays sort à peine de régimes dictatoriaux successifs qui ont bâillonné la liberté d’expression, surtout lors des 23 années du régime Ben Ali. Dans une politique d’abrutissement total de la population –moins ça réfléchit, plus c’est malléable-, la culture en général et le livre en particulier ont été les premières victimes.
De plus, la Tunisie n’a jamais eu de tradition de littérature de genre malgré quelques essais sporadiques durant les années 70 (Policier, Espionnage principalement). Depuis, et à ce jours, les incursions dans ce genre sont très rares en plus de ne pas toujours être répertoriées. Autant dire que la littérature de l’imaginaire n’existe pratiquement pas en Tunisie.
Depuis la révolution en 2011 et la mort –présumée- de la censure, la société civile (et l’état dans une moindre mesure) essayent d’œuvrer pour la promotion du livre et de la littérature tunisienne.

Q : Vous êtes blogueur littéraire, écrivain, éditeur, blogueur musical, sur le cinéma, collaborateur à un magazine en ligne et je suis certain d’en oublier. Que ne faites-vous pas ? Quel est votre parcours artistique ?

R : Je suis déçu, il n’est pas fait mention de mes talents culinaires extraordinaires. Je sais faire cuire un œuf rien qu’avec de l’eau quand même. (rires)
C’est vrai que dit comme ça, ça fait beaucoup, mais dans ma tête ça fait un tout cohérent, je ne dissocie pas ces passions : le cinéma et la musique se retrouvent très souvent dans mes textes de fictions. Et quand je lis un livre, j’écoute de la musique ou regarde un film qui me plait ou qui m’interpelle, j’aime écrire dessus. Pour résumer, je dirais que tous les moyens sont bons pour m’exprimer et plus particulièrement de partager mes ressentis et mes découvertes via mes différents blogs que j’essaie d’entretenir comme je peux.

Q : Parlez-nous de votre maison d’édition. Comment est né ce projet ? Avez-vous été influencé par votre état d’écrivain ou est-ce que l’écriture est venue après l’édition ?

R : Pop Libris est une jeune maison d’édition crée par deux de mes amis –Sami Mokaddem, Souha Cherni- et moi-même en 2013 avec des moyens très restreints. Sa particularité étant qu’elle se spécialise dans la littérature populaire (d’où le Pop du nom) : Littérature de l’imaginaire, Bande dessinée… Sami, qui est écrivain lui aussi, m’avait proposé cette idée folle puisque nous avions tous deux nos manuscrits déjà prêts mais rejetés par quelques maisons d’éditions locales car ne s’inscrivaient pas dans leur lignes éditoriales. Comme je l’ai mentionné plus haut, la littérature de genre n’existe pratiquement pas en Tunisie, cela nous a donc motivés pour créer une structure qui s’en occuperait en priorité. L’écriture est venue donc avant, et c’est elle qui nous a fait nous rendre compte du vide à combler dans le paysage littéraire tunisien et à encourager d’éventuels auteurs qui se trouveraient dans notre situation. Nous en sommes à notre 5ème publication. Deux autres sont prévus d’ici la fin 2016.

Q : Votre recueil sang d’encre m’avait grandement marqué par la force des récits qu’il contient. Par l’incursion périlleuse et habile dans les méandres de l’esprit humain. Vous imposez à vos lecteurs un rythme endiablé et vous les forcez à s’interroger sur la nature humaine. D’où vient votre talent à décortiquer la démence ?

R : Merci beaucoup, ce ressenti me touche énormément. En fait, je ne sais pas si l’on peut parler de talent, je n’y pense pas particulièrement lors de l’écriture. Mais je crois qu’une constante dans mes histoires est de partir sur des personnages tout ce qu’il y a de plus normaux et de suivre l’évolution de leur mental, confronté à des événements ordinaires ou extraordinaires qui, en s’accumulant, finissent par révéler leur vraie nature. En tant que lecteur, je suis toujours fasciné par la propension de chacun d’entre nous à péter les plombs, à des degrés divers. Je pense que c’est ce qui force les lecteurs à s’interroger sur la démence :  » Comment en est-il arrivé là ? il avait l’air si… normal ».

Q : J’ai vu plusieurs photos de vous où vous souriez, l’air tout gentil. Est-ce que c’est une façade…est-ce que sous cette apparence se cache une âme troublée ? Qui est le vrai Atef?

R : Alors déjà, merci de me noter les liens de ces photos avec le nom de celui ou celle qui les a publiées. Je pensais les avoir toutes détruites, c’est inadmissible.
Plus sérieusement, je n’ai jamais adhéré au fantasme selon lequel il faut être sérieusement ravagé du ciboulot pour écrire dans le thriller ou l’épouvante. Prenez l’exemple d’un certain Sylvain Johnson (au hasard) : C’est un chic type, hyper chaleureux et drôle. Ça ne l’empêche pas de coucher sur papier des atrocités insoutenables.
En ce qui me concerne j’avoue être un type profondément positif et bien dans ma peau qui n’a jamais rien brandi de plus meurtrier envers son prochain qu’une déclaration d’impôt. Mais si vous me faites chier, je vous tuerai de la façon la plus lente et la plus sophistiquée qui soit. Sur Papier.

