Le 12 août j’achète un livre québécois ! Mes suggestions.

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Bonjour à tous!

Ce dimanche, c’est le festival du livre québécois… un évènement annuel d’ampleur auquel je vous invite cordialement.

Aussi appelé « Le 12 août j’achète un livre québécois »

Je suis auteur, mais aussi grand lecteur et c’est donc avec plaisir que je partage avec vous ma liste de suggestions pour ce jour particulier. Mais avant, je voudrais remercier Patrick Cazeault et Amélie Dubé qui, il y a cinq ans déjà, nous entraînaient dans cette aventure. Tout comme les auteurs qui participent en faisant la promotion de l’évènement et les librairies indépendantes du Québec.

Mais, plus important, ce sont tous les lecteurs que je remercie. Nous avons fait du chemin dans les dernières années et aujourd’hui, il est beaucoup plus facile de trouver des livres de chez nous sur les tablettes et les présentoirs. Les romans américains et autres ne prennent plus toute la place. Les librairies et autres médias d’information parlent aussi de nos romans, de leurs coups de cœur et font des critiques constructives.

Il fait bon d’apprécier et partager la littérature du Québec.

 

Voici mes suggestions (certains sont dans ma liste d’achat et d’autres déjà dans ma bibliothèque)

 

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Merci et bonne lecture!

 

 

Quoi?

Vous trouvez que j’ai de bons romans dans cette liste?

Il manque quelque chose?

Quoi donc?

Mes livres?

Ben voyons donc, je n’oserais jamais aller aussi bas pour faire de la pub.

Quel auteur digne de ce nom ferait la promotion de ses livres d’une manière aussi gratuite?

Pourquoi secouez-vous la tête avec découragement?

Bon, je suis un gentil écrivain et je vais peut-être, juste comme cela, rapidement, amicalement, distraitement, vous parler de mes livres.

Mais c’est vous qui me l’avez demandé, pas vrai?

Je suis incapable de vous dire non!

Allons-y, juste pour vous.

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C1 - Les contes interdits - Le joueur de flûte de Hamelin - final

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Le jour où j’ai pleuré

Sad_SealLes hommes ne pleurent pas. Tout le monde le sait bien. Nous avons des « allergies » passagères. Vous savez, parce qu’on nous a bourré le crâne avec des idioties au sujet de la masculinité, qu’il ne fallait pas dévoiler nos émotions, tout garder à l’intérieur et laisser cette mixture émotionnelle nous gruger comme un acide corrosif. Nous savons tous que c’est de la foutaise, et je ne parle pas ici de chialer chaque fois qu’on voit un chiot à la télévision.

Je voulais vous raconter le jour où j’ai pleuré et il est très récent. Commençons par le début, voulez-vous?

C’était il y a plus de trois ans. J’ai eu la chance de pouvoir assister à la naissance de mon fils. Procédé assez terrifiant et quelque peu médiéval, malgré la technologie et les moyens employés. Une césarienne, alors on coupe, on joue dans le sang et les fluides, tandis que ma femme est attachée comme une crucifiée, à moitié droguée. J’arrête ici pour vous dire que le courage des femmes est incroyable, de voir toute la douleur, les sacrifices, l’inconfort quotidien et les moyens physiques et émotionnels nécessaires pour donner naissance me laissent pantois. Et la plupart des hommes survivent de peine et de misère à la petite grippe saisonnière.

L’enfant surgit donc de la cavité pratiquée dans le ventre de ma femme, le docteur et les infirmières exhibent la petite chose gluante inerte qui deviendra mon meilleur ami, mon trésor et la plus belle chose qui me soit arrivée. Il ne respire toutefois pas, l’équipe au complet s’active sur le petit corps trempé et je tiens la main de ma femme, qui ne voit rien du spectacle alarmant.

Il respire enfin, il bouge, il hurle même un peu. On nous le montre, on l’approche et je peux le tenir, quelques secondes seulement. Nous l’observons avec amour, douceur, et notre vie change déjà à jamais. Les infirmières insistent pour l’emporter, on me demande de les suivre et je dois laisser ma femme sur la table, ouverte et ensanglantée. Dans un couloir, je suis deux infirmières qui transportent mon fils dans une petite boîte sur roue, à défaut de lui donner un nom. Chariot vitré? On l’emmène dans une salle remplie de poupons, où une équipe s’affaire à leur donner les soins requis. Le docteur arrive ensuite, pour me parler. Je suis déjà dans un état assez précaire. Séparé de ma femme, sans savoir ce qui lui arrive, et inquiet pour mon fils, je l’écoute. Elle m’explique que notre fils est né et qu’il n’a pas respiré durant quelques secondes, qu’il était inerte. Ils ignorent pratiquement s’il y aura des dommages au cerveau, s’il a souffert. Il aurait dû être mis au monde plusieurs heures plus tôt, ils ont attendu trop longtemps. Comme il est trop tôt pour connaître son état, elle me prévient de risques importants. Je l’écoute à peine, j’ai peur. J’ai mal. Je veux retourner voir cette petite chose larmoyante et la consoler, je veux retrouver ma femme et m’assurer qu’elle va bien.

