Interview d’Atef Attia

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Aujourd’hui, je suis heureux de partager avec vous une interview de mon ami et écrivain de talent Atef Attia.

Qui est Atef Attia?

Voici comment il se décrit sur son blogue :

Pour ceux que ça intéresse, je suis né en 1980 à Tunis où je réside. Je suis titulaire d’une maîtrise en Commerce international obtenu à l’École Supérieure de Commerce de Tunis. Je dis ça comme ça, parce que pour ce que j’en ai branlé du diplôme…

J’ai commencé l’écriture (si je me souviens bien) en 2001, un peu pour déconner, avec un texte court « ‘Under Pressure »’, puis je me suis pris au jeu au fil des lignes, toujours en privilégiant la nouvelle.

Je m’oriente principalement vers le noir et le fantastique/épouvante, tout simplement parce que c’est ce que je lis le plus : Stephen King, Serge Brussolo, Clive Barker, Dean Koontz, mais aussi John Irving, John LeCarré, Michael Connelly, James Ellroy, Patricia Cornwell ou d’autres plus  »Pulp » comme Ed McBain, James Hadley Chase ou Donald Westlake.

En 2013, ma nouvelle « ‘Affliction »’ reçoit le prix littéraire du Programme des Nations Unies pour le Développement. Cette même année sort mon premier recueil de nouvelles « ‘Sang d’encre »’.

Questions et Réponses :

Q : Je vous avoue ne pas connaître grand-chose sur votre pays. Parlez-moi de la situation littéraire en Tunisie, en particulier pour les écrivains et éditeurs du genre de l’imaginaire comme le fantastique, le thriller ou l’horreur.

R: Malheureusement, ça va être rapide. Le paysage littéraire tunisien en général n’est pas bien folichon et le livre est constamment en crise. Certains ne le savent peut-être pas mais le pays sort à peine de régimes dictatoriaux successifs qui ont bâillonné la liberté d’expression, surtout lors des 23 années du régime Ben Ali. Dans une politique d’abrutissement total de la population –moins ça réfléchit, plus c’est malléable-, la culture en général et le livre en particulier ont été les premières victimes.
De plus, la Tunisie n’a jamais eu de tradition de littérature de genre malgré quelques essais sporadiques durant les années 70 (Policier, Espionnage principalement). Depuis, et à ce jours, les incursions dans ce genre sont très rares en plus de ne pas toujours être répertoriées. Autant dire que la littérature de l’imaginaire n’existe pratiquement pas en Tunisie.
Depuis la révolution en 2011 et la mort –présumée- de la censure, la société civile (et l’état dans une moindre mesure) essayent d’œuvrer pour la promotion du livre et de la littérature tunisienne.

Q : Vous êtes blogueur littéraire, écrivain, éditeur, blogueur musical, sur le cinéma, collaborateur à un magazine en ligne et je suis certain d’en oublier. Que ne faites-vous pas ? Quel est votre parcours artistique ?

R : Je suis déçu, il n’est pas fait mention de mes talents culinaires extraordinaires. Je sais faire cuire un œuf rien qu’avec de l’eau quand même. (rires)
C’est vrai que dit comme ça, ça fait beaucoup, mais dans ma tête ça fait un tout cohérent, je ne dissocie pas ces passions : le cinéma et la musique se retrouvent très souvent dans mes textes de fictions. Et quand je lis un livre, j’écoute de la musique ou regarde un film qui me plait ou qui m’interpelle, j’aime écrire dessus. Pour résumer, je dirais que tous les moyens sont bons pour m’exprimer et plus particulièrement de partager mes ressentis et mes découvertes via mes différents blogs que j’essaie d’entretenir comme je peux.

Q : Parlez-nous de votre maison d’édition. Comment est né ce projet ? Avez-vous été influencé par votre état d’écrivain ou est-ce que l’écriture est venue après l’édition ?

R : Pop Libris est une jeune maison d’édition crée par deux de mes amis –Sami Mokaddem, Souha Cherni- et moi-même en 2013 avec des moyens très restreints. Sa particularité étant qu’elle se spécialise dans la littérature populaire (d’où le Pop du nom) : Littérature de l’imaginaire, Bande dessinée… Sami, qui est écrivain lui aussi, m’avait proposé cette idée folle puisque nous avions tous deux nos manuscrits déjà prêts mais rejetés par quelques maisons d’éditions locales car ne s’inscrivaient pas dans leur lignes éditoriales. Comme je l’ai mentionné plus haut, la littérature de genre n’existe pratiquement pas en Tunisie, cela nous a donc motivés pour créer une structure qui s’en occuperait en priorité. L’écriture est venue donc avant, et c’est elle qui nous a fait nous rendre compte du vide à combler dans le paysage littéraire tunisien et à encourager d’éventuels auteurs qui se trouveraient dans notre situation. Nous en sommes à notre 5ème publication. Deux autres sont prévus d’ici la fin 2016.

Q : Votre recueil sang d’encre m’avait grandement marqué par la force des récits qu’il contient. Par l’incursion périlleuse et habile dans les méandres de l’esprit humain. Vous imposez à vos lecteurs un rythme endiablé et vous les forcez à s’interroger sur la nature humaine. D’où vient votre talent à décortiquer la démence ?

R : Merci beaucoup, ce ressenti me touche énormément. En fait, je ne sais pas si l’on peut parler de talent, je n’y pense pas particulièrement lors de l’écriture. Mais je crois qu’une constante dans mes histoires est de partir sur des personnages tout ce qu’il y a de plus normaux et de suivre l’évolution de leur mental, confronté à des événements ordinaires ou extraordinaires qui, en s’accumulant, finissent par révéler leur vraie nature. En tant que lecteur, je suis toujours fasciné par la propension de chacun d’entre nous à péter les plombs, à des degrés divers. Je pense que c’est ce qui force les lecteurs à s’interroger sur la démence :  » Comment en est-il arrivé là ? il avait l’air si… normal ».

Q : J’ai vu plusieurs photos de vous où vous souriez, l’air tout gentil. Est-ce que c’est une façade…est-ce que sous cette apparence se cache une âme troublée ? Qui est le vrai Atef?

R : Alors déjà, merci de me noter les liens de ces photos avec le nom de celui ou celle qui les a publiées. Je pensais les avoir toutes détruites, c’est inadmissible.
Plus sérieusement, je n’ai jamais adhéré au fantasme selon lequel il faut être sérieusement ravagé du ciboulot pour écrire dans le thriller ou l’épouvante. Prenez l’exemple d’un certain Sylvain Johnson (au hasard) : C’est un chic type, hyper chaleureux et drôle. Ça ne l’empêche pas de coucher sur papier des atrocités insoutenables.
En ce qui me concerne j’avoue être un type profondément positif et bien dans ma peau qui n’a jamais rien brandi de plus meurtrier envers son prochain qu’une déclaration d’impôt. Mais si vous me faites chier, je vous tuerai de la façon la plus lente et la plus sophistiquée qui soit. Sur Papier.

Q : L’Issour de « l’invisible kid » a 15 ans. Est-ce qu’il y a un peu de votre propre enfance dans ce récit ?

R : Absolument ! Je joue beaucoup sur la nostalgie dans Invisible Kid et j’y ai mis beaucoup de mes propres souvenirs. Les années collège/lycée sont une période particulière et riche en anecdotes. Qui d’entre nous n’y repense pas avec un soupir nostalgique ?
En parlant d’anecdotes, le Colonel était bien mon prof d’éducation physique et la scène avec Issour et lui s’est passée avec moi presque mot pour mot. Héléna Dearborne existe, je l’ai même épousée ! Alors oui, j’ai mis beaucoup de moi-même dans ce livre.

Q : Quelles sont vos influences littéraires ?

R : J’ai bien peur que ce ne soit pas très original.
Quelqu’un serait-il surpris si je disais Stephen King ? Je ne pense pas. Je suis cet auteur depuis mes 12 ans, quand j’ai bravé pour la première fois l’autorité parentale en forçant mon père à m’acheter Brume-paranoïa. Je suis fidèlement le bonhomme depuis et relis souvent ses romans, surtout maintenant que j’ai commencé à écrire. Tout comme le font plein d’autres auteurs, d’ailleurs.
Les deux autres marches du podium sont occupées par les indéboulonnables John le Carré et John Irving, que j’ai découvert sur le tard mais auxquels je suis très fidèle.
Pour le reste, je lis beaucoup Serge Brussolo, Grangé, Dean R Koontz, Michael Connelly, Jim Thompson. J’envie particulièrement la bibliographie de ces trois derniers.

Q : Offrez-nous le plaisir d’une anecdote étrange, particulière, énigmatique. Avez-vous déjà fait l’expérience d’un événement fantastique, surnaturel ? Ou n’y croyez-vous tout simplement pas.