Q : L’Issour de « l’invisible kid » a 15 ans. Est-ce qu’il y a un peu de votre propre enfance dans ce récit ?

R : Absolument ! Je joue beaucoup sur la nostalgie dans Invisible Kid et j’y ai mis beaucoup de mes propres souvenirs. Les années collège/lycée sont une période particulière et riche en anecdotes. Qui d’entre nous n’y repense pas avec un soupir nostalgique ?
En parlant d’anecdotes, le Colonel était bien mon prof d’éducation physique et la scène avec Issour et lui s’est passée avec moi presque mot pour mot. Héléna Dearborne existe, je l’ai même épousée ! Alors oui, j’ai mis beaucoup de moi-même dans ce livre.

Q : Quelles sont vos influences littéraires ?

R : J’ai bien peur que ce ne soit pas très original.
Quelqu’un serait-il surpris si je disais Stephen King ? Je ne pense pas. Je suis cet auteur depuis mes 12 ans, quand j’ai bravé pour la première fois l’autorité parentale en forçant mon père à m’acheter Brume-paranoïa. Je suis fidèlement le bonhomme depuis et relis souvent ses romans, surtout maintenant que j’ai commencé à écrire. Tout comme le font plein d’autres auteurs, d’ailleurs.
Les deux autres marches du podium sont occupées par les indéboulonnables John le Carré et John Irving, que j’ai découvert sur le tard mais auxquels je suis très fidèle.
Pour le reste, je lis beaucoup Serge Brussolo, Grangé, Dean R Koontz, Michael Connelly, Jim Thompson. J’envie particulièrement la bibliographie de ces trois derniers.

Q : Offrez-nous le plaisir d’une anecdote étrange, particulière, énigmatique. Avez-vous déjà fait l’expérience d’un événement fantastique, surnaturel ? Ou n’y croyez-vous tout simplement pas.

Alors là je crois que je vais en décevoir quelques-uns, je ne crois pas vraiment aux phénomènes paranormaux. Je n’en ai jamais fait l’expérience de ma vie… C’est peut-être pour ça que j’écris dans le fantastique, qui sait ? I Want To Believe.

Q : Parlez-nous de votre pays. Faites découvrir la Tunisie à ceux qui ne connaissent rien de ce pays.

R :La Tunisie a la pire classe politique que l’on puisse imaginer mais dont les habitants sont des gens formidables. C’est un tout petit pays mais qui est riche de 3000 ans d’histoire. En parlant de la Tunisie, les gens pensent automatiquement à un parasol sur la plage, mais ce n’est pas que ça : les sites archéologiques sont légion, de premier ordre et très variés du fait de toutes les civilisations qui ont y ont régné, toute religions confondues. C’est aussi très diversifié du point de vie naturel puisque c’est l’un des rares pays à pouvoir offrir des plages dorées, des contrées désertiques aux dunes ensablées ainsi que de magnifiques reliefs montagneux à couper le souffle. Je ne vous parle même pas de la gastronomie, il faudra vraiment venir et découvrir par vous mêmes.

Q : Quels sont vos projets futurs ? Avez-vous déjà commencé la suite de votre roman «Invisible Kid ? »

R :Pas tout de suite non. La suite d’Invisible Kid n’est pas encore au programme, mais ça viendra.
En tant qu’auteur je suis en cours d’écriture de mon troisième livre (et deuxième recueil de nouvelles, oui, j’aime ça !). Cette fois-ci les textes verseront plus volontiers dans l’épouvante, le fantastique, la fantasy et la science fiction. Après ça, deux projets de romans (Un polar sombre et un roman d’épouvante) qui me taraudent depuis longtemps et auxquels il faudra bien s’atteler un jour. L’exercice du roman me tétanise, moi qui suis surtout habitué au format court.
Sinon, en tant qu’éditeur je planche actuellement sur les deux prochaines sorties de Pop Libris, complètement différentes l’une de l’autre.
Autant dire que je n’ai pas le temps de m’ennuyer (rires).

Merci pour votre générosité et votre temps Atef Attia !

Liens Utiles :

Critique de Sang d’encre
Critique Invisible Kid

Sites d’Atef.

http://atefmusicblog.blogspot.com/
https://www.facebook.com/StrangeMovies/timeline
http://atefattia.wix.com/auteur#! blog/c1ndg

Dossier 2 : « La Mémoire du Tueur »

Dossier « La Mémoire du Tueur » est un texte explicatif destiné à vous faire découvrir le deuxième tome de ma série.

Bienvenue dans mon univers !

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Memoire du Tueur, La - Sylvain Johnson

Dossier 2 : « La Mémoire du Tueur »

Nous sommes en décembre 2015. Le 23, pour être plus précis. Le deuxième tome du cycle « Le Tueur des Rails » voit finalement le jour. C’est un moment important dans ma carrière d’écrivain. Non seulement parce qu’il s’agit d’une autre publication, mais parce que ce roman me libère d’un énorme fardeau. Le doute. Il a fallu 5 ans pour que la suite trouve sa place dans les librairies numériques. 5 ans pour que le roman initial cesse de me hanter. 5 ans pour passer à autre chose.