Des docteurs se succèdent autour de mon fils. Ils viennent de villes voisines, ce sont des experts appelés à la rescousse. Ils nous apprennent qu’il n’y a aucun dommage apparent, mais qu’il faut s’attendre à des possibilités de retard chez notre fils. C’est tout ce que je retiens. On parle même du gros A, ce qui me fait atrocement peur. Autiste? L’ironie c’est que j’ai travaillé durant de longues années avec des adultes et des enfants autistiques.

Détrompez-vous, ce n’est pas le jour où j’ai pleuré. Parce que je suis un homme, je suis fort, macho et avec une massue dans la main pour aller tuer du dinosaure et nourrir ma famille. Vite, me gratter l’entrejambe en ingurgitant une bière et un steak. Hurler pour encourager mon équipe sportive préférée tout en éructant.

Non, les larmes sont venues quelques années plus tard. Notre fils a grandi. Sans aucun signe de problèmes. Il est la plus belle chose que j’ai vue de toute mon existence. Je l’aime d’un amour extraordinaire qu’il est inutile d’expliquer, il faut être parent pour le comprendre. Bien entendu, nous le surprotégeons, nous craignons des problèmes et nous faisons de notre mieux pour l’aider. Intellectuellement, il se développe à une vitesse incroyable. À trois ans, il parle anglais, français et un peu d’espagnol. Il compte en français et en anglais jusqu’à cent. Il connaît non seulement ses lettres, mais vous pouvez mettre n’importe quel livre devant lui et il se mettra à lire. Il écoute une chanson deux ou trois fois, il en connaît toutes les paroles par cœur. Souvent, je dois faire des recherches sur Google, tout en jouant avec lui, pour être en mesure de comprendre ce qu’il veut. Il me demande souvent de tracer des formes géométriques avec une craie sur le trottoir, des formes dont je n’ai jamais entendu parler et qui sont en trois dimensions, mais il les connaît. Vous comprenez qu’il est d’une intelligence incroyable. Demandez-lui de quoi est composée la planète Mars, il vous le dira.

Sauf que socialement, il a un retard. Ce n’est que tout récemment que les choses ont commencé à débloquer. Il a toujours aimé se faire câliner, toucher et n’a aucun problème à vous regarder droit dans les yeux. Les textures ont toutefois été un problème, il n’aime pas se salir et toucher des choses inconnues. Le nourrir est un défi quotidien et il a de petites habitudes à la limite de l’autisme. Nous l’avons fait examiner, il est quelque part sur le spectre de l’autisme, mais on ignore où. Les spécialistes sont convaincus que ce n’est qu’un retard et que d’ici quelques années, il n’en restera aucune trace. Mais les spécialistes se trompent parfois.

Le jour où j’ai pleuré, je me trouvais avec mon fils, assis sur le plancher du salon. On jouait avec une étable et des animaux, qui selon mon petit dormaient tous. Il est beau mon gamin, avec des yeux bleus, un sourire incroyable. Partout où nous allons, il fait sourire les gens et les voisins ne cessent de nous complimenter sur ses capacités de chants. Parce qu’il peut être 5 heure du matin ou minuit, la fenêtre de sa chambre ouverte, il peut entreprendre un récital de chants capable de faire rougir un artiste international. Bon, c’est le papa qui se vante un peu, mais j’ai le droit, non?

Nous étions donc au sol, moi avec une vache dans la main et lui un cheval qu’il faisait tourner incessamment, puisqu’il aime faire pirouetter, tourner, pivoter les objets. Il se tenait tout juste devant moi, me tournant le dos. Son petit cou et ses cheveux lui donnaient un aspect de vulnérabilité attendrissant. Comme il est petit. Il est très indépendant et je me demande toujours ce qui se passe dans sa tête. Ce jour-là, il s’est tourné et m’a regardé en disant « Papa ». Je lui ai souri et demandé ce qu’il y avait. Rien, il ne répond pas lorsqu’on lui pose des questions. C’est ainsi. Nous nous rendons plusieurs fois par semaine chez des éducateurs spécialisés afin de l’aider à communiquer.