Alors là je crois que je vais en décevoir quelques-uns, je ne crois pas vraiment aux phénomènes paranormaux. Je n’en ai jamais fait l’expérience de ma vie… C’est peut-être pour ça que j’écris dans le fantastique, qui sait ? I Want To Believe.

Q : Parlez-nous de votre pays. Faites découvrir la Tunisie à ceux qui ne connaissent rien de ce pays.

R :La Tunisie a la pire classe politique que l’on puisse imaginer mais dont les habitants sont des gens formidables. C’est un tout petit pays mais qui est riche de 3000 ans d’histoire. En parlant de la Tunisie, les gens pensent automatiquement à un parasol sur la plage, mais ce n’est pas que ça : les sites archéologiques sont légion, de premier ordre et très variés du fait de toutes les civilisations qui ont y ont régné, toute religions confondues. C’est aussi très diversifié du point de vie naturel puisque c’est l’un des rares pays à pouvoir offrir des plages dorées, des contrées désertiques aux dunes ensablées ainsi que de magnifiques reliefs montagneux à couper le souffle. Je ne vous parle même pas de la gastronomie, il faudra vraiment venir et découvrir par vous mêmes.

Q : Quels sont vos projets futurs ? Avez-vous déjà commencé la suite de votre roman «Invisible Kid ? »

R :Pas tout de suite non. La suite d’Invisible Kid n’est pas encore au programme, mais ça viendra.
En tant qu’auteur je suis en cours d’écriture de mon troisième livre (et deuxième recueil de nouvelles, oui, j’aime ça !). Cette fois-ci les textes verseront plus volontiers dans l’épouvante, le fantastique, la fantasy et la science fiction. Après ça, deux projets de romans (Un polar sombre et un roman d’épouvante) qui me taraudent depuis longtemps et auxquels il faudra bien s’atteler un jour. L’exercice du roman me tétanise, moi qui suis surtout habitué au format court.
Sinon, en tant qu’éditeur je planche actuellement sur les deux prochaines sorties de Pop Libris, complètement différentes l’une de l’autre.
Autant dire que je n’ai pas le temps de m’ennuyer (rires).

Merci pour votre générosité et votre temps Atef Attia !

Liens Utiles :

Critique de Sang d’encre
Critique Invisible Kid

Sites d’Atef.

http://atefmusicblog.blogspot.com/
https://www.facebook.com/StrangeMovies/timeline
http://atefattia.wix.com/auteur#! blog/c1ndg

Interview d’un FDR : Sylvain Johnson

Les Fossoyeurs de rêves est un collectif de jeunes auteurs francophones issus des différents horizons de l’imaginaire : Horreur, Fantastique, Science Fiction, Fantasy, Thriller…

Leurs noms : Romain Billot, Gaëlle Dupille, Sylvain Johnson & John Steelwood…



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Question 1 de John Steelwood :

Quel est ton livre favori? Et maintenant, je veux que tu écrives une chronique négative sur ce livre, mais de manière justifiée.

Réponse :

Mon livre favori? Dead Zone de Stephen King. Une chronique négative sur ce livre? J’en suis tout simplement incapable. Désolé!

 

Question 1 de Gaëlle Dupille :

Si un génie sortait soudain de la bouteille de bière que tu viens d’ouvrir et te proposait de réaliser 3 vœux en rapport avec ta carrière d’auteur, que choisirais-tu?

Réponse :

En rapport avec ma carrière? Facile. Je voudrais l’assurance que ma muse ne cesse jamais de m’inspirer et que les idées continuent à me venir. Perdre l’inspiration serait un cauchemar. Ensuite, obtenir un gros succès. Pour me faire connaître et me donner une certaine autonomie financière et littéraire. Ne plus avoir à travailler, mais écrire tous les jours, quel rêve ! Pour terminer, que mes livres deviennent des films à succès, parce que j’aime le cinéma. En passant, maintenant qu’un gros génie sale vient de sortir de ma bière, va me falloir aller en chercher une autre.

 

Question 2 de Gaëlle Dupille :

Un mafieux influent te demande d’assassiner sa femme (que tu n’as jamais vue) et en échange te garantit que grâce à ses relations haut placées dans le monde de l’édition et du cinéma, il fera très vite de toi un auteur riche, célèbre et adulé, dont tous les romans seront adaptés à l’écran un à un dès leur parution. Acceptes-tu?

Réponse :

Voici mon adresse courriel pour m’envoyer la photo de sa femme… sylvain_johnson@yahoo.com

 

Question 2 de John Steelwood :

Tu es assis sur un banc et tu vois passer : un vieux, une cougar, un chihuahua et un emballage de hotdog. Bien entendu, cette vision t’inspire pour écrire un petit texte d’une dizaine de lignes. À ton stylo

Réponse :

Johnnie venait tout juste de célébrer son anniversaire, soufflant péniblement les quatre-vingt-dix bougies du gâteau. Sa petite-fille Constance le lui avait apporté, elle était bien la seule à encore venir visiter le vieux bonhomme. La plupart des gens refusaient d’entrer dans son appartement, tout cela à cause de son chihuahua Marcel qui ne cessait pas de grimper sur les jambes de ses visiteurs pour tenter une impossible copulation. En vérité, s’il gardait son chien détestable, c’était justement pour cette raison, qu’on lui foute la paix. Depuis la mort de sa femme, vingt ans plus tôt, il préférait la solitude et son mode de vie luxueux dans son immense domaine. Il en avait hérité de sa femme, une cougar plus âgée et riche qu’il avait séduit devant un stand à hotdog de Central Park. Il l’avait rattrapé pour lui offrir un hotdog, non sans écrire son numéro de téléphone sur l’emballage, ne croyant pas nécessairement qu’elle finirait par l’appeler. Elle le fit pourtant, deux jours plus tard.

 

Question :

Imagine une mort pour chacun des autres membres des Fossoyeurs. Décris cette mort!

Réponse :

Romain

Tuer Romain est compliqué. Je dois me rendre dans le Cantal. Mon premier soir, j’ai décidé de louer une chambre dans une auberge et y passer la nuit, afin de me préparer. Première erreur. Les « habitants » du coin sont de vraies brutes, de gros bûcherons sadiques et alcooliques. J’ai vu lors de ma soirée à l’auberge des comportements vaguement humains et animaux qui auraient fait rougir Satan. Il me faudra deux douches et trois comprimés pour dormir, mon séjour dans l’auberge et le bar adjacent me donnera des cauchemars durant des mois, sinon des années.

Prendre la route dans le Cantal, c’est voyager dans un autre monde. Premièrement, mon cellulaire ne capte plus de signal. Les routes, parfois, sont davantage adaptées aux animaux ou aux piétons que ma voiture de location. C’est tout un périple qui m’emmène non loin de la résidence répertoriée du célèbre écrivain Romain Billot. Des légendes font état de touristes venus le rencontrer, quémander un autographe et qu’on n’a jamais revus. Le grand Billot de déclarer dans une entrevue télévisée quelques mois plus tôt : « Sans corps, y a pas meurtre ». Cela n’a fait que raviver l’intérêt du public pour sa légende.

Je patiente sur une colline jusqu’à la nuit tombée. L’air se rafraichit et j’entends toute sorte de bêtes sauvages. On se croirait à une autre époque, complètement abandonné dans la nature sans merci pour les visiteurs non préparés comme moi. Il est minuit lorsque je décide de bouger. Je dois m’approcher du repaire de l’écrivain sans faire de bruit. Je ne suis pas encore en vue de sa cabane qu’une puissante musique se fait entendre. On dirait bien que monsieur Billot est en train de faire une petite fête. Il n’y a aucune voiture devant chez lui, il est donc probablement seul. Je m’approche et découvre sa porte d’entrée entrebâillée. Une sorte de gros chat blanc et gris se tient non loin et me regarde, sans bouger. Je déteste les chats et pointe mon fusil de chasse en direction de cette bête dont je me méfie. La musique qui monte de la cabane devrait être suffisante pour couvrir les déflagrations de mon arme. Je pousse la porte, une forte odeur de cigare me chatouille le nez et une faible luminosité venant d’une lampe à pétrole m’offre une vue sur l’intérieur.

C’est un salon des plus ordinaires, si ce n’est la silhouette couchée sur le canapé. Un homme mince, assez grand, avec une barbiche et des tatoues sur les bras. Il porte un chandail noir et quelques bouteilles de bière vides gisent sur la moquette trouée de brûlures de cigarettes. Je m’avance dans l’antre de la bête, pointe mon canon sur l’homme couché. J’ai lu son dossier médical et sais fort bien que vingt litres d’alcool par jour sont nécessaires afin de l’empêcher de tomber dans le coma. Il est complètement inerte et j’hésite un moment. Je me sens comme Mark David Chapman, mon nom sera connu de tous et trouvera sa place dans les livres d’histoire. J’ai un frisson et fais feu à six reprises, coupant littéralement le corps de ma victime en deux. Les déflagrations sont à peine perceptibles, mais un dernier coup de feu bien placé vient fermer la gueule de Lenny qui hurle comme un malade.