La suite n’était pas prévue, du moins après l’écriture du premier. Le Tueur des rails devait être un bouquin unique, mais les choses ne se passent presque jamais comme prévu.

Sheridan, le tueur légendaire de mon histoire, devait me hanter. Les lecteurs voulaient en savoir plus, je voulais en dire plus, découvrir pourquoi ce personnage m’habitait avec autant de passion.

Au fil des jours, des nuits, naissait peu à peu la matrice de ce nouveau roman « La Mémoire du Tueur ».

Océan Park

« Quand il avait rencontré Jodie, elle venait tout juste de faire l’acquisition d’une immense résidence dans une petite ville côtière nommée Ocean Park, dans l’état du Maine. Comme son nom l’indiquait, la communauté était située tout près de l’océan et de la ville plus connue d’Old Orchard Beach. C’était une destination de vacances très populaire, que ce soit des Canadiens recherchant la plage et le soleil ou des Américains des États voisins privés de l’océan. La résidence datait du siècle dernier, avait été aménagée en hôtel avec des chambres et des suites, que la femme avait l’intention de louer. »

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Au moment de l’écriture de ce tome, je vivais sur la côte du Maine, dans une énorme auberge pour touriste fermée durant l’hiver. Nous avions loué une chambre pour la durée de la saison morte, avec vue sur l’océan. Nous y avons passé deux hivers. C’est dans cette petite communauté d’Océan Park que je commençais à écrire « La Mémoire du Tueur ». Je me questionnais sur la possibilité qu’un meurtrier maniaque et torturé par un mal millénaire puisse s’intégrer dans la société. Est-ce que Sheridan pourrait arriver à se fondre dans la foule, à s’établir quelque part et enfin vivre? Je l’imaginais, souffrant et luttant contre ses pulsions, tout cela pour avoir la chance de devenir « normal ». Une femme devait être sa motivation.

Mais comme toute belle chose, il arrive que le destin se retourne contre vous et c’est exactement ce qui s’est passé pour Sheridan. Le mal qui vit en lui, qui l’anime jour et nuit, ne pouvait être contenu. Un meurtrier sanguinaire laisse des traces sur son passage, des ennemis s’élèvent parfois dans la foule pour leur faire face. Le passé vous suit, vous hante et ne vous laisse jamais seul.

Sur la berge venteuse et enneigée de la côte du Maine, je me suis laissé inspirer par l’ambiance macabre et j’ai mis sur papier les premiers chapitres.

Sheridan ne pouvait nier sa nature, la dissimuler un moment, peut-être, mais pas éternellement. Ce fut une silhouette sombre, une masse furtive qui vint le ramener dans la réalité malsaine de son état de tueur en série.
Je vous épargnerais les détails, mais disons que la pire chose qu’un tueur puisse rencontrer est un autre tueur.

DogTown

« Le sentier s’était rapidement élargi au point d’être suffisant pour permettre le passage d’une voiture, quoiqu’il n’en vit aucune trace sur le sol de terre battue. Seules des empreintes de pas humains s’étaient fossilisées dans la boue durcie. Il comprit qu’il avait atteint sa destination quand il vit un panneau en bois artisanal qui pendait de travers à une branche. Sur la pièce boisée et usée par le temps, les intempéries, on avait peint un nom en lettres noires. DogTown »

Une grande partie de l’action, dont la fin du roman, se déroule à « Dogtown » dans l’état du Massachusetts. Un lieu réel, bien que différent de la description dans le livre. Je suis tombé sur cet endroit par hasard et son histoire m’a charmé, m’a poussé à en faire la visite. Je ne fus pas déçu, puisque l’histoire riche et mystérieuse de « Dogtown » s’est avérée parfaite pour mon récit. Imaginez un endroit colonisé dans les années 1600 sur la côte du Massachusetts, un lieu considéré idéal afin de se protéger contre les pirates et les Amérindiens. Lors du conflit de 1812 et en raison des risques de bombardements, plusieurs habitants abandonnèrent leurs résidences pour un lieu plus sécuritaire. Le résultat fut que ces maisons se virent habitées par des vagabonds et itinérants. Les femmes de soldats ou marins qui ne revinrent jamais se dotèrent de chiens pour se protéger et plusieurs de ces animaux se retrouvèrent à l’état sauvage et donnèrent à l’endroit son surnom. Parmi les derniers habitants, on en suspectait certains de pratiquer la sorcellerie. Avec un si riche passé, l’endroit fut aménagé pour devenir un petit réseau de sentiers pédestres, au paysage rocheux particulier. D’ailleurs, un des bienfaiteurs de la région installa plusieurs rochers le long des sentiers, avec des mots ou phrases gravés dans la pierre pour éveiller la curiosité.

