Le changement !

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Les choses qui changent

Notre bébé aura bientôt 10 mois. Comme le temps passe si vite! Il me semble que c’était hier que cette chose rugissante surgissait d’un orifice familier pour emplir notre vie de joie et de plaisir. Avant la naissance du petit, j’avais un plan. Un plan complet qui devait résoudre tous les problèmes liés à la venue de cet être adorable. Le plan n’a toutefois existé que dans mon imagination, dissipé dans l’illusion d’être en contrôle de la situation. Cette petite boule de chair rosée devait rapidement dominer les deux adultes consentants que nous sommes.

Il est facile de concevoir un être vivant, difficile d’être à la hauteur des jours, semaines, mois et années qui suivront. Nous faisons de notre mieux.

J’ai toutefois noté que les choses ont changé depuis sa naissance. J’en ai donc fait une petite liste.

  1. Terminer l’envoi par téléphone intelligent de photographie agréable à mon épouse, ou vice versa. Plus de jambes dénudées, de décolletés provocants. Maintenant, on s’envoie des photographies de merde, de couches saturées, d’égratignures inquiétantes ou de vomi coloré. Regarde mon chéri. Devrais-je m’inquiéter de cette grosse crotte anormalement disproportionnée? Quelle drôle de couleur! C’est normal? Ah, il a vomi ses pois verts!
  2. Il m’arrivait souvent de m’arrêter à un feu vert, distrait, et de chantonner des paroles de chansons de Metallica, Megadeth ou encore Eminem. Ma nouvelle réalité, c’est de me surprendre à chanter des comptines, des thèmes d’émissions pour enfants. Sans me préoccuper des autres qui me regardent et m’écoutent.
  3. Durant toute notre relation, ma femme et moi, nous avons été très spontanés. Il nous arrivait de nous réveiller au milieu de la nuit, pour subitement décider de faire un voyage de quelques jours sur la route. Juste comme cela. Que c’était beau! Maintenant, c’est tout un défi juste pour aller faire des courses. Il faut s’assurer que le petit est bien vêtu, que le siège d’auto soit en place, qu’on ait des vêtements de rechange, de la nourriture pour le petit, un biberon et du lait, au frais si c’est du lait de ma femme ou encore un contenant de poudre pour la formule. Il nous faut des couches, la suce et une autre suce de rechange, pour éviter la crise. Des couvertures, de la crème solaire, une bavette ou un jouet. Pourquoi ne pas en emmener deux? Qui transporte le petit? N’oublie pas le sac! Où est le lait? C’est toi qui l’avais! Merde, on retourne à la maison. T’as mis la poussette dans le coffre de la voiture? Oui chéri, dans ta voiture qui est restée dans le garage! La spontanéité est morte!
  4. Le sexe. Vous savez, le corps se replace après la naissance, c’est comme un membre élastique et un testament au bienfait de la nature. Comment une aussi grosse masse humanoïde peut-elle traverser un tel orifice sans tout faire exploser? C’est la nature et ses secrets. Le bébé vieillit et le désir est toujours là. Votre petit cerveau entre les jambes se fait plus que jamais convaincant. Voilà, au début, vous couchez avec le bébé dans la chambre, prenant des siestes à tour de rôle, n’osant bouger ou même respirer dès que cela s’endort. Vous vous pissez même dessus si cela évite de faire craquer le plancher en marchant. C’est plus tard, dans un moment magique, que cela se produit. Le petit est dans son lit, dans la chambre d’â coté. Tout est silencieux. Vous laissez tomber les pantalons, les chandails, les sous-vêtements et soudain, vous ronflez tous les deux. Merde que c’est bon. Même votre pénis est trop fatigué pour maintenir son érection. Quelques semaines plus tard, vous avez une autre occasion. Le petit dort, vous êtes tous les deux excités, nus et enlacés. Les choses vont bien, les bouches explorent, sans perdre trop de temps, car vous savez bien que le temps est compté. Une petite vite est souvent mieux que rien du tout. Votre navire arrive à bon port, vous voyez la lumière au bout du tunnel, la fontaine est sur le point de jaillir, lorsqu’un hurlement de mort s’élève dans la chambre du petit. Tout rouge, gonflé de plaisir, couvert de sueur, maladroit, vous accourez. Il doit y avoir un monstre dans la chambre, une tarentule, quelque chose d’horrible sur le point de dévorer votre rejeton. Vous arrivez au côté du lit, votre membre dressé formant un mobile très immobile, et le petit vous regarde avec un filet de bave sur le menton, tout sourire. « Papa ».
