Cas Mille aux Éditions l’Ivre-Book.

24032756 Présentation de la nouvelle :

Camille s’apprête à tout quitter : maison, famille, amis et jusqu’à la région où il vit depuis vingt ans. Tandis que son petit frère, à qui il vient de faire ses adieux, s’est endormi dans ses larmes, le jeune homme se souvient de ce qui a motivé sa décision. En laissant son passé derrière lui, il emportera aussi son secret.

Mon commentaire: 

C’est tout à fait par hasard que je suis tombé sur cette nouvelle. Une nouvelle gratuite (bonne aubaine) qui nous est offerte depuis peu sur le site des éditions L’ivre-Book. Je connaissais Huguette Conilh pour son excellent « Apocalypse Snow » et n’avait aucune idée du sujet de ce texte. Mon attention avait été captivée par la belle couverture conçue par Vael Cat et le titre énigmatique de ce livre numérique.

Je tiens à préciser que c’est une courte nouvelle littéraire, mais comme un hors-d’œuvre qui titille vos papilles gustatives, le texte vous permet de découvrir l’écriture et l’humanité de l’auteur.

Le titre : Cas mille? Qu’est-ce que c’est? Une expérience de laboratoire, une maladie rare que contracte une personne sur mille? Un simple jeu de mots innocent? Une énigme?

C’est plus et mieux que tout cela. C’est la voix, parfois violente, brutale, honteuse, méprisante, souffrante ou encore humiliée d’un pourcentage de la population. C’est le récit humain et touchant d’un courage, d’un appel à l’aide qui ne peut vous laisser indifférent.

Ce texte n’est pas une fiction, ce n’est que la triste réalité d’un monde qui se dit civilisé, sans toutefois l’être véritablement. Où les préjugés, le racisme, l’intolérance prolifèrent sans obstacle. C’est la détermination d’un homme à faire face à ses choix.

Un beau texte, qui nous prépare à ce roman qu’Huguette sortira bientôt « Les ignobles » et qui est à surveiller.

Ma note : 8/10

Liens Utiles:

Les éditions l’Ivre-Book.

Critique d’Apocalypse Snow – Par moi-même !

Apocalypse Snow – Lune Écarlate

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Lecture de : Folie(s) 18 textes échappés de l’asile des éditions des artistes fous.

 Un recueil de nouvelles sur la folie. Voilà qui risque fort de plaire aux plus fous d’entre nous. Dieu sait qu’il y en a légions par les temps qui courent. Mais qu’est-ce que la normalité? La folie? Il m’arrive de voir en l’asile un refuge contre la vraie folie. Pas celle qui nous pousse à discuter avec un être imaginaire ou à faire des lampes avec les peaux de nos victimes. La véritable folie ne consiste pas à se nettoyer les mains 120 fois par jour, par peur immodérée des germes et microbes. Se parler et se répondre tout seul n’est peut-être pas si fou que cela. En tant qu’écrivain, ce sujet me touche particulièrement. Il m’arrive souvent de basculer d’un côté ou de l’autre de la raison, traverser la frontière qui sépare la santé mentale et la déchéance absolue, sans trop savoir ce qui est acceptable ou non.

Ce recueil nous dévoile ce qui gît en nous, ce petit quelque chose d’inquiétant qu’on oublie, qu’on repousse en croyant que ce n’est rien. Jusqu’au jour où notre monde s’écroule, notre raison bascule, et n’est plus qu’un souvenir d’une autre époque.

Plongeons donc dans la lecture et prions pour notre retour sain et sauf. Le tout agréablement accompagné d’illustrations pour chaque nouvelle.

Les nouvelles:

 Nuit blanche – Sylvie Chaussée-Hostein

Cette nouvelle est un choix judicieux pour amorcer l’anthologie. Un très bon texte, bien écrit, représentatif du thème. Une normalité fragile, qui peu à peu se détériore. C’est un voyage dans le doute qui attend le lecteur. Un parcours semé de moments de confusions, pour lentement préparer la venue d’un éclatement dangereux.

C’est un bon suspense psychologique qui m’a tout de suite captivé et dont les descriptions vivides nous font ressentir l’ambiance froide et neigeuse de cette route déserte, du danger imminent auquel le personnage fait face.

 La couleur de la folie – Éric Udéka Noël

C’est une nouvelle de folie à grande échelle. On y parle de maladies mentales, de guérisons et de dons. Mais aussi, et surtout, de couleurs. De couleurs particulières et importantes. De la venue d’un enfant pas comme les autres. C’est une histoire qui, à un moment donné, m’a fait penser à un récit sur les zombies, en particulier la scène dans le village où les deux héros sauvent le gamin. Ceci dit, ce n’est pas une mauvaise chose, l’auteur est parvenu à nous faire comprendre l’horreur du moment et la folie passagère des villageois.

La fin est remplie d’espoir, le genre d’espoir né dans la tragédie.