En écrivant ce roman, je me libérais de Sheridan, tout en permettait aux lecteurs d’en apprendre plus. J’espère qu’ils aimeront cette suite qui se déroule chronologiquement avant le premier tome. C’est donc un tueur plus jeune que le lecteur découvrira.

Je vous invite à découvrir ces 3 articles intéressants sur Océan Park et surtout « Dogtown ». Malheureusement, deux de ces articles sont en anglais et celui en français est incomplet.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Dogtown
https://en.wikipedia.org/wiki/Dogtown, _Massachusetts
https://en.wikipedia.org/wiki/Ocean_Park, _Maine

Pour découvrir le premier tome de la série :

Le Tueur des Rails

Pour découvrir le deuxième tome de la série :

La Mémoire du Tueur

Le site de mon éditeur :

L’Ivre-Book

Mon petit bilan 2015

Mon petit bilan de 2015

Pour ne pas vous ennuyer, je vais être très bref dans mon petit bilan.

À la fin de 2015, j’ai trois romans de publiés. En papier au Québec et numérique dans la francophonie.

  • Le Tueur des Rails (Papier + numérique)
  • L’Esprit des Glaces (Papier)
  • La Mémoire du Tueur (Numérique)

En ce qui a trait aux nouvelles littéraires, j’ai publié une nouvelle dans Horrifique en novembre 2015, deux nouvelles dans l’anthologie des Fossoyeurs de rêves en juin 2015. J’ai aussi eu l’honneur de voir une de mes histoires publiées dans Clair/obscur en janvier 2015.

J’ai aussi l’assurance de voir 3 autres romans publiés en version numérique pour 2016.

J’ai au moins 5 nouvelles littéraires de prévues durant l’année à venir.

Quelques manuscrits sont sous étude par des éditeurs et j’espère des réponses positives.

Mais je crois vraiment que ma plus importante contribution à notre société, mon plus grand chef-d’œuvre, est la venue au monde de mon fils. J’ai découvert ce que signifiait être père, aimer sans condition.

Voilà, très bref bilan pour ne pas vous emmerder.

Bonne année et merci de me suivre.

Sylvain Johnson

Interview d’un FDR : Sylvain Johnson

Les Fossoyeurs de rêves est un collectif de jeunes auteurs francophones issus des différents horizons de l’imaginaire : Horreur, Fantastique, Science Fiction, Fantasy, Thriller…

Leurs noms : Romain Billot, Gaëlle Dupille, Sylvain Johnson & John Steelwood…



syl pic

Question 1 de John Steelwood :

Quel est ton livre favori? Et maintenant, je veux que tu écrives une chronique négative sur ce livre, mais de manière justifiée.

Réponse :

Mon livre favori? Dead Zone de Stephen King. Une chronique négative sur ce livre? J’en suis tout simplement incapable. Désolé!

 

Question 1 de Gaëlle Dupille :

Si un génie sortait soudain de la bouteille de bière que tu viens d’ouvrir et te proposait de réaliser 3 vœux en rapport avec ta carrière d’auteur, que choisirais-tu?

Réponse :

En rapport avec ma carrière? Facile. Je voudrais l’assurance que ma muse ne cesse jamais de m’inspirer et que les idées continuent à me venir. Perdre l’inspiration serait un cauchemar. Ensuite, obtenir un gros succès. Pour me faire connaître et me donner une certaine autonomie financière et littéraire. Ne plus avoir à travailler, mais écrire tous les jours, quel rêve ! Pour terminer, que mes livres deviennent des films à succès, parce que j’aime le cinéma. En passant, maintenant qu’un gros génie sale vient de sortir de ma bière, va me falloir aller en chercher une autre.

 

Question 2 de Gaëlle Dupille :

Un mafieux influent te demande d’assassiner sa femme (que tu n’as jamais vue) et en échange te garantit que grâce à ses relations haut placées dans le monde de l’édition et du cinéma, il fera très vite de toi un auteur riche, célèbre et adulé, dont tous les romans seront adaptés à l’écran un à un dès leur parution. Acceptes-tu?

Réponse :

Voici mon adresse courriel pour m’envoyer la photo de sa femme… sylvain_johnson@yahoo.com

 

Question 2 de John Steelwood :

Tu es assis sur un banc et tu vois passer : un vieux, une cougar, un chihuahua et un emballage de hotdog. Bien entendu, cette vision t’inspire pour écrire un petit texte d’une dizaine de lignes. À ton stylo

Réponse :

Johnnie venait tout juste de célébrer son anniversaire, soufflant péniblement les quatre-vingt-dix bougies du gâteau. Sa petite-fille Constance le lui avait apporté, elle était bien la seule à encore venir visiter le vieux bonhomme. La plupart des gens refusaient d’entrer dans son appartement, tout cela à cause de son chihuahua Marcel qui ne cessait pas de grimper sur les jambes de ses visiteurs pour tenter une impossible copulation. En vérité, s’il gardait son chien détestable, c’était justement pour cette raison, qu’on lui foute la paix. Depuis la mort de sa femme, vingt ans plus tôt, il préférait la solitude et son mode de vie luxueux dans son immense domaine. Il en avait hérité de sa femme, une cougar plus âgée et riche qu’il avait séduit devant un stand à hotdog de Central Park. Il l’avait rattrapé pour lui offrir un hotdog, non sans écrire son numéro de téléphone sur l’emballage, ne croyant pas nécessairement qu’elle finirait par l’appeler. Elle le fit pourtant, deux jours plus tard.