Satisfait, sachant que personne n’aura l’idée de venir avant le matin, je décide de fouiller la baraque. Une idée me vient soudain… et si je volais un manuscrit du célèbre auteur? Excité, je me rends dans son bureau macabre, pour y fouiller les armoires, les tiroirs et finalement ne rien trouver qui ressemble à un manuscrit. En fait, il n’y a aucun ordinateur, aucune machine à écrire.

Un sifflement aigu me fait sursauter. Le chat blanc et gris est monté sur le corps ensanglanté de son maître et me toise avec une certaine méchanceté. Je vais devoir passer non loin de lui pour sortir. Devrais-je lui tirer dessus? Je dépose mon fusil de chasse, sans numéro de série et sans la moindre empreinte digitale, puisque je porte des gants. Je préfère ne pas l’emporter. En fait, j’espère être un jour capturé pour pouvoir profiter de ma célébrité, on dira de moi que j’ai tué une légende et mis fin à une très grande carrière.

Je sors mon revolver de son étui à ma taille. Je tiens la bête en joue tout en m’approchant. Je remarque alors quelque chose sous le canapé, entre les nombreuses bouteilles d’alcool. Une mallette? Je m’agenouille tout près du corps et trop près de la bête, pour tendre la main vers la poignée noire de la valise. Une main froide m’agrippe soudain la gorge et un cri de mort emplit mes oreilles, tandis que la carcasse mortellement blessée de l’écrivain se dresse. Assis, son visage est au même niveau que le mien et j’ai peur. Du sang coule de sa bouche, ses yeux sont d’un blanc spectral, sa peau visqueuse de sueur. Il empeste la morte et la bière. Sa poigne me blesse et je vide mon chargeur dans sa poitrine.

Il retombe sur le canapé avec un râle et des gargouillis. Son hémoglobine se répand au sol, trempant mes genoux. Je me relève aussitôt et me rue dehors, la mallette en main. Le froid et le semi-silence de la nature me font grand bien. Je m’arrête à quelques pas de la cabane, sur une table en bois muni de deux chaises. Je dépose la mallette et décide de l’ouvrir. À l’intérieur, une petite machine à écrire, ainsi qu’une pile de feuilles. Je prends la première de la pile, excité de pouvoir être le premier être humain à lire les mots d’un Billot non publié.

« … il me croyait mort. Mais comme toute légende, je suis immortel, indestructible, invulnérable. L’homme armé, cet idiot arrogant, pensait mettre fin à mon existence. En fait, au moment où il lisait les pages de mon manuscrit, je m’approchais de lui, ma tronçonneuse en main prête à lui trancher la gorge… »

Je levais les yeux au moment où le ronronnement de l’engin s’élevait dans la nuit.

 

Gaëlle

C’est avec tristesse que je dois t’éliminer. Pour ce faire, il faut être patient. Tu es très occupée. Pour t’atteindre, je dois passer par ta mère, que je trouve dans la rue un mardi matin lors de ses courses au marché. Devant le poissonnier, je l’accoste et entreprends une discussion banale sur la température, le prix des saumons et la beauté du Québec. Voilà, elle me parle de sa fille qui aime tant le Canada et je l’invite à une terrasse pour un verre. Elle accepte, je fais le beau et elle accepte de me présenter à sa fille.

Le lendemain, c’est au Coq d’Argent que nous devons nous rencontrer. J’ai engagé un acteur assez séduisant pour jouer mon rôle. Bien entendu, je n’ai pas révélé mon identité à ta mère. Tu arrives sur place, toute souriante, pas trop certaine pourquoi tu as laissé ta mère te convaincre d’accepter ce souper. Tout va bien, le mec te plaît, vous discutez, il connaît ta biographie et il parvient à garder ton intérêt en abordant des sujets présélectionnés. Vous parlez d’Écosse, de livres, de cinéma. Après le repas, il offre de te reconduire, ce que tu acceptes. Il conduit une belle voiture et te ramène chez toi avec prudence. Tu le fais entrer et j’en profite, parce qu’il déverrouillera la porte pour moi dès que tu auras le dos tourné. Des buissons, quelques minutes plus tard je fais mon chemin dans ton vestibule, puis dans la salle de bain. Vous êtes tous les deux au salon, il tente de te séduire, un verre de vin à la main. Il joue son rôle à merveille.

Dans la salle de bain, j’en profite pour préparer la drogue qui t’endormira. Suffit que l’autre en mette quelques gouttes dans ton verre. Il t’annonce qu’il a besoin de vider sa vessie et tu lui indiques où aller. Parfait. Il entre, je lui donne la drogue, mais il hésite. Il te trouve jolie, ne veux plus participer. Il menace de tout aller te dire, c’est inacceptable, je dois donc lui donner un uppercut sous le nez. Il tombe inconscient et je dépose son corps dans la douche. Changement de programme, je sors le Beretta, m’assurant qu’il est chargé, et quitte la salle de bain. Tu n’es plus dans le salon. Tu appelles de l’étage supérieur « Viens, je suis dans ma chambre. » Ta voix sensuelle et douce me donne des frissons. Les lumières sont tamisées, une petite musique monte d’une radio invisible. L’arme en main, je monte l’escalier d’un pas prudent, évitant de faire craquer les marches en bois. Un couloir m’accueille et il y a trois portes, dont une entrouverte. C’est de là que vient la musique. Ta chambre? Je m’y dirige, le doigt sur la gâchette. Je pousse très lentement la porte, découvrant les meubles, puis le lit. Une pièce de tissu rouge posée sur la lampe afin de rendre l’atmosphère plus mystérieuse. Le sol est couvert d’une épaisse moquette blanche. Je m’avance donc vers le lit. Une bouteille de champagne et deux coupes reposent sur la table de nuit. Des condoms tout à côté. Je me fige. La silhouette dans le lit remue et les couvertures qui la dissimulent se déplacent. Je crie au moment où ta mère se lève toute nue, le corps couvert de pustules mauves et muni de plusieurs tentacules. Elle émet une sorte de hurlement guttural, sa chevelure qui n’était qu’une perruque glisse de son crâne chauve. Sa bouche contient beaucoup trop de dents, de langues fourchues et ses yeux sont injectés de sang. Son énorme sexe laisse ruisseler une substance verdâtre qui perce le tissu qui brule, les couvertures s’enflamment.
Dans mon dos, j’entends ta voix.
– Quelle surprise!

Je me retourne et tu es là, toi aussi nue. Tes six bras velus et tes deux énormes têtes me fixent. Ta langue ne cesse de frapper ce qui ressemble à ton menton et de la bave coule sur tes quatre seins aux pointes dressées vers moi. Je n’ai pas le temps de réagir, que tu parles à nouveau.
– C’est le temps de manger maman!

Je hurle ensuite comme un malade, tandis que je rebrousse chemin pour quitter cette chambre à l’odeur nauséabonde. Un des tentacules de maman m’agrippe au mollet et je perds pied, mon corps à moitié dans la chambre. J’entends des bruits et un choc violent m’annonce que mon pantalon vient d’être déchiré, mon fessier soudain révélé dans toute sa laideur masculine. Un des tentacules de maman me frappe les fesses et elle hurle « Vient voir maman, j’ai faim. »

C’est là que je me reprends. Bon Dieu, j’ai une arme à feu! Je me retourne sur le dos, difficilement, d’autres tentacules m’agrippent. Le sexe de maman s’est ouvert comme la caverne d’Ali Baba et je ne serais pas surpris de voir quarante voleurs en sortir, tant l’orifice est béant. Je pointe mon arme vers un de tes visages défigurés par la rage et j’appuie sur la détente, vidant le chargeur dans ta direction. Ton hurlement m’annonce que j’ai touché la cible. Les tentacules me lâchent et c’est à votre tour de tenter de fuir. En me relevant, le fessier à l’air, je recharge rapidement l’arme. Maman s’est jetée par la fenêtre, il est trop tard pour la rattraper, mais toi tu es au sol, ton corps mortellement blessé se métamorphose en la jolie Française que je connais. Sauf que tu n’as plus de blessure, ta capacité à te régénérer est incroyable, elle ne s’applique toutefois pas lorsque tu es humaine.

Tu es inconsciente et j’en profite pour t’ouvrir la bouche et te faire avaler la fiole de cette puissante drogue que j’ai emportée. Il me faut maintenant t’emmener au plus vite dans la voiture, avant que les flics rappliquent. Les voisins ont surement déjà appelé les secours.