 Cauchemar – Maniak

Une de mes préférées. C’est une histoire déroutante, autant par son ambiance faite d’angoisse et de mystère, que par sa lente progression vers un dénouement tout comme la nouvelle, absurde et très efficace. Sans trop savoir pourquoi, le début m’a fait penser au film « Hellraiser ». On nous transporte dans l’horreur, la réalité et un mélange des deux.

 Coccinelle — Émilie Querbalec

Un récit qui s’amorce avec l’appréhension d’une mère face à son nouveau-né. Un sujet d’actualité, parce que ma femme devrait accoucher au mois de mars. Comment réagir face à cette petite chose inhumaine et rosée, qui ne ressemble qu’à une créature venue d’un autre monde? L’auteur à bien mit en place le sentiment contradictoire de la mère envers le bébé envahissant. L’intrusion des coccinelles fait chavirer la certitude. La fin nous laisse tirer nos propres conclusions, folie ou autre chose?

 Le même sang coule dans mes veines — NokomisM

La folie. Une maladie? Que dire de ceux qui se coupent et se blessent volontairement? C’est sous cet angle énigmatique et pourtant très réel que l’auteur accueille le lecteur dans son récit. Pour avoir travaillé durant plusieurs années dans le réseau de la santé mentale, je trouve la psychologie du personnage de l’adolescente problématique très bien représenté.

C’est la fascination d’un acte incompréhensible. Pourquoi souffrir volontairement? S’imposer des blessures pénibles? Le choix est-il vraiment là?

L’auteur ne s’arrête pas là. L’intrusion d’un autre personnage, le père, viendra complètement bouleverser la vie de l’adolescente et du lecteur. Le sang est un véhicule génétique très important, qu’en est-il de notre mémoire ancestrale, collective?

C’est un bon texte qui nous guide dans une direction, pour aussitôt nous faire pivoter vers une autre. Sombre et troublant.

 Marie-Calice, Missionnaire de l’extrême — Nelly Chadour

Le caractère religieux convient très bien à la folie. Il suffit de penser à tous les prophètes, visionnaires ou autres. Leurs visions ne sont-elles pas un signe de folie? Des buissons en feu? Une mer qui se sépare en deux? Un homme qui marche sur les eaux? C’est la folie religieuse des masses. J’aime bien le personnage de la sœur, prise avec ses propres démons, sa bonne volonté d’accomplir une mission.

 La nuit où le sommeil s’en est allé — Cyril Amourette

Une très bonne nouvelle littéraire. Possiblement une des meilleures du recueil. C’est une histoire de fin du monde étrange, sans explication, sombre et catastrophique. C’est troublant à souhait. L’auteur n’utilise que peu d’artifice, se repose sur les mots. Le texte est bien structuré, nous passons d’une étape à l’autre de la folie, dans le corridor de la déchéance humaine. Narration très efficace, très forte.

 Entre-deux — Louise Revoyre

Ce texte ne m’a pas interpellé. Est-ce qu’on y parle bien de folie? Ou simplement de manque de maturité? La manière dont la nouvelle a été écrite porte à confusion. Je ne doute pas des bonnes intentions de l’auteur ou de son talent.

 La convenance de la bête — Leith

C’est un récit bien insolite. On débute avec un peu d’humour, on y ajoute la fin du monde et une situation déconcertante. L’histoire m’a fait penser un moment aux épisodes de l’incroyable Hulk. On y parle aussi d’extraterrestres. C’est un mélange hétéroclite de genres et d’idées qui me font demander : est-ce bien de la folie? Cet homme détient-il vraiment les pouvoirs dont il fait mention? Où est-ce une désillusion de maniaque? Le texte ne nous donne aucun indice et me laisse perplexe, même à la toute fin.

 C15 — Herr Mad Doktor

Intéressant voyage journalistique. Folie? Certainement, puisque l’humanité possède indéniablement une nature démente, une folie décuplée par une libération complète. Très bonne ambiance, décor et descriptions d’un texte solide. Le mystère sur le moment des 15 minutes est maintenu jusqu’à la fin, même si on devine rapidement en quoi cela consiste. Références amusantes (Tom Cruise et Obama). Beauté poétique des descriptions (Central Ashstray park).

 Jour gras — Southeast Jones

Petit conte prévisible. Se lit bien. Amusant, par son sujet et son traitement.

 Le maitre des bélugas — Julie Conseil

C’est un questionnement sur l’ordre établi des choses. On y fait un parallèle entre la folie et le rêve. Les rêves éveillés qui nous obsèdent, qui se mélangent à nos désirs, à notre réalité individuelle. Un voyage dans l’absurdité des rêves, des comportements, et croyances énigmatiques pour le commun des mortels. Bon texte qui nous fait réfléchir. Qui sont les vrais fous? Agréable lecture.

 Maman de Martin — Morgane Caussarieu

Bonne nouvelle littéraire. Relations tordues et complexes entre une mère et son fils. Comment élever un enfant en souffrant de problèmes mentaux? En étant aux prises avec une folie incurable? Le récit est un adroit mélange de surnaturels, de pouvoirs intriguant. Texte bien écrit, avec d’intenses descriptions. Histoire tordue à souhait.