 

Question :

Imagine une mort pour chacun des autres membres des Fossoyeurs. Décris cette mort!

Réponse :

Romain

Tuer Romain est compliqué. Je dois me rendre dans le Cantal. Mon premier soir, j’ai décidé de louer une chambre dans une auberge et y passer la nuit, afin de me préparer. Première erreur. Les « habitants » du coin sont de vraies brutes, de gros bûcherons sadiques et alcooliques. J’ai vu lors de ma soirée à l’auberge des comportements vaguement humains et animaux qui auraient fait rougir Satan. Il me faudra deux douches et trois comprimés pour dormir, mon séjour dans l’auberge et le bar adjacent me donnera des cauchemars durant des mois, sinon des années.

Prendre la route dans le Cantal, c’est voyager dans un autre monde. Premièrement, mon cellulaire ne capte plus de signal. Les routes, parfois, sont davantage adaptées aux animaux ou aux piétons que ma voiture de location. C’est tout un périple qui m’emmène non loin de la résidence répertoriée du célèbre écrivain Romain Billot. Des légendes font état de touristes venus le rencontrer, quémander un autographe et qu’on n’a jamais revus. Le grand Billot de déclarer dans une entrevue télévisée quelques mois plus tôt : « Sans corps, y a pas meurtre ». Cela n’a fait que raviver l’intérêt du public pour sa légende.

Je patiente sur une colline jusqu’à la nuit tombée. L’air se rafraichit et j’entends toute sorte de bêtes sauvages. On se croirait à une autre époque, complètement abandonné dans la nature sans merci pour les visiteurs non préparés comme moi. Il est minuit lorsque je décide de bouger. Je dois m’approcher du repaire de l’écrivain sans faire de bruit. Je ne suis pas encore en vue de sa cabane qu’une puissante musique se fait entendre. On dirait bien que monsieur Billot est en train de faire une petite fête. Il n’y a aucune voiture devant chez lui, il est donc probablement seul. Je m’approche et découvre sa porte d’entrée entrebâillée. Une sorte de gros chat blanc et gris se tient non loin et me regarde, sans bouger. Je déteste les chats et pointe mon fusil de chasse en direction de cette bête dont je me méfie. La musique qui monte de la cabane devrait être suffisante pour couvrir les déflagrations de mon arme. Je pousse la porte, une forte odeur de cigare me chatouille le nez et une faible luminosité venant d’une lampe à pétrole m’offre une vue sur l’intérieur.

C’est un salon des plus ordinaires, si ce n’est la silhouette couchée sur le canapé. Un homme mince, assez grand, avec une barbiche et des tatoues sur les bras. Il porte un chandail noir et quelques bouteilles de bière vides gisent sur la moquette trouée de brûlures de cigarettes. Je m’avance dans l’antre de la bête, pointe mon canon sur l’homme couché. J’ai lu son dossier médical et sais fort bien que vingt litres d’alcool par jour sont nécessaires afin de l’empêcher de tomber dans le coma. Il est complètement inerte et j’hésite un moment. Je me sens comme Mark David Chapman, mon nom sera connu de tous et trouvera sa place dans les livres d’histoire. J’ai un frisson et fais feu à six reprises, coupant littéralement le corps de ma victime en deux. Les déflagrations sont à peine perceptibles, mais un dernier coup de feu bien placé vient fermer la gueule de Lenny qui hurle comme un malade.

Satisfait, sachant que personne n’aura l’idée de venir avant le matin, je décide de fouiller la baraque. Une idée me vient soudain… et si je volais un manuscrit du célèbre auteur? Excité, je me rends dans son bureau macabre, pour y fouiller les armoires, les tiroirs et finalement ne rien trouver qui ressemble à un manuscrit. En fait, il n’y a aucun ordinateur, aucune machine à écrire.

Un sifflement aigu me fait sursauter. Le chat blanc et gris est monté sur le corps ensanglanté de son maître et me toise avec une certaine méchanceté. Je vais devoir passer non loin de lui pour sortir. Devrais-je lui tirer dessus? Je dépose mon fusil de chasse, sans numéro de série et sans la moindre empreinte digitale, puisque je porte des gants. Je préfère ne pas l’emporter. En fait, j’espère être un jour capturé pour pouvoir profiter de ma célébrité, on dira de moi que j’ai tué une légende et mis fin à une très grande carrière.

Je sors mon revolver de son étui à ma taille. Je tiens la bête en joue tout en m’approchant. Je remarque alors quelque chose sous le canapé, entre les nombreuses bouteilles d’alcool. Une mallette? Je m’agenouille tout près du corps et trop près de la bête, pour tendre la main vers la poignée noire de la valise. Une main froide m’agrippe soudain la gorge et un cri de mort emplit mes oreilles, tandis que la carcasse mortellement blessée de l’écrivain se dresse. Assis, son visage est au même niveau que le mien et j’ai peur. Du sang coule de sa bouche, ses yeux sont d’un blanc spectral, sa peau visqueuse de sueur. Il empeste la morte et la bière. Sa poigne me blesse et je vide mon chargeur dans sa poitrine.