Tu te réveilles avec un terrible mal de tête, ligoté sur une chaise. Tu hurles, me craches dessus et menace de me faire la peau. Je reste là à t’épier en silence, une vraie furie! Lorsque tu te calmes, je peux enfin te montrer la fenêtre protégée par des barreaux. On y voit un quartier résidentiel. En fait, tu découvres avec horreur qu’il s’agit de Westmount, à Montréal. Un ami dans l’armée américaine m’a permis de transporter ton corps hors de France à bord d’un cargo militaire pour atterrir à Toronto. De là, nous avons fait une balade en voiture, j’ai malheureusement dû te redonner de la drogue à quelques reprises.

Tu paniques, cherche à te transformer, mais tu n’y arrives pas. La drogue permet aussi d’endormir la chose qui gît en toi, cette créature millénaire et féroce. Je t’indique la petite porte sur notre droite et tu l’observes un moment, sans comprendre. Elle s’ouvre enfin et une silhouette apparaît. Je me recule tandis que l’anglophone, le Canadien Anglais s’avance vers toi. Comme les bêtes de son espèce, il est vorace, dangereux et c’est aussi ta Kryptonite. L’homme te sourit et tu deviens folle, en particulier lorsqu’il se met à parler, à débiter des mensonges de son ton fielleux. Ses mots sont comme des glaives dans tes oreilles, ton cerveau, ton système nerveux incapable de tolérer cette langue machiavélique aussi habilement manipulée.

Je sors de la pièce et la referme derrière moi, pour ensuite jeter un œil dans le petit carreau vitré et pare-balle. L’anglophone continue son baratin de jaloux incompétent et tu t’effondres en pleine crise de convulsions, ton coeur incapable de maintenir le rythme. Retenue par les cordes sur la chaise, ton inertie encourage l’autre à s’approcher. L’inévitable se produit, il te touche et ce contact détestable t’enflamme comme une vulgaire poupée de chiffon imbibée d’essence. Il recule, mais il est trop tard, ta tête explose tel un melon bourré d’explosifs.

Je me détourne lorsqu’il se met à lécher le plancher couvert de ton sang, des morceaux de chairs et de tes fluides libérés.

 

John

Pas facile de tuer l’homme à la hache. Cela vaut toutefois la peine d’essayer. John est présent au Salon du livre de la ville de Fromage. Il est installé au stand numéro 12 qu’il partage avec James Patterson. Ses livres sont fièrement exhibés devant lui et quelques passants lui en achètent des copies. Je l’observe de ma cachette, derrière le stand d’une certaine maison d’édition à l’éditrice vaguement ensommeillée, l’ombre de sa massive silhouette me permet de trouver un peu de fraîcheur. James finit par prendre une pause, laissant John tout seul à sa table et c’est le moment que je choisis pour m’approcher. Il me sourit alors que j’achète son roman H2O et la suite – CO2. Je lui demande de signer pour Laurent et le supplie d’utiliser mon crayon spécialement conçu pour l’occasion. Il accepte, trop généreux et dévoué aux lecteurs. Je m’éloigne ensuite avec mes deux bouquins et me dépêche de monter dans mon auto. Il est treize heures, je n’ai pas beaucoup de temps devant moi. Je roule à toute vitesse, jetant de fréquents coups d’œil sur l’horloge dans le tableau de bord. J’espère que John ne remarque pas que j’ai laissé mon crayon sur sa table.

Le pilote monte dans son avion, un tout nouveau Mirage 2000. Il a reçu ses instructions de vol, son avion lourdement armé doit retrouver le porte-avion Charles de Gaule pour être déployé au Moyen-Orient. Il reçoit le feu vert et s’élance sur la piste, tout content de prendre quelques semaines de congé, puisque pour lui, s’éloigner de la France c’est tout un congé. Sa femme lui tombe sur les nerfs, ses enfants chialent sans arrêt et l’action lui manque. Il atteint la vitesse et l’altitude de croisière, le ciel est merveilleusement clair, d’un bleu limpide et seulement quelques nuages l’empêchent de voir le paysage sous lui.

Une alarme résonne soudain dans le cockpit. Des voyants lumineux s’animent et le pilote reste perplexe un moment. Quelque chose d’anormal se passe. L’avion change de trajectoire et il est incapable de reprendre le contrôle. Sur ses écrans, paniqué, il découvre que son radar à non seulement détecté un signal, mais que le système de lancement des missiles s’est activé. C’est un système très sophistiqué qui permet de choisir des cibles au sol, à l’aide d’un désignateur laser. Il semblerait ici qu’une cible ait été choisie, ce qui est impossible. Il tente de contacter sa base, sans succès. Prisonnier d’un appareil qui ne lui obéit plus, il entend soudain le bruit très facilement reconnaissable et troublant de missiles lancés de son avion. Devant lui, de sous ses ailes, deux engins de mort s’élancent dans le ciel français.

John termine sa journée avec une vingtaine de ventes, pas si mal. Il ramasse ses effets personnels, incluant ce très beau crayon qu’un acheteur semble avoir oublié. Il a soif, est fatigué et place sa boîte de livres invendus dans le coffre de sa voiture . Quelqu’un le hèle et il se retourne, c’est Gustave George Leduc, un « ami » écrivain qui l’appelle. Merde ! Il n’a vraiment pas envie de discuter avec ce mec-là, en particulier parce qu’il ne cesse de le draguer. Il se dépêche donc à monter dans sa voiture, verrouillant les portes, lorsqu’un son étrange attire son attention vers l’extérieur. Devant lui, dans le stationnement du parc où se tenait le Salon du livre, tout le monde s’est immobilisé et observe le ciel. John est troublé, curieux, il sort de sa voiture afin de voir ce qui se passe.

C’est là que les deux missiles, guidés par un système compliqué, répondent au marquage dont il a été la victime, mon crayon n’étant autre qu’une toute nouvelle technologie militaire comprenant une puce reliée au système de guidage de l’avion. Un des avantages de cette technologie, c’est qu’elle permet d’avoir des avions sans pilotes, les contrôles de l’appareil soumis à la directive d’éliminer la cible. C’est bon d’avoir des amis dans l’armée de l’air.

Je suis dans ma voiture immobilisé le long d’un boulevard, tenant à la main la tablette directement connectée aux caméras surveillant la place où se tenait le Salon du livre. Il ne reste plus que cendres, fumée et flammes. C’est là que je vois une silhouette sortir du néant, une silhouette humanoïde qui aurait dû être couverte de brûlures. Impression de déjà vu, je repense à Bastien quittant l’incendie de son immeuble sans la moindre brûlure. Mais qui est Bastien et pourquoi son thème astral m’intrigue-t-il à ce moment précis? Ce doit être l’émotion, puisque je cligne les yeux et découvre que ce n’était rien, le vent jouant avec la fumée pour créer des formes diverses.

John est bien mort, vive John.

 

Question de l’ami des Fossoyeurs – Atef Attia : (Merci camarade pour la question)

En tant que Nord-Américain, comment vois-tu le monde de l’édition en France? Dirais-tu que les choses sont plus faciles ou le contraire, notamment dans tout ce qui touche à la littérature de genre?

Réponse :

Merci de ta question Atef. Pour être honnête avec toi, je ne crois pas qu’il y ait tant de différences que cela. La France offre un bassin de lecteurs plus important, donc probablement plus de copies vendues lors d’un éventuel succès. Mais les maisons d’édition sont toutes débordées de manuscrits, publient souvent leurs copains ou des auteurs connus. À la suite de discussions avec plusieurs écrivains, on peut facilement comparer les deux machines éditoriales et trouver beaucoup de points communs. C’est bien entendu pour la littérature de genre, je ne saurais répondre pour toutes les littératures. Je peux toutefois affirmer avoir trouvé beaucoup d’amateurs de fantastiques en France et de très bons lecteurs.

 

Site des Fossoyeurs de Rêves

Site de l’Ivre-Book « Le Tueur des Rails »

 

Interview d’un FDR : Romain Billot

Les Fossoyeurs de rêves est un collectif de jeunes auteurs francophones issus des différents horizons de l’imaginaire : Horreur, Fantastique, Science Fiction, Fantasy, Thriller…

Leurs noms : Romain Billot, Gaëlle Dupille, Sylvain Johnson & John Steelwood…



Aujourd’hui – découvrez l’un d’eux : Romain Billot.

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Question 1:

Peux-tu nous écrire le dernier paragraphe de ta biographie officielle – celle qui sera publiée après ta mort.

Réponse : 

« Bon vivant, épicurien, jouisseur invétéré, il appliqua à la lettre la devise de tonton Bukowski (“Find what you love and let it kill you”) : il fut donc tué par ce qu’il aimait le plus au monde : le bon vin, la bonne chair et les excès en tout genre que la morale nous interdit de citer ici pour ne pas corrompre la jeunesse… De toute façon, ne vous bilez pas, il vous dit : Rendez-vous sur l’autre rive… On se reverra bientôt! » Un truc du genre.