  5. Les matins, il arrive qu’on soit en mesure de prendre une douche. L’odeur agréable du shampoing, du savon, l’eau chaude qui ruisselle pour vous décrasser. Les vêtements propres qu’on enfile, les cheveux qu’on peine, les bas et sous-vêtements impeccables. Quelle joie! Hélas, cela ne dure que le temps d’aborder l’enfant. Une heure plus tard, vos vêtements pourraient servir à entraîner les nouveaux techniciens de l’identification criminelle. Il y a plus de fluides sur vos fringues que dans tout le laboratoire scientifique de la police.
  6. Avant la naissance de mon enfant, je me considérais comme hétérosexuel. Cela a changé, à ma grande surprise. Comment est-ce arrivé? Par un mardi chaud du mois de juillet. Je ne portais qu’un slip moulant, déambulant dans le salon avec légèreté, observant le petit qui rampait un peu partout, sans oublier d’insérer stratégiquement les objets dans sa bouche. Pour les goûter. Je me servais un soda froid, pour me rafraîchir. Vous savez, vous n’oubliez jamais votre première expérience. La mienne était une petite voiture rouge en métal. Je l’ai découverte après m’être assis dessus, mon cri déchirant l’après-midi chaud en même temps qu’une autre déchirure devait me marquer profondément.
  7. Comme beaucoup d’hommes, j’aime les bagarres au Hockey, les matchs de boxe ou les arts martiaux. Van Damme, Norris, Bruce Lee, je les aime tous. Qui n’a pas vu Rocky, sérieusement? Les vendredis soirs, quelques bières m’accompagnaient pour visionner un film d’action, de guerre, avec violence et encore plus de violence. Quel plaisir! Aujourd’hui, je compatis avec tous ces héros maltraités, couverts de blessures. Je les comprends, ce sont mes frères. Au quotidien, je reçois des coups dans les parties ou le visage. Des ongles particulièrement acérés me labourent le visage, tentent d’agripper mes lunettes et y parviennent la plupart du temps. Tirer sur le poil de mes bras ou les cheveux de mon crâne semblent être un passe-temps amusant. J’ai les genoux en compotes à force de suivre le petit à quatre pattes. Le dos brisé, se promener avec cette masse mouvante dans les bras n’est pas chose facile. Sans oublier sa technique digne de la WWF pour me sauter dessus. J’ai parfois l’impression qu’il veut me faire la prise de l’ours.
  8. Je fais confiance à mon docteur, même celui qui pratique sur moi la colonoscopie. Je tolère mon dentiste, malgré ses mensonges sur l’absence de douleur à venir. J’accepte mon comptable, malgré ses mauvaises nouvelles. J’écoute mon patron, même s’il s’apprête à m’exploiter. Cela ne m’inquiète pas trop, c’est la vie. Par contre, j’aimerais pouvoir en dire autant de la gardienne d’enfants. Même en sachant qu’elle possède des références parfaites, une grande expérience et tous les outils pour se débrouiller, je suis incapable de passer un bon moment tranquille lorsqu’elle s’occupe du petit. Et il ne faut pas se leurrer, puisqu’elle fait partie de la famille. Si mon téléphone vibre ou sonne, mon cœur cesse de battre. Je l’agrippe avec rage pour découvrir un appel sans importance. Une sirène dans le quartier? J’imagine la gardienne ivre sur le canapé et le gamin qui se fait sauter dans le four à micro-ondes. Mon esprit refuse de se libérer et c’est ainsi que la soirée est gâchée.
  9. Avant la naissance du petit, il m’arrivait de partager mes photos de voyages, de ma nouvelle maison, de notre chien. Quelques clichés par semaines ou par mois. Je partageais aussi des phrases philosophiques lues sur Internet. Des chiots ou chatons adorables, les Minions jaunes et stupides. Mais depuis la naissance, cela a changé. J’inonde dorénavant les réseaux sociaux de photos de notre bébé. Parfois même au point de me dégouter moi-même. Dix, vingt, trente photos presque sous le même angle par jour. C’est à mourir d’ennui.
  10. Nos amis. Avant, nos amis nous comprenaient. Ils nous regardaient comme des êtres humains. Aujourd’hui, ils nous évitent comme la peste. Ils ne répondent jamais à nous messages. À leurs yeux, nous avons changé de races, nous sommes devenus des parents. Vous ai-je dit qu’ils n’avaient pas d’enfants? Il nous faut trouver un autre groupe d’ami.
  11. La popularité d’un homme seul avec un bébé n’est pas un mythe. Oh que non! Je confirme le pouvoir d’attraction d’un bébé sur les femmes, jeunes ou moins jeunes, belles ou moins belles. C’est comme un aimant, un pot de vin pour le politicien, la drogue pour l’athlète. Les marches avec la poussette sont un peu plus agréables.
  12. J’ai développé des pouvoirs secrets. Un peu comme un superhéros. Quel est mon pouvoir? Je suis capable de deviner les différentes expressions faciales de mon bébé. Je peux, simplement en le regardant, prédire s’il est sur le point de pleurer, déféquer, uriner, manger, baver ou émettre des sons étranges sans but précis.
