Le Joueur de flûte de Hamelin : Commentaire d’un lecteur.

Cette semaine, j’ai reçu un commentaire de lecture que je veux partager avec vous !

Attention, cet article contient quelques *spoilers*.

C’est donc avec l’autorisation de monsieur Maxime Désaulniers que je publie le commentaire en question. Un gros merci à lui pour la lecture et ses impressions.


Tout d’abord, j’adore ce conte. Dès mon enfance, le joueur de flûte de Hamelin me captivait au point où j’ai rédigé une analyse littéraire de 12 pages sur ce conte et son implication dans la culture germanique. Donc, lorsque vous avez annoncé le titre de votre roman, j’étais émerveillé. J’ai eu la même réaction lorsque vous avez révélé la fabuleuse couverture qui est, à mon avis, la plus réussie des 7 romans de la collection.
Une force qu’à ce roman est le respect du schéma narratif par rapport au conte original. Le « dératiseur » accepte de débarrasser la petite ville des « rats » qui l’envahissent, part avec eux et les noie à l’aide de sa flûte. Il revient en espérant la récompense qu’on a initialement promise et celle-ci lui ait refusé. Finalement, leurs enfants disparaissent sous la mélodie vengeresse de la flûte. En tant que fan du conte de base, il est clair que c’est important pour moi que l’adaptation soit réussite.

Comme pour chaque critique que je rédige, je développe mon appréciation sur mon chapitre favori. Ici, il s’agit très clairement du chapitre 23. Ses 14 meilleures pages du roman changent complètement la donne avec de belles surprises juste avant le dénouement. Au début du chapitre, l’intrigue va mal, on se demande ce qui peut arriver de pire, puis Denis reçoit une balle (déjà, en partant, c’est quelque chose d’inattendu qui bouleverse la continuité). Marc fait enfin son apparition et lance la tourmente pour Denis, secoué que ses problèmes le poursuivent jusque-là et qu’ils soient encore accusé par tous. Le duel entre les deux hommes est en lui-même un grand moment car il permet de surfer sur la psyché de Denis. Le meilleur arrive à la toute fin. Denis réalise qu’il est réellement le Monstre de Verdun, ce qui chamboule la balance de l’intrigue. Autant, on pouvait s’attendre à ce genre de revirements, autant j’ai été pris de court par la fierté et la suffisance avec laquelle Denis accepte sa réalité.

Le personnage de Denis Lebeau est plein de surprises. Le fait d’être un ancien détenu en quête de paix le rend original et lui ajoute de la personnalité à travers son adaptation au monde et son regard biaisé par la vie carcérale. Il est intelligent, astucieux et s’acclimate mieux que je l’aurai imaginé après tant d’années hors de la vie civile. Je trouve que le concept de détenu accusé à tort est un cliché qui doit être soigneusement utilisé pour être de qualité (comme si la justice commettait toujours des erreurs). J’imagine que vous êtes d’accord avec moi étant donné que Denis offre exactement ce que j’espérais sans trop y croire. Lebeau a toutes les caractéristiques psychologiques du tueur en série. Il a entre autres l’intelligence (le rendant alerte, observateur et très débrouillard en situation de conflit) et le charme (atout qui permet aux gens de lui faire rapidement confiance). Il lui manquait seulement l’apathie pour compléter le portrait. Certes, Denis a souvent fait preuve d’indifférence, mais pas plus que la moyenne des gens et surtout pas de cruauté. La révélation du Monstre de Verdun vient bousculer la narration comme si le roman basculait du bien au mal en vue de la bataille finale qui oppose… des cinglés. Le Monstre de Verdun et le violeur meurtrier contre une bande de folles sacrificielles… Cet endroit est étrange.

À travers tout ça, il y a Marie Dupuis. Centre de l’énigme et victime principale de l’œuvre, elle semble être née de la souffrance et n’aspire qu’à plus de souffrance. Pourtant, elle garde ses esprits et n’a jamais fait preuve de méchanceté contrairement à tous les autres personnages du roman. Alors que pourtant, c’est elle qui aurait le plus de raison de l’être. Elle est intéressante car elle est le dératiseur de Hamelin et offre une vision différente du personnage du conte. En plus du revirement de situation : on laisse croire que son fantôme est le mal qui ronge la ville innocente, alors que la ville est remplie de psychopathes qui ont créé leur propre supplice.

Bref, Le Joueur de Flûte de Hamelin est un bon roman. Je ne regrette pas de l’avoir lu. La cruauté se fait toujours répondre par plus de cruauté, l’injustice par plus d’injustices et l’indifférence par la vengeance. Comme à Hamelin, comme au parc de l’Océan et même comme dans les premières colonies débarquant telles des rats pour infester un nouveau territoire.


 

Le joueur de flûte de Hamelin : En vente partout !

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