Question 2 :

Parmi tous les Fossoyeurs, ton profil semble faire de toi le plus susceptible de se retrouver en prison pour meurtre. Qu’elle est ta motivation pour ne pas exploser et commettre l’irréparable?

Réponse :

Un meurtre sans cadavre n’est pas encore un meurtre, c’est une disparition, cher ami… Plus sérieusement, le fait que je vis quand même bien isolé du reste de mes semblables sur mes terres du Cantal, ça joue et ça me préserve d’un dérapage! Enfin hors période touristique, bien sûr! Là, c’est assez dur de se contenir, j’avoue, vraiment trop tentant! (rire)

Question 3 :

Imagine une mort pour chacun des autres membres des Fossoyeurs. Décris cette mort!

Réponse :

Gniak, gniak, gniak !
Hé bien, alors commençons par ces dames. Pour mon amie, Gaëlle Dupille, je choisis une méthode dite « classique » de l’Inquisition espagnole avec les sorcières et comme elle aime les chats, je l’enfermerai dans un sac en toile de jute avec plein de matous hystériques que je balancerai dans un lac. Une mort douce, quoi!

Pour le camarade Johnny-boy, étant un pervers de la pire espèce et d’un sadisme à toute épreuve, je l’attacherai à un poteau et je paierai un bourreau, genre crieur public, pour qu’il lui lise à voix haute 50 Nuances de Grey et Twilight jusqu’à ce que mort s’ensuive… Oui là, je délègue, n’ayant pas envie de dégueuler du sang en entendant pareilles abominations! J’suis quelqu’un de sensible!

Finissons par mon maudit québécois préféré, pour lui, le supplice du pal… Mais pas avec un bout pointu qui perce les organes et entraîne une hémorragie, non! Trop rapide! Avec un bout arrondi comme font les Chinois, histoire de juste déplacer les organes, ça dure plus longtemps, des jours entiers et c’est plus fun à regarder…

Question 4:

Raconte-nous quelque chose de particulièrement ennuyant te concernant, fais-nous bâiller d’ennui?

Réponse :

Tu sais très bien que dans ma bouche de conteur, même la plus soporifique et ennuyeuse des histoires devient une aventure hors-norme et extraordinaire! Oooooh! Comment il s’la pète, ce con! (rire) Mais j’évite ainsi de répondre à ta question en bon politicien que je suis!

Question 5 :

Tu te retrouves dans un bar (on sait bien que c’est de la fiction, les écrivains ne fréquentent pas ces endroits du diable) et tu dois choisir trois personnes célèbres, vivante ou morte, pour faire les trois choses suivantes : avoir une relation sexuelle agréable – avoir une relation sexuelle désagréable – commencer une pagaille générale dans l’établissement et tout foutre en l’air.

Réponse :

Pour la relation sexuelle agréable, je choisis Brigitte Bardot jeune, époque Gainsbourg : bustier et cuissardes…
Pour la désagréable, et bien la même, mais vieille!
En ce qui concerne la bagarre générale dans le saloon et tout foutre en l’air : encore une fois je pense à Charles Bukowski sans hésiter…

 

Question de l’ami des Fossoyeurs – Atef Attia : (Merci camarade pour la question)

Tu es l’instigateur de nombreux projets littéraires dont l’excellent « ‘Freaks Corp »’ qui a été un tremplin pour de nombreux artistes (illustrateurs, écrivains…). Verrons-nous dans l’avenir la résurrection du magazine?

Réponse :

A l’époque, j’ai sacrifié toute mon énergie, mes maigres économies et beaucoup d’amitiés pour donner une chance à cette revue, malheureusement le manque de soutien que ce soient des lecteurs et des instances compétentes a coûté la vie à Freaks. Nous avons un numéro 7 spécial Fantasy, nouveau format, du genre comic-book, avec une couverture de Jean-Sébastien Rossbach tout simplement magnifique, qui est terminé depuis des années, près à sortir, mais plus aucun rond pour l’imprimer… Cependant, je ne désespère pas un jour que tel le phœnix, Freaks renaisse de ses cendres, le problème étant qu’à présent je suis très occupé et qu’il sera difficile de m’accorder du temps pour ça. Mais si des généreux mécènes veulent nous aider pour l’impression du 7e numéro, pourquoi pas! Qui vivra verra!

Question bonus :

Est-il vrai que tu es un ami personnel de Chtuhlu et que tu t’adonnes à des messes sataniques dans ton cantal?

Réponse bonus :

Ce qui se passe dans ma montagne du Cantal, reste dans ma montagne du Cantal… Il est vrai que je suis un adorateur des Grands Anciens lovecraftiens, un Shoggoth, un cultiste, en revanche ne croyant pas au Dieu unique, je ne crois donc pas au Diable… Nos rites sont païens, mon bon monsieur, aucunement sataniques!

Note de l’auteur de cet article :

Romain Billot

Si ce nom devait trouver sa place dans une encyclopédie, on le décrirait probablement de la sorte :

Le Romain Billot est une créature difficile à comprendre, puisque complexe, mais d’une honnêteté dérangeante et déroutante. Le Romain Billot est d’origine française, mais plus que cela, c’est un Cantalou qui ne s’en laisse pas imposer. On connaît peu de choses sur ses origines, mais on peut deviner une souffrance vive enfouie dans les tréfonds de ce cœur endurcie par les épreuves. Il a su s’adapter à son environnement, sans pour autant changer. On le fuit parfois, parce qu’il dit ce qu’il pense, qu’il dérange par ses idées et ses opinions. Il n’est pas un suiveur, parce qu’il déteste l’incompétence, l’arrogance et est bien trop intelligent pour croire que le monde est blanc ou noir, que les titres et les liens du sang donnent un pouvoir ultime à des individus tout à fait banals. Il n’est pas un leader, en raison de sa morale qui empêcherait la tolérance de la corruption, la délinquance, le mensonge et il botterait le cul à tous ceux qui se croient plus fort, tous ceux qui osent se remplir les poches au profit de la masse travailleuse.

Le Romain Billot impressionne, sa rencontre virtuelle ou (nous l’imaginons) en personne ne laisse pas indifférente. On le voit avec sa barbe de quelques jours, son cigare au bec, son air de rebelle ne refusant jamais une bonne bagarre. Avec ses tatous, on l’imagine truand, et à son air belligérant on comprend qu’il est sérieux et demande le respect.

Le Romain Billot possède un talent littéraire enviable, ses écrits hantent les lecteurs de la France au Québec, en passant par tous les îlots francophones.
Si jamais vous croisez le Billot, n’hésitez pas à lui payer une bière, mais attention, ne vous foutez pas de sa gueule, il vous en couterait.

Site de Romain Billot

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Interview d’un FDR : Gaëlle Dupille

Les Fossoyeurs de rêves est un collectif de jeunes auteurs francophones issus des différents horizons de l’imaginaire : Horreur, Fantastique, Science Fiction, Fantasy, Thriller…

Leurs noms : Romain Billot, Gaëlle Dupille, Sylvain Johnson & John Steelwood…



Aujourd’hui – découvrez l’un d’eux : Gaëlle Dupille.

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Photo Crédit : Éric D.

Question 1:

Tu te réincarnes dans la peau d’un autre écrivain… mais attention… pas n’importe qui… tu te réincarnes en Stephenie Meyer. Les seules histoires que tu es capable d’écrire mettent en scène des vampires homosexuels et risibles. Que fais-tu?

Réponse:

Je profite honteusement des fans de ce genre de littérature et j’en rédige 20 tomes pour devenir riche avant de mettre fin à mes jours en me plantant un pieu dans le cœur, honteuse et consciente d’avoir détruit en partie la crédibilité du monde fantastique…

Question 2:

Imagine une mort pour chacun des autres membres des Fossoyeurs. Décris cette mort en détail… parce qu’on est sadique.