 Europe — Pénélope Labruyère

Sans aucun doute ma préférée de l’anthologie. C’est une bonne nouvelle de science-fiction, au traitement très cinématographique. Le texte est solide, le langage nous charme d’une justesse surprenante. Un récit d’action, d’espoirs, et avant tout une tragédie humaine à grande échelle. Folie et solitude se mélangent avec douceur, s’insinuent dans l’esprit du lecteur pour nous captiver. La psychologie et la profondeur des émotions des personnages sont bien travaillées. Ce texte serait un super point de départ pour un roman.

 Sanguines — Adam Roy

Un autre très bon texte du recueil. Un texte dur, percutant. On y parle de la folie d’un espoir qui se perd dans l’ultime folie. Un récit sombre, apocalyptique, fataliste. Un de ceux qui nous font tourner les pages (même pour un livre numérique)

 Transfert — Julien Heylbroeck

Ce texte humoristique se transforme en un dialogue déroutant. C’est une conversation avec un patient d’asile. Un questionnement qui se retourne contre celui qui ose troubler la paix d’un patient désigné comme fou. L’auteur parvient à détourner l’attention, pour nous faire demander : qui est le vrai fou?

Une étude sur la démence qui s’insinue dans le langage, dans un dialogue qui dérape. Un petit brio.

 Les soupirs du voyeur — Corvis

C’est un autre de mes textes préférés de l’anthologie. Attention, pas seulement en raison du sexe. Parce que ce récit est sans la moindre censure. C’est très érotique, vivide, et bourré de fantaisie les plus tordues les unes que les autres. Corvis serait-il un écrivain d’histoires érotiques? Il en a surement le talent. Il transforme le sujet de l’impuissance sexuelle en un récit à faire pâlir d’embarras « 50 Shades of Grey ». Nous plongeons ici dans le plaisir coupable, honteux et jouissif. Il emmène le lecteur à se questionner. Qu’est-ce que la réalité? Un récit malade et sombre à souhait. Violent.

 Le décalage — Ludovic Klein

Un texte bien choisi pour terminer ce bouquin. Un récit touchant et d’une beauté poétique. Une histoire qui traite de la tristesse de ce pénible moment qu’on appelle l’après. Bon choix éditorial pour conclure.

 Ma note : 7.5/10

Les éditions des artistes fous

 

Lecture de l’entretien d’Antoine Gaïani

Qu’est-ce que l’entretien? J’ai réfléchi à la meilleure façon de décrire cette histoire et en suis venu à une seule et unique conclusion.

Il faut vraiment lire ce texte particulier pour en saisir toute l’essence. Il est plus facile de dire ce qu’il n’est pas. N’est pas ennuyeux, n’est pas rempli de clichés, n’est prévisible, n’est pas psychologiquement vide de toute substance.

En lisant l’entretien, je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait. La couverture simple m’intriguait. Jamais dans votre existence vous n’aurez la chance, le plaisir, l’horreur ou la folie de vivre un tel entretien d’embauche. Dieu vous en préserve!

L’auteur nous fait découvrir deux individus tout à fait différents l’un de l’autre. Notre personnage principal Laurel Montant qui aurait grandement besoin d’un peu de thérapie, peut-être même de médicaments pour se normaliser. Sauf si on considère la normalité comme une chose malsaine. Il est un homme complexe, avec des manies étranges, des pensées, et une vie que peu de gens voudraient. Nous le retrouvons face à Peter Prite, un embaucheur insistant, confiant, puissant, et tout à fait déconcertant.

C’est donc au travers d’une réunion intime, déstabilisante et absurde que vous pourrez suivre le dialogue de nos deux gaillards. Dans un bureau au sommet d’une tour, où surgit l’imprévisible.

Une profondeur psychologique remarquable, un texte bien écrit, une tournure des évènements intrigante et une fin à l’image du texte. Percutante et complexe. Tout est dans les détails.

C’est donc un petit texte de 90 pages que j’ai adoré, rafraichissant par son traitement de sujets divers, un petit brio littéraire qui m’a surpris. J’ai évité de donner des détails sur ce qui se passe dans ce bureau, parce que c’est à vous de le découvrir.

Faites seulement attention en refermant la porte, qui sait si vous pourrez la rouvrir à nouveau.

Ma note : 9/10

Pour vous procurez le livre numérique : Éditions HOuse MaDe Of DaWn

Lecture d’Abysses de Christophe Rosati

couv-cthulhu-c-rosatiDe quoi avez-vous peur? De vous retrouver dans l’espace, loin de votre terre natale? Sur une planète inconnue? Dans un submersible trop étroit, vulnérable, et prisonnier d’un cercueil d’acier? Au fin fond d’un océan abyssal sombre peuplé de choses étranges et dangereuses?

Pourquoi pas tout cela en même temps? Tant qu’à vous faire peur, aussi bien mettre toutes vos frayeurs ensemble, non?