Il retombe sur le canapé avec un râle et des gargouillis. Son hémoglobine se répand au sol, trempant mes genoux. Je me relève aussitôt et me rue dehors, la mallette en main. Le froid et le semi-silence de la nature me font grand bien. Je m’arrête à quelques pas de la cabane, sur une table en bois muni de deux chaises. Je dépose la mallette et décide de l’ouvrir. À l’intérieur, une petite machine à écrire, ainsi qu’une pile de feuilles. Je prends la première de la pile, excité de pouvoir être le premier être humain à lire les mots d’un Billot non publié.

« … il me croyait mort. Mais comme toute légende, je suis immortel, indestructible, invulnérable. L’homme armé, cet idiot arrogant, pensait mettre fin à mon existence. En fait, au moment où il lisait les pages de mon manuscrit, je m’approchais de lui, ma tronçonneuse en main prête à lui trancher la gorge… »

Je levais les yeux au moment où le ronronnement de l’engin s’élevait dans la nuit.

 

Gaëlle

C’est avec tristesse que je dois t’éliminer. Pour ce faire, il faut être patient. Tu es très occupée. Pour t’atteindre, je dois passer par ta mère, que je trouve dans la rue un mardi matin lors de ses courses au marché. Devant le poissonnier, je l’accoste et entreprends une discussion banale sur la température, le prix des saumons et la beauté du Québec. Voilà, elle me parle de sa fille qui aime tant le Canada et je l’invite à une terrasse pour un verre. Elle accepte, je fais le beau et elle accepte de me présenter à sa fille.

Le lendemain, c’est au Coq d’Argent que nous devons nous rencontrer. J’ai engagé un acteur assez séduisant pour jouer mon rôle. Bien entendu, je n’ai pas révélé mon identité à ta mère. Tu arrives sur place, toute souriante, pas trop certaine pourquoi tu as laissé ta mère te convaincre d’accepter ce souper. Tout va bien, le mec te plaît, vous discutez, il connaît ta biographie et il parvient à garder ton intérêt en abordant des sujets présélectionnés. Vous parlez d’Écosse, de livres, de cinéma. Après le repas, il offre de te reconduire, ce que tu acceptes. Il conduit une belle voiture et te ramène chez toi avec prudence. Tu le fais entrer et j’en profite, parce qu’il déverrouillera la porte pour moi dès que tu auras le dos tourné. Des buissons, quelques minutes plus tard je fais mon chemin dans ton vestibule, puis dans la salle de bain. Vous êtes tous les deux au salon, il tente de te séduire, un verre de vin à la main. Il joue son rôle à merveille.

Dans la salle de bain, j’en profite pour préparer la drogue qui t’endormira. Suffit que l’autre en mette quelques gouttes dans ton verre. Il t’annonce qu’il a besoin de vider sa vessie et tu lui indiques où aller. Parfait. Il entre, je lui donne la drogue, mais il hésite. Il te trouve jolie, ne veux plus participer. Il menace de tout aller te dire, c’est inacceptable, je dois donc lui donner un uppercut sous le nez. Il tombe inconscient et je dépose son corps dans la douche. Changement de programme, je sors le Beretta, m’assurant qu’il est chargé, et quitte la salle de bain. Tu n’es plus dans le salon. Tu appelles de l’étage supérieur « Viens, je suis dans ma chambre. » Ta voix sensuelle et douce me donne des frissons. Les lumières sont tamisées, une petite musique monte d’une radio invisible. L’arme en main, je monte l’escalier d’un pas prudent, évitant de faire craquer les marches en bois. Un couloir m’accueille et il y a trois portes, dont une entrouverte. C’est de là que vient la musique. Ta chambre? Je m’y dirige, le doigt sur la gâchette. Je pousse très lentement la porte, découvrant les meubles, puis le lit. Une pièce de tissu rouge posée sur la lampe afin de rendre l’atmosphère plus mystérieuse. Le sol est couvert d’une épaisse moquette blanche. Je m’avance donc vers le lit. Une bouteille de champagne et deux coupes reposent sur la table de nuit. Des condoms tout à côté. Je me fige. La silhouette dans le lit remue et les couvertures qui la dissimulent se déplacent. Je crie au moment où ta mère se lève toute nue, le corps couvert de pustules mauves et muni de plusieurs tentacules. Elle émet une sorte de hurlement guttural, sa chevelure qui n’était qu’une perruque glisse de son crâne chauve. Sa bouche contient beaucoup trop de dents, de langues fourchues et ses yeux sont injectés de sang. Son énorme sexe laisse ruisseler une substance verdâtre qui perce le tissu qui brule, les couvertures s’enflamment.
Dans mon dos, j’entends ta voix.
– Quelle surprise!