Et ainsi, sans raison et avec toutes les raisons du monde, j’ai pleuré. De le voir ainsi si vulnérable, fragile et dépendant de nous. J’ai pleuré parce que je ne voulais pas qu’il soit prisonnier de son propre cerveau, je voudrais qu’il puisse s’exprimer et nous dire ce qu’il veut, ce qu’il ressent. Je voulais à tout prix lui donner une enfance extraordinaire, lui offrir toutes les possibilités de se développer et vivre des expériences magiques. Son retard l’empêche de vivre comme les autres enfants, il doit prendre son temps, s’adapter peu à peu à toutes nouvelles situations. J’ai ressenti l’éternelle culpabilité parentale, la peur que les choses empirent. Je pensais à ma femme, qui porteuse de l’enfant, devait souffrir davantage que moi et porter le poids de la culpabilité. Devant elle, je tente d’être rassurant, encourageant. Bref, je pleurais silencieusement après trois ans de questions, de peur, de doute, de rencontres avec des spécialistes et de cette maudite culpabilité.

C’est alors que mon garçon s’est tourné vers moi. Avec un sourire, il a répété une des phrases de son émission de télévision favorite « C’est OK mon pauvre petit phoque, tout va bien aller ».

Mon fils a toujours été là, parfois sous la surface, mais il est là.

J’ai pleuré encore plus, des allergènes supplémentaires venaient probablement de s’infiltrer dans la résidence par des failles insoupçonnées.

J’ai compris que mon fils avait raison, tout irait bien.

 

Shining à Nancy (Lorraine)

Cosmogonie d'une vie

Une exposition sur le Shining de Stanley Kubrick a lieu du 17 au 25 février 2018 au Centre Culturel Georges Pomp It Up à Nancy (CCGP – 115, Rue Gabriel-Mouilleron)

Vous y découvrirez le travail de Mr Kitsh.

Elle sera ouverte tous les jours de 14h00 à 18h00

Entrée libre

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Dossier 1 : « Le Tueur des Rails »

Sylvain JOHNSON

Dossier « Le Tueur des Rails » est un texte explicatif destiné à vous faire découvrir le premier tome de ma série. Il a déjà été publié sur un défunt site destiné à la ville de Montréal.

Bienvenue dans mon univers !

Dossier 1 : « Le Tueur des Rails »

Je suis né à l’hôpital Saint-Luc de Montréal en la glorieuse année 1973. Le film Kamouraska basée sur le Roman d’Anne Hébert prend l’affiche, Pink Floyd présente « Dark side of the moon » en concert pour la première fois au Québec et CKRL-FM devient une réalité. Elle serait la première radio communautaire francophone dans le monde.

Quelques années plus tard, ma famille déménage à Laval, puis dans le village de Sainte-Thècle en Mauricie. Toutefois, malgré ces déménagements, les nouveaux paysages à explorer, je n’ai jamais cessé d’être un Montréalais. Mon cœur était resté quelque part entre le Mont-Royal verdoyant, le…

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Un bien triste miroir !

170px-Igualtat_de_sexes.svgVous savez, je suis écrivain et on dit souvent que les artistes en général sont le reflet, le miroir de notre société. Il y a des mouvements littéraires, des thèmes cinématographiques ou des sujets qui atteignent le monde artistique par vague. Il y a quelque temps, tout tournait autour des catastrophes climatiques. On a aussi des vagues de sujets historiques, politiques. Comme si les créateurs formaient un front commun afin de présenter ce que notre société devient. C’est normal, nous sommes inondés par la télévision, les médias sociaux, les journaux et tout le reste. On nous assomme avec des histoires impossibles, des récits troublants, des nouvelles plus folles les unes que les autres.

Cela dit, je me suis questionné sur mon écriture. Sur mes sujets, mes thèmes. Si on dit que les écrivains sont les miroirs de notre société, alors je suis inquiet. Troublé, même. Pourquoi? Peut-être parce que les choses n’ont pas vraiment changés. Nous n’avons pas vraiment évolué depuis l’ère des cavernes et des hommes préhistoriques. Oui, nous avons la technologie, le savoir, la capacité de parler, d’écrire, de voyager dans l’espace, d’explorer le fond des océans, de guérir des maladies qui décimaient des civilisations. Mais honnêtement, nous sommes les mêmes. Sauf que nous avons trouvé le moyen de nous convaincre de notre avancement et de notre modernisation.