C’est ce que Christophe Rosati a décidé de faire dans cette nouvelle littéraire de l’excellente et surprenante série « Calling Cthulhu ». Cette série regroupe de nombreux textes d’auteurs talentueux qui se veulent un hommage à la mythologie créée par H.P. Lovecraft.

Dans cette nouvelle, nous suivons les déboires d’un commandant de navire en pleine mission sur une planète étrangère avec son équipage. C’est au travers de son journal de bord tenu au fil des évènements dramatiques que nous le suivons. J’ai trouvé l’écriture et le ton de narration employé par l’auteur très efficace. On se laisse non seulement embarquer, mais c’est une très belle aventure, souvent angoissante, dans un monde visuellement très beau et très bien imaginé. Une science-fiction solide et une odyssée qui fait réfléchir sur la stupidité et l’avidité de notre race bien petite face à l’immensité de notre univers.

Avec son imagerie intense, le texte nous conduit vers une fin tragique et gigantesque.

Une très bonne nouvelle pour une série qui m’a déjà séduite.

Ma note : 9/10

Lecture de Stephen King -11/22/63

22-11-63

 

11/22/63

Lire un roman de Stephen King est toujours un plaisir et une aventure. Parce qu’on parle rarement d’un petit roman de cent vingt pages. Dans le cas présent, c’est un livre de près de huit cents pages, une brique.

Il est inutile de présenter Stephen King, de parler de son talent, de son influence sur les jeunes et moins jeunes auteurs de notre génération. Certains le considèrent comme un maître, d’autres croient qu’il est sur le déclin. Il ne fait pas l’unanimité et c’est tout à fait normal. Les goûts sont dans la nature.

Personnellement, j’ai rarement eu de déceptions en lisant une de ses œuvres. Même avec les plus distantes de son genre de prédilection. Ses écrits sur le monde carcéral ou le baseball font, à mon avis, partie de son cheminement littéraire et valent la peine d’être découverts.

Dès mes premières lectures de King, j’ai été grandement impressionné par la variété de ses personnages, leurs profondeurs psychologiques et leur étrangeté. Je me disais que cet écrivain avait un talent fou pour créer des êtres loufoques, compliqués, énigmatiques et parfois complètement fous. Je lui concède le talent d’être en mesure de les détailler sur papier, sauf que je suis prêt à faire une déclaration concernant ses personnages. Je sais, certains vont vouloir me lapider pour oser dire une chose aussi horrible. J’ai vécu au Maine durant une dizaine d’années. J’ai habité dans un petit village de moins de mille habitants, au centre de l’État, et j’ai côtoyé la population locale. Mon impression de ces gens ou du moins de certains d’entre eux est qu’ils sont tout droit sortis d’un roman du King. Ce qui me pousse à dire ceci : Stephen a le mérite de faire vivre ses personnages, mais il ne fait que s’inspirer des gens auprès desquels il vit. Je me souviens d’un après-midi d’hiver où un des habitants du village m’a accosté dans l’unique « Supermarket » de la localité. Bien entendu, on entre dans la banque et l’épicerie avec son fusil sur l’épaule, sa veste à carreaux et son long couteau à la taille. Le visage tordu d’une grimace, non rasé et avec son haleine d’oignon, il m’annonce qu’il va gravir le clocher de la petite église pour s’y placer, dans l’attente de voir le facteur et lui tirer dessus avec son fusil de chasse. Les autres, qui nous écoutent, hochent la tête, comme s’ils détestaient aussi le facteur, qu’ils comprenaient sa haine pour cet individu. Je lui demande timidement pourquoi il veut faire une chose pareille. Il me regarde comme si j’étais un imbécile, parce que pour lui, cela doit sauter aux yeux. « Mais parce qu’il est de la C.I.A ». Je ne sais pas s’il est passé aux actes, mais il se promenait avec un fusil et des munitions.

Bon, je m’égare, mais durant mes années de vies dans cet état, j’ai appris à ne plus être surpris par les gens aux comportements étranges.

Revenons au roman, voulez-vous?

Le voyage dans le temps. Un sujet largement exploité, que j’ai même utilisé dans un de mes manuscrits soumis à des éditeurs. C’est un sujet exploité, souvent surexploité. Comment s’en tire King avec 11/22/63? Je crois qu’il s’en tire très bien. Parce qu’il ne se contente pas d’utiliser le sujet, mais il lui donne une forme bien spéciale, le modifie selon ses conditions. Son voyage dans le temps est peut-être un prétexte pour nous faire découvrir les années cinquante et soixante d’un pays en pleins changements. Mais on s’y laisse facilement guider, en raison de sa facilité à nous raconter la vie des autres. Ses détails sont juteux. Il a basé son récit sur une importante recherche historique qu’il avouera à la fin du livre. Une véritable équipe l’a aidé à rendre les éléments de son récit le plus vraisemblable possible.