Je me retourne et tu es là, toi aussi nue. Tes six bras velus et tes deux énormes têtes me fixent. Ta langue ne cesse de frapper ce qui ressemble à ton menton et de la bave coule sur tes quatre seins aux pointes dressées vers moi. Je n’ai pas le temps de réagir, que tu parles à nouveau.
– C’est le temps de manger maman!

Je hurle ensuite comme un malade, tandis que je rebrousse chemin pour quitter cette chambre à l’odeur nauséabonde. Un des tentacules de maman m’agrippe au mollet et je perds pied, mon corps à moitié dans la chambre. J’entends des bruits et un choc violent m’annonce que mon pantalon vient d’être déchiré, mon fessier soudain révélé dans toute sa laideur masculine. Un des tentacules de maman me frappe les fesses et elle hurle « Vient voir maman, j’ai faim. »

C’est là que je me reprends. Bon Dieu, j’ai une arme à feu! Je me retourne sur le dos, difficilement, d’autres tentacules m’agrippent. Le sexe de maman s’est ouvert comme la caverne d’Ali Baba et je ne serais pas surpris de voir quarante voleurs en sortir, tant l’orifice est béant. Je pointe mon arme vers un de tes visages défigurés par la rage et j’appuie sur la détente, vidant le chargeur dans ta direction. Ton hurlement m’annonce que j’ai touché la cible. Les tentacules me lâchent et c’est à votre tour de tenter de fuir. En me relevant, le fessier à l’air, je recharge rapidement l’arme. Maman s’est jetée par la fenêtre, il est trop tard pour la rattraper, mais toi tu es au sol, ton corps mortellement blessé se métamorphose en la jolie Française que je connais. Sauf que tu n’as plus de blessure, ta capacité à te régénérer est incroyable, elle ne s’applique toutefois pas lorsque tu es humaine.

Tu es inconsciente et j’en profite pour t’ouvrir la bouche et te faire avaler la fiole de cette puissante drogue que j’ai emportée. Il me faut maintenant t’emmener au plus vite dans la voiture, avant que les flics rappliquent. Les voisins ont surement déjà appelé les secours.

Tu te réveilles avec un terrible mal de tête, ligoté sur une chaise. Tu hurles, me craches dessus et menace de me faire la peau. Je reste là à t’épier en silence, une vraie furie! Lorsque tu te calmes, je peux enfin te montrer la fenêtre protégée par des barreaux. On y voit un quartier résidentiel. En fait, tu découvres avec horreur qu’il s’agit de Westmount, à Montréal. Un ami dans l’armée américaine m’a permis de transporter ton corps hors de France à bord d’un cargo militaire pour atterrir à Toronto. De là, nous avons fait une balade en voiture, j’ai malheureusement dû te redonner de la drogue à quelques reprises.

Tu paniques, cherche à te transformer, mais tu n’y arrives pas. La drogue permet aussi d’endormir la chose qui gît en toi, cette créature millénaire et féroce. Je t’indique la petite porte sur notre droite et tu l’observes un moment, sans comprendre. Elle s’ouvre enfin et une silhouette apparaît. Je me recule tandis que l’anglophone, le Canadien Anglais s’avance vers toi. Comme les bêtes de son espèce, il est vorace, dangereux et c’est aussi ta Kryptonite. L’homme te sourit et tu deviens folle, en particulier lorsqu’il se met à parler, à débiter des mensonges de son ton fielleux. Ses mots sont comme des glaives dans tes oreilles, ton cerveau, ton système nerveux incapable de tolérer cette langue machiavélique aussi habilement manipulée.

Je sors de la pièce et la referme derrière moi, pour ensuite jeter un œil dans le petit carreau vitré et pare-balle. L’anglophone continue son baratin de jaloux incompétent et tu t’effondres en pleine crise de convulsions, ton coeur incapable de maintenir le rythme. Retenue par les cordes sur la chaise, ton inertie encourage l’autre à s’approcher. L’inévitable se produit, il te touche et ce contact détestable t’enflamme comme une vulgaire poupée de chiffon imbibée d’essence. Il recule, mais il est trop tard, ta tête explose tel un melon bourré d’explosifs.

Je me détourne lorsqu’il se met à lécher le plancher couvert de ton sang, des morceaux de chairs et de tes fluides libérés.

 

John

Pas facile de tuer l’homme à la hache. Cela vaut toutefois la peine d’essayer. John est présent au Salon du livre de la ville de Fromage. Il est installé au stand numéro 12 qu’il partage avec James Patterson. Ses livres sont fièrement exhibés devant lui et quelques passants lui en achètent des copies. Je l’observe de ma cachette, derrière le stand d’une certaine maison d’édition à l’éditrice vaguement ensommeillée, l’ombre de sa massive silhouette me permet de trouver un peu de fraîcheur. James finit par prendre une pause, laissant John tout seul à sa table et c’est le moment que je choisis pour m’approcher. Il me sourit alors que j’achète son roman H2O et la suite – CO2. Je lui demande de signer pour Laurent et le supplie d’utiliser mon crayon spécialement conçu pour l’occasion. Il accepte, trop généreux et dévoué aux lecteurs. Je m’éloigne ensuite avec mes deux bouquins et me dépêche de monter dans mon auto. Il est treize heures, je n’ai pas beaucoup de temps devant moi. Je roule à toute vitesse, jetant de fréquents coups d’œil sur l’horloge dans le tableau de bord. J’espère que John ne remarque pas que j’ai laissé mon crayon sur sa table.