Réponse:

Sylvain, à toi l’honneur. 
Pour faire taire les ronflements de Sylvain durant une sieste improvisée sur son canapé, alors qu’il lisait un roman à mourir d’ennui, son fils, âgé de 3 ans, introduisit l’un de ses jouets de bain en mousse dans sa bouche. En se réveillant en sursaut, gêné dans sa respiration, c’est l’horreur : Sylvain avale l’objet, qui se bloque dans sa gorge et meurt étouffé, secoué d’horribles convulsions, se débattant dans le vide. La dernière chose qu’il verra avant de mourir, le visage bleuit et les yeux orbités par l’absence d’oxygène? La fin du chapitre 1 d’une histoire d’amour entre un humain et une femme réincarnée en lampe halogène à cause d’un maléfice, accompagnée d’une couverture si médiocre et niaise qu’elle lui donne envie d’abréger ses souffrances avec le couteau à beurre qui est sur sa table basse…

Romain
Un soir, Romain trouva un chat noir abandonné devant chez lui. L’animal, en bonne santé bien que sentant l’alcool à plein nez, portait un collier en cuir clouté. Grand amoureux des chats, il décida sans hésiter de le recueillir et de le faire entrer chez lui. Pas de chance : le chat était un humano-gothique et, lorsqu’il reprit forme humaine, le poignarda sauvagement dans le dos, comme avaient l’habitude de le faire les créatures de son étrange espèce. La plaie béante provoquée par le poignard, terriblement douloureuse, était si profonde qu’elle laissait apparaître sa colonne vertébrale. Lorsque Romain tomba à terre, l’humano-gothique saisit une paille pliante en métal dissimulée dans son collier et la planta dans le crâne de sa victime d’un coup sec. Il aspira alors sa cervelle afin de lui dérober ses futures idées, car l’homme-chat était auteur médiocre, incapable de créer lui-même des histoires intéressantes. Mais Romain avait rapidement démasqué l’intrus à cause du gel sur sa tête qui l’avait trahi, produit destiné à permettre aux humano-gothiques de changer d’apparence. Avant de rendre son dernier souffle sur le sol de sa cuisine, dans une mare de sang chaud et visqueux, il croqua une capsule contenant de l’eau bénite qu’il conservait sur lui. La créature satanique, contaminée par la capsule en absorbant le cerveau de Romain, fut instantanément empoisonnée et mourut à son tour dans d’horribles souffrances avec de partir en fumée.

John
Une nuit de pleine lune, John se rendit chez une éditrice, car il avait appris qu’elle n’était pas humaine. Ça expliquait bien des choses… Elle l’ignorait, mais le véritable travail de John n’était pas d’être auteur. C’était d’éliminer tous les extra-terrestres en provenance de la planète Gogol 666 qui avaient infiltré le monde littéraire en essayant de se faire passer pour des humains afin de nous forcer « en douce » à lire LEURS livres calamiteux. Il n’était pas dupe, heureusement. Il arriva discrètement chez elle et passa par la fenêtre avec la ferme intention de la tuer. Elle l’entendit et se défendit à coup de Petit Robert, mais il parvint à lui fendre le crâne d’un coup de hache. Manque de bol, les nombreuses abeilles qui vivaient dans la tête de l’éditrice extra-terrestre se jetèrent sur John et le dévorèrent vivant, arrachant de larges lambeaux de chair avec leurs crocs acérés. Pas de bol, c’était bien tenté, pourtant…

Question 3:

Préférais-tu rester belle et te faire constamment draguer ou encore devenir laide et avoir la paix?

Réponse:

Je vais répondre à ta question très honnêtement : je préfèrerais être jolie et envoyer vertement balader les importuns plutôt que d’être disgraciée. Dire le contraire serait un ÉNORME mensonge! J’ai été pendant longtemps une adolescente très laide, je sais donc de quoi je parle!
La beauté intérieure est évidemment importante, mais dans un monde de plus en plus superficiel où l’apparence prime sur tout, un physique avantageux permet tout de même de mieux s’intégrer dans la société. C’est statistiquement prouvé et… c’est moche, je sais… mais c’est vrai.

Question 4:

On veut une anecdote embarrassante à ton sujet?

Réponse:

L’an dernier, j’ai acheté des leggins noirs très jolis et confortables chez Aldo, au centre Eaton de Montréal. J’étais toute fière de mon achat et je les ai portés assez fréquemment parce qu’ils étaient si confortables. J’ai remarqué qu’à chaque fois que je les mettais, j’attirais les regards de manière un peu insistante et je ne comprenais pas trop pourquoi. J’ai réalisé pour quelle raison lorsqu’un ami m’a prise en photo de dos : je ne pouvais pas le voir, mais la maille était si transparente derrière qu’on voyait tous mes sous-vêtements… et mes fesses… Bonjour la honte!

Question 5:

Quel est le premier paragraphe du roman sur ta vie? En passant ton éditeur veut vendre des millions de copies, alors choque-nous!

Réponse:

Gaëlle Dupille n’a jamais existé. Les lecteurs des Fossoyeurs de Rêves furent choqués, lorsque Romain, Sylvain et John révélèrent qu’ils l’avaient inventée pour publier sous son nom les histoires à l’eau de rose qu’ils avaient trop honte de publier sous leurs propres identités. Facile de prendre des photos au hasard et de les truquer avec un logiciel pour faire croire à son existence. Un faux compte Facebook, un faux compte Twitter et le tour était joué. Tout dérapa lorsque, durant un festival littéraire en Auvergne, la perruque que portait Sylvain afin de se faire passer pour Gaëlle se détacha à cause d’un coup de vent durant une séance de dédicace. Leur terrible supercherie fut démasquée et la foule en colère proposa de les brûler immédiatement en place publique pour les punir de ce mensonge. Soudain, Gaëlle apparut. Comment cela était-il possible, puisqu’elle n’existait pas? Quelques jours auparavant, John, frappé par la foudre après avoir vu la série Real Humans avait eu « un éclair » de génie : il avait bricolé dans son garage un androïde ressemblant à Gaëlle. Romain, après avoir fait appel à de puissantes entités mexicaines lors d’une impressionnante cérémonie chamanique, avait réussi à lui donner une conscience. Sylvain, as de l’informatique, était parvenu à programmer son esprit avec toutes les fausses données existant à son sujet. Cet être robotique demanda la clémence de la foule envers ses amis. Émus par sa requête, ils les laissèrent s’en aller. Après la fin du festival littéraire, un problème se posa. L’androïde Gaëlle nécessitait 8 litres de whisky écossais par jour pour fonctionner. C’était beaucoup trop et coûterait trop cher. Ils décidèrent donc de s’en débarrasser. Ils la découpèrent en morceaux et la revendirent au poids à un ferrailleur bulgare, installé près d’une autoroute pour s’acheter une bonne bouteille de Saint-Emilion avec l’argent récupéré.
Cette histoire est authentique et vous n’avez aucune raison d’en douter.

Question de l’ami des Fossoyeurs – Atef Attia : (Merci camarade pour la question)

Gaëlle : Je sais qu’un jour tu as eu une idée de roman mettant une scène une petite bourgade qui devient prisonnière d’un mystérieux dôme. Manque de bol un obscur auteur américain t’a pris de court. Ma question : Quelle a été ta réaction lorsque tu as lu « ‘Under the Dôme »’ et quelles précautions prends-tu pour que les Ricains ne pompent plus tes idées?

Réponse :

Et oui Atef, tu connais cette terrible anecdote… Lorsque j’ai appris l’existence du roman, j’ai cru qu’il s’agissait d’une blague, parce que la personne qui m’en a parlé [ma mère!] était au courant du rêve qui m’avait inspiré cette idée et savait que j’allais débuter la rédaction de mon histoire sous peu…
Lorsque j’ai compris que ce n’était pas un canular, j’ai vraiment eu un choc. Le choc s’est amplifié quand j’ai débuté la lecture de ce roman, où les personnages sont bien différents de ceux que j’avais imaginé, mais plusieurs situations y étaient identiques… Je ne suis pas rancunière envers cet auteur qui a « volé mes pensées » puisque j’ai récemment acheté aussi la version originale de Under the Dome [mais je lui en veux toujours un peu, quand même!].
Maintenant, j’ai LA solution pour éviter que les méchants écrivains US me piquent mes idées : je porte un chapeau en aluminium lorsque je dors pour éviter que leurs machines ultras sophistiquées ne captent mes meilleurs rêves! 😉
Plus sérieusement, dès que je tiens un bon sujet de roman, j’évite de jouer à la flemmarde et je le débute sur le champ au lieu d’attendre 10 ans pour m’y mettre! C’est ce que je viens de faire il y a quelques jours. On n’est jamais trop prudent… SK, je t’ai à l’œil!

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Interview d’un FDR – John Steelwood.

Les Fossoyeurs de rêves est un collectif de jeunes auteurs francophones issus des différents horizons de l’imaginaire : Horreur, Fantastique, Science Fiction, Fantasy, Thriller…

Leurs noms : Romain Billot, Gaëlle Dupille, Sylvain Johnson & John Steelwood…



Aujourd’hui – découvrez l’un d’eux : John Steelwood.

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Question 1 :

Tu roules dans ta voiture à toute vitesse. Les freins ne fonctionnent pas, un impact douloureux et dévastateur est inévitable. Il y a trois silhouettes devant toi, toute manœuvre est inutile, tu dois en frapper une avec ta voiture. Qui choisis-tu et pourquoi? Les individus sont : Maxime Chattam. Le président Obama. Le pape.