Ce qui diffère dans son voyage dans le temps et qui m’a bien plut, ce sont les conditions qui entourent ledit voyage. Il ne suffit pas de programmer une date, d’y aller et de revenir une fois sa besogne accomplie. Cela serait trop facile dans le monde du King de Bangor. C’est un processus avec des conditions mises en place par des forces obscures et impénétrables. L’erreur de plusieurs écrivains est souvent d’en dévoiler trop, de passer tout leur temps à vous expliquer le pourquoi et le comment des choses, au détriment du voyage lui-même. J’aime prendre l’avion, mais je n’ai aucun intérêt à connaitre les lois de la physique qui rendent possible une telle chose. J’accepte toutefois de monter dans l’avion.

Son voyage dans le temps se veut aussi un prétexte pour explorer un mythe culturel et historique le plus ancré dans la conscience collective d’une nation narcissique. L’assassinat du président Kennedy. Un jour ou l’autre, nous avons tous lu, visionné un film, entendu des histoires au sujet de cet évènement. Il existe des films de fictions, d’archives et des millions de théories du complot qui circulent sur Internet. C’est un sujet riche qui me fascine personnellement. King n’a pas la prétention de nous dévoiler qui est le vrai tueur, qui est à l’origine des supposés complots. Il est toutefois intéressant de suivre les déboires du personnage principal dans une Amérique sur le point de sombrer dans l’horreur.

Imaginez le pouvoir de sauver Kennedy de la mort? De réécrire les livres d’histoires? Mais être obligé de vivre dans ce passé durant cinq ans. C’est ce qui arrive ici au personnage principal. Une suite d’aventure, de déboire qui se perdent parfois sur un sentier qui semble nous éloigner du sujet principal. Mais avec King, les forces de l’ombre veillent à nous ramener constamment du bon côté de la folie.

Certaines des critiques que j’ai lues au sujet de ce livre, une fois la lecture terminée, déplorent deux choses. La raison du voyage dans le temps, la motivation du personnage principal est mis en doute. Un copain propriétaire d’un restaurant à hamburger qui convainc un banal enseignant de risquer sa vie pour sauver un président mort dans une autre époque. Est-ce que c’est plausible? Je dis, quant à moi, que oui. Les raisons que les gens ont de poser des gestes ne tiennent pas toujours de la pure logique. Il l’a fait pour son ami, mais je crois qu’il le fait davantage pour lui. Il a ses raisons.

L’autre critique que j’ai lue à maintes reprises concerne cette propension du King à nous renvoyer vers des lieux ou personnage de ses autres romans. Dans ce livre, l’auteur à intégrer la ville de Derry et ses mystères dans l’action. Est-ce un problème? Je n’en vois pas. Il a créé tout un univers et son talent lui donne tous les droits dans ses propres livres. J’aime bien les références aux autres personnages ou lieux précédemment explorés. C’est le monde qu’il a enfanté.

Outre sa mission principale, le personnage se fait une vie toute coquette dans les États-Unis de l’époque, dans un monde de guerre froide et de soda à cinq sous. Au début, j’étais perplexe, puisque nous nous éloignons de notre objectif principal. Mais le talent de l’auteur m’a captivé, m’a gardé prisonnier dans ce récit au cœur du récit. Les forces obscures y sont toujours, ajoutons un peu de romance et de tragédie, vivre dans l’univers du King est parfois périlleux. Ce roman m’a quelque peu fait penser à « Bag of Bones », sans trop savoir pourquoi.

Je crois que l’unique point négatif (si c’est vraiment négatif) est la fin qui n’en finissait plus. On croit le roman terminé et un autre chapitre s’ajoute. Puis un autre. Mais à la fin, on se rend compte qu’il n’a fait que nous éclairer, répondre à nos questions. Aurais-je préféré une fin plus brusque? Peut-être.

C’est un très bon roman. Une lecture à conseiller pour ceux qui aiment Stephen King. Ceux qui aiment l’histoire et n’ont pas peur d’une petite escapade amoureuse. Les forces du passées, l’étrangeté de la vie, et de la mort font partie de ce roman intense.

Ma note 9/10

ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn

la-compassion-de-cthulhuLa compassion de Cthulhu de Yves-Daniel Crouzet

Résumé :

Les plus sinistres horreurs ne se cachent pas toujours au cœur de grandes et froides métropoles. Certaines îles soi-disant paradisiaques dissimulent des abominations bien plus grandes encore! Bienvenu en Martinique, l’île de toutes les terreurs!

Commentaire :

Voici une très bonne nouvelle du genre. De quel genre me demandez-vous? De ce genre morbide qu’aurait grandement apprécié l’ami Lovecraft. Nous plongeons ici dans le mythe de cette chose tentaculaire exceptionnelle qui n’a plus besoin de présentation.
Faut pas se tromper, ce n’est pas la « Petite maison dans la prairie » que vous lirez ici, mais plutôt un récit de survie, sombre à souhait, et qui nous est présenté avec une narration captivante. L’auteur utilise un langage agréable, des descriptions très vives.
Préparez-vous à faire face à une créature hideuse et légendaire. Ce récit s’ajoute aux autres textes de cette magnifique série qui ne cesse de m’étonner.