Le pilote monte dans son avion, un tout nouveau Mirage 2000. Il a reçu ses instructions de vol, son avion lourdement armé doit retrouver le porte-avion Charles de Gaule pour être déployé au Moyen-Orient. Il reçoit le feu vert et s’élance sur la piste, tout content de prendre quelques semaines de congé, puisque pour lui, s’éloigner de la France c’est tout un congé. Sa femme lui tombe sur les nerfs, ses enfants chialent sans arrêt et l’action lui manque. Il atteint la vitesse et l’altitude de croisière, le ciel est merveilleusement clair, d’un bleu limpide et seulement quelques nuages l’empêchent de voir le paysage sous lui.

Une alarme résonne soudain dans le cockpit. Des voyants lumineux s’animent et le pilote reste perplexe un moment. Quelque chose d’anormal se passe. L’avion change de trajectoire et il est incapable de reprendre le contrôle. Sur ses écrans, paniqué, il découvre que son radar à non seulement détecté un signal, mais que le système de lancement des missiles s’est activé. C’est un système très sophistiqué qui permet de choisir des cibles au sol, à l’aide d’un désignateur laser. Il semblerait ici qu’une cible ait été choisie, ce qui est impossible. Il tente de contacter sa base, sans succès. Prisonnier d’un appareil qui ne lui obéit plus, il entend soudain le bruit très facilement reconnaissable et troublant de missiles lancés de son avion. Devant lui, de sous ses ailes, deux engins de mort s’élancent dans le ciel français.

John termine sa journée avec une vingtaine de ventes, pas si mal. Il ramasse ses effets personnels, incluant ce très beau crayon qu’un acheteur semble avoir oublié. Il a soif, est fatigué et place sa boîte de livres invendus dans le coffre de sa voiture . Quelqu’un le hèle et il se retourne, c’est Gustave George Leduc, un « ami » écrivain qui l’appelle. Merde ! Il n’a vraiment pas envie de discuter avec ce mec-là, en particulier parce qu’il ne cesse de le draguer. Il se dépêche donc à monter dans sa voiture, verrouillant les portes, lorsqu’un son étrange attire son attention vers l’extérieur. Devant lui, dans le stationnement du parc où se tenait le Salon du livre, tout le monde s’est immobilisé et observe le ciel. John est troublé, curieux, il sort de sa voiture afin de voir ce qui se passe.

C’est là que les deux missiles, guidés par un système compliqué, répondent au marquage dont il a été la victime, mon crayon n’étant autre qu’une toute nouvelle technologie militaire comprenant une puce reliée au système de guidage de l’avion. Un des avantages de cette technologie, c’est qu’elle permet d’avoir des avions sans pilotes, les contrôles de l’appareil soumis à la directive d’éliminer la cible. C’est bon d’avoir des amis dans l’armée de l’air.

Je suis dans ma voiture immobilisé le long d’un boulevard, tenant à la main la tablette directement connectée aux caméras surveillant la place où se tenait le Salon du livre. Il ne reste plus que cendres, fumée et flammes. C’est là que je vois une silhouette sortir du néant, une silhouette humanoïde qui aurait dû être couverte de brûlures. Impression de déjà vu, je repense à Bastien quittant l’incendie de son immeuble sans la moindre brûlure. Mais qui est Bastien et pourquoi son thème astral m’intrigue-t-il à ce moment précis? Ce doit être l’émotion, puisque je cligne les yeux et découvre que ce n’était rien, le vent jouant avec la fumée pour créer des formes diverses.

John est bien mort, vive John.

 

Question de l’ami des Fossoyeurs – Atef Attia : (Merci camarade pour la question)

En tant que Nord-Américain, comment vois-tu le monde de l’édition en France? Dirais-tu que les choses sont plus faciles ou le contraire, notamment dans tout ce qui touche à la littérature de genre?

Réponse :

Merci de ta question Atef. Pour être honnête avec toi, je ne crois pas qu’il y ait tant de différences que cela. La France offre un bassin de lecteurs plus important, donc probablement plus de copies vendues lors d’un éventuel succès. Mais les maisons d’édition sont toutes débordées de manuscrits, publient souvent leurs copains ou des auteurs connus. À la suite de discussions avec plusieurs écrivains, on peut facilement comparer les deux machines éditoriales et trouver beaucoup de points communs. C’est bien entendu pour la littérature de genre, je ne saurais répondre pour toutes les littératures. Je peux toutefois affirmer avoir trouvé beaucoup d’amateurs de fantastiques en France et de très bons lecteurs.

 

Site des Fossoyeurs de Rêves

Site de l’Ivre-Book « Le Tueur des Rails »