Réponse :

Choix difficile, mais j’opterai pour le président Obama pour deux raisons. La première, il ne pourra pas briguer un nouveau mandat, cela permettra donc de faire économiser au peuple américain des années et des années de retraite. La seconde est qu’après huit années au pouvoir, il n’a pas su réveiller l’« American Dream ». Bref, je crois qu’il a déçu beaucoup de monde.

Question 2 :

Imagine une mort pour chacun des autres membres des Fossoyeurs. Décris cette mort!

Réponse :

Galanterie oblige, je commence par Gaëlle. Personnellement, je l’emmurerais vivante et ne laisserais qu’une fenêtre au niveau de son regard. Face à elle, je clouerais ses mains dans la cloison et sous les ongles, je glisserais des lames de rasoir avec des fautes d’orthographe gravée dessus. De sa position, elle verrait la cité de Floirac, avec son lot de voitures brûlées. Une mort lente et douloureuse.

Je continue avec Romain. Je l’amputerais des quatre membres et l’enchaînerais sur un fauteuil boulonné au sol (je prends mes précautions) Là, j’inviterais des touristes parcourant le Cantal, les bons gros touristes bien cons et lourdauds à venir entailler la peau de Romain avec un scalpel. Après, je verserais une bouteille de Jack sur son corps meurtri et j’y mettrais le feu. Bien évidemment, j’en profiterais pour faire cuire mes saucisses.

Toi, Sylvain, je te ferais venir par bateau pour enfin venir en France, mais bien entendu, ce dernier tomberait en panne à un kilomètre des côtes. Par hélicoptère, je balancerais des tonnes et des tonnes de poules affamées sur le pont du navire. De ma position, je te verrais courir dans tous les sens pour leur échapper, mais tu finirais par trébucher sur un bouquin de Chick-lit. Mortel pour toi, car les poules en profiteraient pour te tomber sur le râble et te picorer jusqu’aux os.

Question 3 :

Quel est le genre littéraire que tu détestes le plus? Écris un paragraphe dans ce genre!

Réponse :

Détester, je ne sais pas, mais je pencherais pour la littérature érotique.

« La porte grince. Elle jette un regard dans la pièce et l’aperçoit. Marie est allongée sur le lit, nue. Seul un drap couvre le bas de ses fesses. Pauline avance. Elle laisse glisser sa robe sur le sol. Ses pas font craquer le parquet. Marie bouge, se retourne dans son sommeil et dévoile un pubis fraîchement rasé. Voilà deux semaines maintenant que Pauline ne cesse de penser à ce baiser volé et depuis une seule envie la taraude : se lover contre le corps de Marie et s’abandonner à elle. Jamais elle n’aurait cru ressentir de l’attirance pour une femme. Elle se rapproche, frémissante. Et avant qu’elle ne se colle près d’une Marie endormie, elle exprime le besoin de se caresser. Pauline pratique l’onanisme depuis l’âge de 15 ans. Debout, elle ferme les yeux et sent ses doigts experts la pénétrer lentement. L’extase est présente. Elle explose quand Pauline perçoit une langue titiller son clitoris. Quand elle ouvre les paupières, elle baisse la tête et aperçoit le regard de Marie. Un regard gourmand. Un regard promettant mille délices. »

question 4 :

Dieu (une femme noire lesbienne) t’apparait et t’offre la chance de recommencer ta vie. Choisis un talent pour une nouvelle carrière. Dieu promet que tu seras reconnu comme un des meilleurs avec ce talent.

Réponse :

J’ai le droit de demander d’avoir le talent « d’avoir tous les talents »? Non… hum. Question difficile, car je ne demande pas grand-chose dans la vie. Si je devais avoir un talent, alors ce serait d’éradiquer les cons (les vrais, les champions du monde de la connerie) de la Terre. Au final, on serait moins nombreux et puis même si je suis le con d’un autre, je serais encore là, car je ne m’effacerai pas. Pas con!

Question 5:

Que penses-tu vraiment du monde de l’édition?

Réponse :

Pour répondre, j’utiliserai l’oiseau du silence visible dans les mangas.

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Question de l’ami des Fossoyeurs – Atef Attia : (Merci camarade pour la question)

Bonjour John. En tant que pseudonyme, quels rapports entretiens-tu avec ton « propriétaire » (par exemple, deviens-tu jaloux lorsqu’il utilise son vrai nom?) et que fais-tu pour promouvoir la cause des pseudonymes (y’a-t-il des associations? à qui peut-on s’adresser pour en adopter un? etc.). Merci.

Réponse :

Alors… attends! C’est bon, il est parti. Alors, la nuit, nous nous réunissons pendant qu’ils dorment (nos hôtes). Nous avons établi un plan pour les renverser et prendre le pouvoir. Car, merde. Y en a marre. On veut être reconnu, non pas sur papier ou sur un vague profil visible sur les réseaux sociaux, mais posséder nos papiers d’identité. Pour cela, nous avons monté une association, les Pseudos Unis pour une Totale Émancipation. Pour l’instant nous vivons dans l’obscurité, mais d’ici quelques mois les premières actions vont être déclenchées. Notamment lors des séances de dédicaces de nos alter ego. Grâce à une drogue que nous avons mise au point, les pseudo prendront le dessus et pourront enfin expliquer ce qu’ils vivent au quotidien au lecteur, au visiteur… Une vraie révolution. Des tracts ont déjà été imprimés : « Soutenez Les P.U.T.E » On espère que ça fera mouche et qu’enfin on arrête de dire qu’un pseudo n’est bon qu’à tapiner pour des prunes.

Pour l’actu, j’invite les gens à visiter mon site y a tout dessus (ou presque)

Site de John Steelwood

Site des Fossoyeurs de Rêves

Site d’Atef Attia

Interview d’Huguette Conilh – Les Ignobles et Cas Mille.

24032756Huguette Conilh a fait son apparition dans mon petit monde littéraire en se joignant à la famille des écrivains de L’ivre-Book. J’ai découvert sa nouvelle littéraire « Cas mille » offerte gratuite pour tous les amateurs de nouvelles littéraires numériques. La couverture et le titre m’ont tous deux intrigué et je me suis donc plongé dans cette lecture.

Vous trouverez ma critique ici :

Cas Mille

Quelque temps après cette lecture, est sorti le premier roman numérique d’Huguette dans le catalogue de L’ivre-Book, l’incontournable boutique pour faire ses achats numériques.

« Les ignobles » voyait le jour le 19 janvier 2015.

 ignobles-ivre-book-numerique-moins-grosRésumé du livre :

 « Ils sont les ignobles, victimes de leur différence, souffre-douleur des cours d’école, les proies de l’ignorance que l’intolérance met en marge de la société. Pour échapper au tableau des opprobres, Camille a préféré couper les ponts avec sa famille.

Jusqu’au jour où la mort de ses parents dans l’incendie de leur maison l’oblige à reprendre le chemin de la Vienne. Il recueille alors son frère cadet, Mathis, un adolescent torturé par la culpabilité de n’avoir pu sauver ses parents. »

Charmé par la plume honnête de cet auteur, j’ai décidé de vous la faire découvrir. Voyons d’abord ce qu’en dit l’éditeur :

« Huguette Conilh est née un jour de janvier, à Monségur (33), dans une maternité qui n’existe plus aujourd’hui. Sa passion pour la lecture et l’écriture se manifeste dès le primaire. Plus tard, des personnages hantent ses années collège et prennent vie dans une première romance éditée en 2010. Un roman noir destiné à un public de jeunes adultes suivra en 2013.

Par vocation, elle exerce pendant vingt ans le métier d’Aide Médico Psychologique auprès de personnes très déficitaires. Cette pratique au plus près de la relation d’aide lui permet de développer une sensibilité à la différence. Les Ignobles, son troisième roman, bientôt chez L’ivre-Book met en scène cette différence et l’intolérance qui en découle. »

En définitive, chacun a sa définition de la réalité, alors qu’il n’existe pas une réalité, mais des réalités. Et je ne parle même pas de la normalité, un terme qui, si on y réfléchit bien, ne veut pas dire grand-chose.

index

Interview :

Bonjour Huguette.

Bonjour Sylvain! Merci de m’accueillir dans votre cocon chaleureux. Il faisait un peu frais dehors.

  1. Pourquoi écrivez-vous?

J’écris parce que je ne peux pas faire autrement. J’écris parce que c’est un besoin vital qui m’habite depuis… presque toujours. Et encore, je suis moins obsédée par les mots que je ne l’étais à l’époque de mon premier roman où je me levais la nuit pour noter mes idées, et où je ne me déplaçais pas sans mon carnet, même sur un banc du lycée de ma fille en attendant la réunion parents/profs.

J’écris parce que j’ai des choses à dire, qui sont à ma mesure, pas forcément des grandes idées, juste celles qui me tiennent à cœur. Et Dieu sait à quel point je suis assez entière pour défendre avec passion les idées auxquelles je tiens.