Ma note : 8.5/10

Boutique pour l’achat de cette nouvelle.

 

couv-cthulhu-d-miserqueLe candidat de David Miserque

Résumé :

Tous les sondages le donnaient gagnant à la Présidentielle avant que la maladie ne brise son ascension. Mais quand on a soif de pouvoir et plus rien à perdre, on est prêt à tous les sacrifices. Une mystérieuse clinique, la clinique Howard, prend contact et lui promet un traitement miraculeux.
Il en ressortira guéri et… légèrement changé.

Commentaire :

Voici une très solide nouvelle fantastique. Le style utilisé est convaincant, réaliste et troublant. Je me suis laissé pris au piège de cette histoire, par son intrigue de candidat présidentielle. Par les rouages politiques d’un grand homme, on s’enfonce dans les méandres de la folie née d’un espoir fou. L’espoir de changer l’impossible destin.
Je retrouve ici une bonne utilisation du mythe de notre cher Lovecraft, incorporer des idées anciennes dans un texte moderne sans échouer est un bon succès littéraire.
La fin est non seulement inquiétante, elle vous fera réfléchir aux prochaines élections.

Ma note : 8.5/10

Boutique L’ivre-Book pour l’achat.

 

indexLe magicien de Gaëlle Dupille.

Résumé :

Londres, 1933. Mortimer Sax n’a qu’un rêve : égaler le talent de son idole, le magicien Simon Balthazar, mystérieusement disparu 10 ans plus tôt. Aussi, lorsque Mortimer décroche un emploi de prestidigitateur au cabaret le Craft, où le Grand Balthazar connut la gloire, il pense avoir atteint son ambition. Sa rencontre avec Nina, la belle acrobate, une incroyable découverte dans l’un des murs de la chambre qu’il occupe au Craft et l’apparition régulière d’une effrayante créature dans ses rêves vont lentement changer sa vie. Peu à peu, le magicien timide et complexé va prendre de l’assurance et connaître la gloire avant de sombrer peu à peu dans la folie.

Commentaire :

J’ai vraisemblablement gardé le meilleur pour la fin. Gaëlle Dupille nous présente ici un texte qui démontre très bien qu’elle gagne en assurance et en maturité littéraire à chaque nouveau texte. Ses mots justes, ses expressions solides et son talent à toute épreuve nous préparent à un récit des plus troublantes.
L’ambiance dans laquelle nous sommes conviés, au début du siècle, est très bien rendue et il ne faut pas négliger les descriptions étonnamment précises. C’est tout un tableau qu’on nous dresse, ma question est de savoir si l’auteur a voyagé dans le temps afin d’y recueillir les détails savoureux de l’époque.
L’intrigue est fidèle au thème de la collection, c’est notre ami aux multiples tentacules qui viendra nous visiter, avec une familiarité qui vous surprendra. La montée du suspense vous forcera à poursuivre votre lecture et nous remercions Gaëlle de ne pas en avoir fait une brique de 1000 pages. Trop d’enfants auraient été négligés, des maris délaissés, des femmes esseulées au profit de la lecture enivrante.
Le magicien est une histoire d’amour, de regret, de convoitise, d’oubli et un drame humain percutant.

Ma note : 9/10

Pour faire l’achat de la nouvelle.

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Chroniques de l’Armageddon par J.L Bourne tome 1

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Un autre livre de zombies. Parfait comme lecture juste avant l’Halloween. Quoi de mieux que des morts vivants et de la violence pour célébrer cette grande fête commerciale qui rend les dentistes et les vendeurs de cochonneries sucrées, tout comme ceux de costumes ridicules, juste un peu plus riche !

Résumé :

« Mes chers concitoyens, j’ai le regret de vous annoncer qu’en dépit de tous nos efforts, les mesures de confinement mises en œuvre n’ont pas permis d’enrayer l’épidémie. Essayez de conserver votre calme. D’après les rapports, cette maladie se transmet par morsure ou griffure profonde d’un individu infecté. Les personnes contaminées décèdent rapidement, mais se relèvent dans l’heure et partent à la recherche d’humains. Puisse Dieu nous venir en aide. » Vous tenez entre les mains le journal de l’un des derniers rescapés l’apocalypse zombie. Que ces quelques notes vous viennent en aide si vous aussi avez le malheur de faire partie des survivants… »

Commentaire :

C’est un livre acheté il y a bien longtemps et que j’avais oublié dans les tréfonds obscurs de ma tablette très bien alimentée. C’est une traduction. En fait, c’est très facile de s’en rendre compte, puisque certaines de ces traductions sont douteuses et des expressions qui auraient mérité qu’on s’y attarde un peu laissent à désirer. En plus, on dirait que les Français acceptent des termes anglais plus facilement que les Québécois. En plus de fautes d’orthographe que j’ai remarquées, moi l’homme aux millions de fautes qui plaide coupable et accepte d’être lapidé sur la place publique.