  13. Je n’ai plus peur du ridicule en public. Pas du tout. J’ai vécu les situations les plus embarrassantes et j’ai perdu toute fierté. Je peux me promener avec du vomi dans les cheveux, je peux chanter des comptines ou encore nettoyer des lieux publics que nous avons souillés. Faire un fou de moi est devenue ma raison d’être.
  14. Je suis une encyclopédie humaine. Je connais tous les personnages télévisés, de bandes dessinées pour petits, je connais aussi toutes les chansons.
  15. Le siège arrière de la voiture. Qui n’y a pas vécu d’intenses, agréables ou érotiques moments? Cela n’est plus qu’une mémoire d’un temps révolu. Aujourd’hui, mon plaisir de siège arrière se résume à changer des couches sur le bord de l’autoroute, dans un stationnement ou encore à patienter pendant l’allaitement. C’est maintenant le bébé qui s’amuse avec les nichons.
  16. Les bébés, c’est une industrie très lucrative. Il existe de tout. Des girafes au prix élevé que tous les bébés doivent avoir, des systèmes de pompage pour le lait maternel capables de vider une barque en train de couler, de la crème pour à peu près tous les usages possibles, un tube pour sucer la morve du nez de bébé, un autre pour son arrière-train bloqué. Allez voir les boutiques d’articles pour bébé, c’est incroyable.
  17. Paris Hilton? Kim Kardashian? Qu’est-ce que j’ai en commun avec eux? Disons qu’il faut toujours se souvenir du moniteur pour bébé dans la chambre, en particulier lorsqu’on s’éclipse pour profiter de quelques minutes à l’étage, tandis que les amis ou la famille s’occupent du bébé. Un film d’une petite vite c’est parfois mieux que pas de film du tout.
  18. Je lance le défi à n’importe quel voleur d’entrer chez moi et de faire un pas sans déclencher une série de bruits stridents, de sonneries ou de sons animaliers. Mon système d’alarme? Non, les maudits jouets bruyants qui gisent partout, qui s’animent la nuit, qui me hantent le jour. Il faut parfois en fermer une douzaine avant de trouver celui qui nous tombe sur les nerfs. Notre salon est un vrai champ de mines.
  19. Saviez-vous que la bave de bébé est capable de rendre votre téléphone intelligent inopérable?
  20. Avec un bébé, il faut être prudent. Les plans sont faits pour être changés, oubliés, modifiés. Les moments passés à attendre l’épouse qui se prépare, déjà en retard, sont décuplés par le bébé qui décide de venir s’amuser avec vous.
  21. J’ai aussi changé ma fantaisie de vivre l’apocalypse Zombie. Rick est capable de vivre cela avec un petit garçon et un bébé. Mais qu’en est-il de moi? Je me vois mal préparer la formule du bébé sur le toit d’un autobus entouré de zombies aux yeux jaunes affamé.
  22. Mon bras droit, à force de soulever, soutenir, promener, lever et abaisser mon petit, est devenu beaucoup plus musclé que mon bras gauche. Je suis un demi-culturiste.
  23. Le ménage. Je croyais que notre maison était propre, jusqu’à ce que le petit commence à ramper. Lorsque vous passez deux heures sur le plancher, pour vous retrouver avec des poils, de la mousse à l’origine inconnue, des boules de poussières, des miettes séchées de nourritures, des bouts de bois, plastique, métal, carton et des objets que vous croyiez avoir perdus depuis longtemps dans les cheveux et la bouche, vous savez que vous devez faire le ménage plus souvent. Croyez-moi.
  24. On se retrouve maintenant plus souvent à genoux qu’une prostituée dans une ruelle ou encore une sœur dans un couvent.
  25. L’expression « dormir comme un bébé »? Le crétin qui a popularisé cette expression ne devait pas avoir d’enfant… parce que dormir comme un bébé peut aussi vouloir dire : dormir deux minutes et se réveiller de mauvaise humeur, tout en hurlant. Dormir à des heures impossibles pour être debout toute la nuit. Dormir seulement dans les bras de papa, refuser de dormir ailleurs et encore hurler pour ne pas être déposé dans son lit. Se réveiller aux moindres bruits pour rester éveillé de longues heures.
  26. Je me sens comme un gardien de but, un garde du corps. Je dois protéger l’enfant de toutes ces personnes indésirables qui veulent le toucher, avec leurs mains sales, leurs ongles noirs. Parfois quelques secondes après avoir toussé ou éternué sans se couvrir. C’est mon bébé, gardez vos mains dans vos poches et laissez-nous tranquille. Vous

Malgré tout, on l’aime ce bébé !

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