C’est une connerie. L’emballage est peut-être plus élégant, mais le contenu est le même.

Les hommes dominent, en raison de leurs salaires plus élevés, leurs positions sociales et politiques, leurs rôles qu’on met de l’avant au détriment des femmes. Nous en sommes encore à cet âge primitif où le plus fort, le plus violent pouvait choisir la meilleure femelle afin de copuler et dominer la tribu. La preuve? Il suffit de voir ce qui se passe à Hollywood, à Washington, et à peu près dans toutes les capitales des grands pays de ce monde. On retrouve des idiots pleins aux as qui s’imaginent au-dessus de la loi, qui croient sincèrement pouvoir faire ce qu’ils veulent. Et le peuple ignorant qui les idolâtre, les enrichit et leur offre la clé de leurs rêves les plus fous.

Pas besoin d’aller à Hollywood pour constater la dominance mâle et la folie de cette race qui n’a jamais évolué. Bon, je généralise, mais quand même! Je suis convaincu que la plupart des femmes qui liront ce texte, sinon toutes, pourraient raconter des histoires de harcèlements dont elles ont été victimes. Quand on s’y attarde, c’est énorme. C’est impensable, c’est complètement fou.

Pourquoi ai-je pensé à cela? En raison de mes écrits. Oui, j’écris de l’horreur, du fantastique, du polar. Dans mes récits, il y a de la violence, de la mort, des viols et des actes barbares. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à écrire sur de tels sujets, les bibliothèques et librairies débordent de romans du genre.

Si l’on devait me demander pourquoi j’écris ce genre de chose, il me serait impossible de répondre. Pourquoi ne pas pondre de beaux romans gentils et doux, des romances, des récits historiques de chevaleries?

J’en suis incapable et c’est peut-être là notre problème. Les écrivains reflètent les actions de notre civilisation. Les histoires d’horreurs ne manquent pas, je crois qu’elles nous fascinent parce qu’elles nous sont inconcevables. Comment un être humain peut-il perpétrer des actes aussi ignobles? En même temps, ces choses se déroulent au quotidien, partout dans le monde. Des actes gratuits, violents, horribles.

Plus près de nous, il faut enfin réaliser l’écart entre l’homme et la femme. Comment élever une petite fille en lui faisant comprendre que sa beauté sera une malédiction, que les hommes chercheront à la profaner, qu’elle devra vivre avec le viol, le harcèlement et la constante attention des mâles? Que lui dire si elle ne grandit pas en correspondant aux critères irréalistes d’un monde où la sexualité est dominante et où elle doit avoir l’air d’une gamine de 12 ans toute sa vie pour satisfaire les plaisirs de quelques pervers?

Je me demande souvent qui établit ces critères de beauté ?

Une chose est certaine, c’est qu’en tant qu’écrivain, je suis conscient de mon rôle. J’offre au lecteur à la fois un récit de fiction, mais aussi un reflet imparfait de notre monde. De notre race. Je ne suis pas violent, je ne ferais pas de mal à une mouche (sauf si on touche à ma famille). Écrire des horreurs ne fait pas de moi un être ignoble. Un monstre.

Une chose est certaine, et je crois que tous mes amis écrivains seront d’accord, il y a beaucoup de chemin à faire pour le respect et l’égalité des sexes. Pour que la femme puisse vivre en paix dans un monde de prédateurs.

Ce que nous pouvons faire, aujourd’hui, c’est de respecter les femmes, leur offrir notre support et, très important, ne pas rester silencieux devant le harcèlement. Ne pas fermer les yeux. La violence conjugale, le viol, l’intimidation sont des réalités bien tristes.

J’écris des histoires tristes et macabres, mais ce n’est que le reflet de ce qui me trouble, me hante, me dérange dans notre monde. Je ne m’excuserais pas pour mes textes, parce qu’ils ne sont que des écrits de fictions inspirés de notre réalité. Mais ce qui importe, ce sont nos actions dans la vraie vie, dans notre quotidien. Des gestes parfois gratuits qui blessent.

Découvrez ces quelques sites où vous pouvez obtenir de l’aide ou encore aider des personnes de votre connaissance. C’est important et essentiel.

http://lasejournelle.ca/

http://www.assistanceauxfemmes.ca/

http://www.sosviolenceconjugale.ca/

http://www.stop-violences-femmes.gouv.fr/Les-violences-conjugales.html