Le journal est écrit avec simplicité, soit on a voulu nous convaincre qu’il ne fut pas écrit par un écrivain, mais plutôt par le personnage principal ou c’est son style d’écriture très simpliste.

Le survivant est un militaire confronté à un holocauste de zombies affamés qui grognent et qui bavent, qui errent partout à la recherche de nourriture humaine à dévorer. Rien de nouveau sous le soleil, ou presque. J’ai toutefois été suffisamment captivé pour en terminer la lecture. Je crois que l’élément plus militaire de l’action, puisque le héros principal et l’écrivain sont des soldats, nous permet de dévier quelque peu du récit classique. On y retrouve toutefois la panoplie des éléments habituels du genre.

C’est néanmoins une lecture que je conseille, en particulier, pour ceux qui aiment les zombies et je sais très bien que vous êtes là, quelque part à espérer une fin du monde similaire pour pouvoir tester vos capacités de survie.

Ma note 7.5/10

En plus, j’ai aussi les suites qu’il va falloir un jour lire!

Liens utile:

L’éditeur de Chroniques de l’Armageddon : Panini Books France.

Lecture : Le Monde de la Terre Creuse – 1 – Svastika

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 L’auteur :

Alain Paris est un écrivain français. Il commence à publier des romans dans plusieurs genres dans les années 80, en particulier la science-fiction, la fantasy et le roman historique. Il a écrit une dizaine de romans de SF avec Jean-Pierre Fontana. Il est connu pour avoir écrit de 1988 à 1991 une série uchronique de dix volumes, Le Monde des terres creuses (Svastika, Seigneurs des runes,…). Il a aussi écrit une série de fantasy, des romans historiques et des scénarios de bande dessinée.

 Résumé :

Le Reich a 799 ans. Pour célébrer les fêtes du huitième centenaire, les principaux seigneurs et junkers de l’empire se rendent à l’Obersalzberg. Des délégations des royaumes qui se partagent la Terre avec le Reich sont également invitées à cette cérémonie. C’est un long voyage pour le Graf Ulrich von Hagen, maître du Domaine de Voroniklovo, son fils Arno et sa suite. Un voyage attrayant et tranquille qui se déroulera dans une ambiance de fête. Malheureusement, une fois sur place, les évènements ne se dérouleront pas comme prévus…

Profitez de cette réédition numérique du Monde de la Terre Creuse d’Alain Paris pour vous plonger dans cet univers de fantasy uchronique fascinant.

 Ce que j’en pense :

Alain Paris nous entraine dans un monde post-apocalyptique où des éléments d’un passé révolu et d’un présent redéfini se mélangent. Plusieurs décennies se sont écoulées depuis une attaque nucléaire d’envergure, la population mondiale s’est peu à peu renouvelée. Les humains de cette époque vivent à mi-chemin entre une société médiévale d’agriculture et des parcelles timides du modernisme dont nous sommes aujourd’hui les prisonniers.

L’auteur ne perd pas de temps, il nous plonge rapidement dans le contexte de son monde fantaisiste sans trop de dépaysement. En fait, il ne manque pas de nous instruire au fil des pages sur les coutumes et croyances des personnages. Son écriture est simple, mais très efficace et elle parvient à nous faire oublier les noms imprononçables de certains lieux et personnages.

J’ai beaucoup apprécié la place laissée dans l’histoire à l’aspect politique, diplomatique et social de cette société à saveur féodale.

Le roman m’a captivé du début à la fin, par la suite d’actions et d’intrigues impliquant les protagonistes du récit, une trame de complots et de paranoïas. L’auteur nous surprend avec l’intrusion d’une véritable bombe dramatique dans son histoire, des scènes bien écrites et qui permettent au lecteur de s’abreuver du malaise des personnages, de ressentir leurs souffrances.

Il ne reste plus qu’à attendre la suite de ce qui se présente comme une véritable épopée historique, futuriste et fantaisiste. Le but ultime de cette première partie est réussi, soit nous forcer à vouloir poursuivre l’aventure.

Ma note : 8/10

 

Site de l’éditeur : L’ivre-Book.

 

Lecture de Skintrade de George R.R Martin.

Résumé :

Il fut un temps où cette ville était au centre du monde. Un temps où sa puissance se nourrissait du sang et du fer. Mais aujourd’hui elle n’est plus que rouille et elle attend la ruine. C’est un territoire parfait pour Willie Flambeaux et Randi Wade. Lui est agent de recouvrement, elle, détective. Mais lorsqu’une série de meurtres particulièrement atroces ensanglante cette ville qu’ils croyaient si bien connaitre, ce n’est plus dans le labyrinthe des rues qu’ils auront à mener l’enquête, mais dans les recoins les plus sombres de leurs propres passés. Là où se cachent leurs plus grandes peurs.

 Ce que j’en pense :

Je vais faire une déclaration-choc : je n’ai jamais visionné le moindre épisode du trône de fer. Il faut avouer que les bandes-annonces entrevues, les commentaires et critiques lues sont pour la plupart élogieuses. C’est aussi mon premier George R.R Martin. Il y a un début à tout, non?