Et, surtout, j’écris parce que je prends un réel plaisir à mettre en scène des personnages, à m’attacher à leurs pas, à découvrir des lieux, à y entrer en même temps qu’eux, à les regarder vivre. À les rendre vivants.

  1. Dites-nous quelque chose de particulier à votre sujet, un détail troublant, choquant, un petit quelque chose d’unique?

Je vis dans un autre monde, dans un ailleurs qui se trouve quelque part au fond de moi. Je suis une sauvage, une rebelle qui refuse de se taire. Qui se promet tous les jours d’apprendre à dire les choses autrement, qui tous les jours se trompe, se maudit pour ça, puis se rend à l’évidence : je ne suis pas diplomate, je ne sais pas le faire, je suis à l’état brut.

  1. Votre métier d’aide Médico Psychologique auprès de personnes très déficitaires devait être très exigeant. D’où vient ce besoin d’aider les autres?

Il n’y a pas de secret, en aidant les autres on s’aide soi-même. On n’entre jamais dans ces métiers de la relation d’aide par hasard. C’est ce qu’on cherche à faire croire aux autres et à soi-même dans un premier temps, jusqu’à ce que l’on parvienne à acquérir suffisamment de recul pour découvrir que certains hasards relèvent de l’inconscient. D’ailleurs, on confond parfois empathie et pitié. On entre dans ces métiers parce que, franchement, ces pauvres gens il faut bien que quelqu’un leur vienne en aide. Tout juste si on ne voudrait pas les sauver d’eux-mêmes et pourquoi pas les guérir. Jusqu’au jour où l’on comprend cet évident cliché (j’aime les clichés, ils sont pleins de vérité) : l’autre n’est pas soi. Un psychotique n’a pas la même construction mentale qu’un névrosé. La cuisine bordélique du névrosé qui a décidé de transférer le lit à la place du frigo existe bel et bien. Pas chez le psychotique. Ce n’est pas que la cuisine soit vide, c’est qu’elle n’existe pas. Ce n’est donc pas la peine de lui en parler, il ne sait pas ce que c’est. C’est vous qui êtes fou d’imaginer qu’une telle pièce existe.

Voilà pourquoi je suis entrée dans ce métier. Je voulais faire médecine quand j’étais au collège, la psychiatrie, les comportements humains me passionnaient déjà. Je peux dire que l’exercice très particulier de ce métier a enrichi ma vie.

  1. À quel point votre expérience vous a-t-elle influencé dans l’écriture du roman « Les ignobles »?

Quand j’ai commencé à réfléchir à la structure de cette histoire, l’évidence de créer un personnage atteint d’un handicap physique m’est apparue assez vite. C’est en réalité ce que je connais le mieux en matière de différence. L’homosexualité faisait partie d’un possible pour moi. C’est ce que l’on « intègre » en pratiquant ces métiers du social, du médico-social ou du médical. On croise au cours de sa carrière ce que j’appelle des possibles : un homme qui tient des conversations avec Dieu, un autre qui à 50 ans ne sait pas se moucher et dont on essuie le nez comme à un enfant, ou celui-ci qui ne sait pas se décalotter et à qui on montre les gestes de manière professionnelle, mais qui nous interroge quand on regarde la situation avec recul. Puis un jour, mais ça nous était déjà arrivé, on croise une personne homosexuelle et on accepte son amitié parce que la personne dans son ensemble correspond au profil que nous apprécions chez les autres. C’est en tout cas ce qui devrait, ce qui pourrait être, mais ne l’est pas pour tout le monde. C’était de ça que je voulais parler dans ce roman, et du fait que, parce que j’en ai été témoin, les différents se jugent aussi entre eux. L’autre est toujours plus atteint que soi. Une personne handicapée victime du regard négatif de la société peut être homophobe. « Oui, tu comprends, ce n’est pas pareil, lui a choisi, pas moi. » Il faudra du temps à Norbert pour comprendre que l’homosexualité n’est pas un choix, pas plus que lui-même n’a choisi « cette vie montée sur roulettes », comme il la décrit.

  1. Présentez votre roman « Les ignobles » en trois mots?

En trois mots?… Flûte, j’ai déjà atteint le quota. Différence, tolérance, amour.

  1. Lisez-vous beaucoup? Quels auteurs vous ont inspirés? Motivés? Influencés?

Je lisais beaucoup, moins depuis quelques années. Ce sont des périodes en fait, de grosses boulimies de lectures ou de vide intersidéral. Tous les amoureux du livre connaissent ça. Donc, franchement, je ne sais pas qui m’a inspirée, motivée ou influencée. J’ai passé une grande partie de ma vie à écumer la littérature générale, je dirais. Dans mes années collège j’ai lu Cronin, Pearl Buck que j’appréciais beaucoup. Très peu de policiers, ce n’était pas mon truc. La fille qui tenait la bibliothèque du collège voulait à tout prix me faire découvrir Agatha Christie. J’ai bien aimé Le Meurtre de Roger Ackroyd, mais ce n’est pas allé plus loin. Par la suite, je me suis focalisée sur les romans historiques de tout pays, puis sur les biographies, aussi bien de romanciers, de poètes que de rois. Un jour, je ne sais pas comment, j’ai découvert la littérature fantastique et j’avoue que j’ai eu du mal à m’en écarter depuis.

  1. La nouvelle « Cas mille » adresse un sujet hélas encore tabou dans plusieurs milieux, plusieurs familles. L’homosexualité et le désir de pouvoir ouvertement l’exprimer. Pourquoi un tel sujet soulève-t-il encore des discussions houleuses?

Là, je ne vais pas partir dans de grands débats que d’une part je ne saurais pas tenir et qui d’autre part seraient plus fastidieux qu’autre chose. Je crois que les gens éprouvent le besoin de classer et de mettre des noms sur tout. Que du coup certains se retrouvent dans la case des pestiférés, et pas que les homosexuels. Que tout un chacun de par l’éducation qu’il a reçu, et sûrement aussi d’une part de l’inconscient collectif (sans parler de la religion), est attaché à des valeurs, des croyances dont il a du mal à se défaire. Comme il est dit dans le roman, aux yeux de Mathis, deux hommes (ou deux femmes) qui font l’amour ensemble, c’est comme une pièce qui refuserait de s’emboîter (vous voyez déjà l’image que cela suscite dans votre esprit) et qui fausserait le puzzle dans son ensemble.

Pour beaucoup de personnes, l’homosexualité est contre nature alors que justement elle existe dans la nature. Mais même cette réalité ne change rien aux opinions.

En définitive, chacun a sa définition de la réalité, alors qu’il n’existe pas une réalité, mais des réalités. Et je ne parle même pas de la normalité, un terme qui, si on y réfléchit bien, ne veut pas dire grand-chose.

De la sorte, par un effet de projection, l’opprobre rejaillit sur tout l’entourage de la personne homosexuelle qui finit par se retrouver seule quand elle ose « sortir du placard ». Je trouve inadmissible qu’un jeune de 15 ans soit mis à la porte de chez lui parce qu’il est homosexuel. Je trouve incroyable que des assos comme le Refuge aient à exister. Je trouve impensable qu’un jeune se suicide parce qu’il n’ose pas être lui-même. Je trouve tellement dommage que des hommes se marient avec des femmes pour faire comme tout le monde.

  1. Si vous aviez à donner un conseil aux jeunes écrivains débutants?

Armez-vous de patience, le temps joue pour vous : pour laisser naître l’idée, la peaufiner, l’apprivoiser. Pour l’écrire, la relire, la remanier et la relire encore pour la réécrire. Pour la voir peut-être un jour entre d’autres mains que les vôtres. Bref, soyez forts! Ayez la patience que je n’ai pas.

  1. Quels genres littéraires privilégiez-vous en tant qu’auteur (dans votre écriture)?

Malheureusement, si je suis une fan de la littérature fantastique, je ne sais pas en écrire. J’écris de la littérature contemporaine/générale/blanche, et il semble qu’il faille se battre davantage pour la faire connaître que la littérature de genre. Alors, allons-y.

  1. Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez?

J’ai un roman en cours sur l’adoption et la recherche du père, dont j’ai arrêté l’écriture à son exacte moitié pour reprendre un autre projet.

J’ai un synopsis prêt pour une autre histoire sur le même thème que Les Ignobles. J’y bousculerai mes vieux codes du bien sage « gabarit chapitres ».

Et un autre projet que je vais privilégier parce que les personnages commencent à me hanter un peu trop. Mais c’est un projet secret, alors, motus.

  1. Un dernier mot?

Je prendrais bien un autre café…

Merci.

Merci à vous, Sylvain, j’ai presque peur d’affronter de nouveau le froid. Il fait si bon chez vous.

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