Skintrade est un court roman. Une histoire qui se veut un mélange de fantaisie et de policier, de fantastique. On y retrouve une détective privée qui accepte une affaire douteuse d’un copain assez louche lui-même. Cette nouvelle affaire dont elle hérite, bien malgré elle, fera ressurgir des éléments presque oubliés de son passé. Le personnage féminin principal n’échappe aucunement à l’éternelle rengaine de la détective privée qui refuse de vendre son intégrité pour devenir policière, qui préfère broyer du noir dans la solitude de son état mental douteux.

Son père, bien des années auparavant, fut tué en service. Elle ne s’en est jamais remise.

C’est une histoire bourrée de cliché, où on nous révèle trop rapidement l’identité de cette chose énigmatique qui tue les gens. L’effet est celui d’un ballon qu’on dégonfle, toute intensité et curiosité s’en trouvent ainsi réduite.

Vraiment pas ma meilleure lecture des derniers mois. La fin est abrupte, donne l’impression de laisser trop de choses en suspens, à moins que cela soit le but énigmatique de l’auteur. Je me permettrais alors de demander pourquoi ?

J’ai toutefois aimé parcourir le dossier Martin qui vient avec le texte, ce qui nous permet de mieux faire la connaisse de l’écrivain et de son parcours littéraire.

Je lui donne une note de 6.5/10 et cela m’attriste, en particulier lorsque je dois le faire pour un écrivain de sa trempe.

Site de l’éditeur francophone

Lecture de « Malhorne — Le trait d’union des mondes » de Jérôme Camut.

Malhorne - Le trait d'union des mondes.

Présentation :

J’aime bien les romans de Jérôme Camut et de Nathalie Hug. C’était toutefois ma première expérience de l’écriture de Camut en solo. « Malhorne – le trait d’union des mondes » est le premier tome d’une série qui compte 4 différents volumes.

« Il vient de la nuit des temps. Il a franchi la frontière qui sépare la vie de la mort. Et, aujourd’hui, le moment de la révélation est venu. Tout commence lorsque l’ethnologue Franklin Adamov découvre, au fin fond de l’Amazonie, une statue représentant un homme assis armé d’une épée. L’homme est de type européen, l’objet date du XVe siècle, et sur la garde de l’épée est inscrit un mot. “Malhorne”. C’est impossible… Pourtant, ce n’est que le premier indice. En effet, peu après, Franklin est contacté par une fondation appartenant à un riche financier, qui lui offre des moyens illimités pour résoudre cette énigme. Car le mystère s’épaissit : on a repéré une deuxième statue, absolument identique, à l’autre bout du monde… Qui se cache derrière ces monuments? Qui a laissé ces signes, et pourquoi? Alors débute une traque haletante, une quête initiatique à travers l’Histoire, les cultures et les religions du monde entier, dont l’enjeu est rien moins que l’immortalité »

Ce que j’en pense :

Je suis tombé sous le charme de Malhorne, une aventure extraordinaire et une suite d’énigmes mystérieuses. Le lecteur est transporté durant le récit à différentes époques de l’histoire, pour découvrir des personnages intéressants et très bien développés.

Avec sa plume d’expérience, son imagination riche en imagerie et son habileté à nous décrire les lieux visités, c’est tout un pan de l’histoire humaine que nous découvrons. L’aspect tragique d’une vie d’immortel fut exploité à maintes reprises, il suffit de penser à « Highlander », « Entretien avec un vampire » et plusieurs autres films ou livres. Mais avec Malhorne, l’auteur parvient à ajouter un vent de fraicheur à ce thème qui frôle la malédiction. Il suffit d’imaginer une immortalité qui nécessite un changement de corps et qui nécessite une suite de morts inévitables. On nous nourrit des éléments de la vie de Malhorne, de son histoire, et cela au compte-goutte à travers les chapitres, ce qui est une formule gagnante pour garder le lecteur en haleine.

C’est un roman que j’ai eu bien du mal à mettre de côté, bien qu’il soit plus volumineux que les livres que j’ai eu l’habitude de lire récemment. C’est un projet ambitieux et qui mérite d’être découvert.

Jérome Camut doit plaider coupable, coupable de me forcer à lire les autres tomes, parce que je veux savoir ce qui va arriver, qui est vraiment Malhorne, et comment tout cela va se terminer. Les thèmes du récit sont tout aussi nombreux que les vies du personnage principal. Morts, deuils, immortalité, amour, tragédie, espoir… une liste sans fin.

Un gros 9/10, sans réticence.

Citation :

« Quand ça m’est tombé dessus, j’étais un salopard. Les vies ne m’ont pas épargné. Je suis revenu dans des peaux pas toujours ragoûtantes. J’ai été un assassin, un violeur. J’ai abandonné presque toutes mes familles, sans aucune espèce de remords… Je suis resté longtemps un salopard. Allez savoir, d’ailleurs, si je n’en conserve pas quelques traces. »

Page 535

Lien utiles:

Site officiel de Jérôme Camut.