Interview d’un FDR : Sylvain Johnson

Les Fossoyeurs de rêves est un collectif de jeunes auteurs francophones issus des différents horizons de l’imaginaire : Horreur, Fantastique, Science Fiction, Fantasy, Thriller…

Leurs noms : Romain Billot, Gaëlle Dupille, Sylvain Johnson & John Steelwood…



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Question 1 de John Steelwood :

Quel est ton livre favori? Et maintenant, je veux que tu écrives une chronique négative sur ce livre, mais de manière justifiée.

Réponse :

Mon livre favori? Dead Zone de Stephen King. Une chronique négative sur ce livre? J’en suis tout simplement incapable. Désolé!

 

Question 1 de Gaëlle Dupille :

Si un génie sortait soudain de la bouteille de bière que tu viens d’ouvrir et te proposait de réaliser 3 vœux en rapport avec ta carrière d’auteur, que choisirais-tu?

Réponse :

En rapport avec ma carrière? Facile. Je voudrais l’assurance que ma muse ne cesse jamais de m’inspirer et que les idées continuent à me venir. Perdre l’inspiration serait un cauchemar. Ensuite, obtenir un gros succès. Pour me faire connaître et me donner une certaine autonomie financière et littéraire. Ne plus avoir à travailler, mais écrire tous les jours, quel rêve ! Pour terminer, que mes livres deviennent des films à succès, parce que j’aime le cinéma. En passant, maintenant qu’un gros génie sale vient de sortir de ma bière, va me falloir aller en chercher une autre.

 

Question 2 de Gaëlle Dupille :

Un mafieux influent te demande d’assassiner sa femme (que tu n’as jamais vue) et en échange te garantit que grâce à ses relations haut placées dans le monde de l’édition et du cinéma, il fera très vite de toi un auteur riche, célèbre et adulé, dont tous les romans seront adaptés à l’écran un à un dès leur parution. Acceptes-tu?

Réponse :

Voici mon adresse courriel pour m’envoyer la photo de sa femme… sylvain_johnson@yahoo.com

 

Question 2 de John Steelwood :

Tu es assis sur un banc et tu vois passer : un vieux, une cougar, un chihuahua et un emballage de hotdog. Bien entendu, cette vision t’inspire pour écrire un petit texte d’une dizaine de lignes. À ton stylo

Réponse :

Johnnie venait tout juste de célébrer son anniversaire, soufflant péniblement les quatre-vingt-dix bougies du gâteau. Sa petite-fille Constance le lui avait apporté, elle était bien la seule à encore venir visiter le vieux bonhomme. La plupart des gens refusaient d’entrer dans son appartement, tout cela à cause de son chihuahua Marcel qui ne cessait pas de grimper sur les jambes de ses visiteurs pour tenter une impossible copulation. En vérité, s’il gardait son chien détestable, c’était justement pour cette raison, qu’on lui foute la paix. Depuis la mort de sa femme, vingt ans plus tôt, il préférait la solitude et son mode de vie luxueux dans son immense domaine. Il en avait hérité de sa femme, une cougar plus âgée et riche qu’il avait séduit devant un stand à hotdog de Central Park. Il l’avait rattrapé pour lui offrir un hotdog, non sans écrire son numéro de téléphone sur l’emballage, ne croyant pas nécessairement qu’elle finirait par l’appeler. Elle le fit pourtant, deux jours plus tard.

 

Question :

Imagine une mort pour chacun des autres membres des Fossoyeurs. Décris cette mort!

Réponse :

Romain

Tuer Romain est compliqué. Je dois me rendre dans le Cantal. Mon premier soir, j’ai décidé de louer une chambre dans une auberge et y passer la nuit, afin de me préparer. Première erreur. Les « habitants » du coin sont de vraies brutes, de gros bûcherons sadiques et alcooliques. J’ai vu lors de ma soirée à l’auberge des comportements vaguement humains et animaux qui auraient fait rougir Satan. Il me faudra deux douches et trois comprimés pour dormir, mon séjour dans l’auberge et le bar adjacent me donnera des cauchemars durant des mois, sinon des années.

Prendre la route dans le Cantal, c’est voyager dans un autre monde. Premièrement, mon cellulaire ne capte plus de signal. Les routes, parfois, sont davantage adaptées aux animaux ou aux piétons que ma voiture de location. C’est tout un périple qui m’emmène non loin de la résidence répertoriée du célèbre écrivain Romain Billot. Des légendes font état de touristes venus le rencontrer, quémander un autographe et qu’on n’a jamais revus. Le grand Billot de déclarer dans une entrevue télévisée quelques mois plus tôt : « Sans corps, y a pas meurtre ». Cela n’a fait que raviver l’intérêt du public pour sa légende.

Je patiente sur une colline jusqu’à la nuit tombée. L’air se rafraichit et j’entends toute sorte de bêtes sauvages. On se croirait à une autre époque, complètement abandonné dans la nature sans merci pour les visiteurs non préparés comme moi. Il est minuit lorsque je décide de bouger. Je dois m’approcher du repaire de l’écrivain sans faire de bruit. Je ne suis pas encore en vue de sa cabane qu’une puissante musique se fait entendre. On dirait bien que monsieur Billot est en train de faire une petite fête. Il n’y a aucune voiture devant chez lui, il est donc probablement seul. Je m’approche et découvre sa porte d’entrée entrebâillée. Une sorte de gros chat blanc et gris se tient non loin et me regarde, sans bouger. Je déteste les chats et pointe mon fusil de chasse en direction de cette bête dont je me méfie. La musique qui monte de la cabane devrait être suffisante pour couvrir les déflagrations de mon arme. Je pousse la porte, une forte odeur de cigare me chatouille le nez et une faible luminosité venant d’une lampe à pétrole m’offre une vue sur l’intérieur.

C’est un salon des plus ordinaires, si ce n’est la silhouette couchée sur le canapé. Un homme mince, assez grand, avec une barbiche et des tatoues sur les bras. Il porte un chandail noir et quelques bouteilles de bière vides gisent sur la moquette trouée de brûlures de cigarettes. Je m’avance dans l’antre de la bête, pointe mon canon sur l’homme couché. J’ai lu son dossier médical et sais fort bien que vingt litres d’alcool par jour sont nécessaires afin de l’empêcher de tomber dans le coma. Il est complètement inerte et j’hésite un moment. Je me sens comme Mark David Chapman, mon nom sera connu de tous et trouvera sa place dans les livres d’histoire. J’ai un frisson et fais feu à six reprises, coupant littéralement le corps de ma victime en deux. Les déflagrations sont à peine perceptibles, mais un dernier coup de feu bien placé vient fermer la gueule de Lenny qui hurle comme un malade.

Satisfait, sachant que personne n’aura l’idée de venir avant le matin, je décide de fouiller la baraque. Une idée me vient soudain… et si je volais un manuscrit du célèbre auteur? Excité, je me rends dans son bureau macabre, pour y fouiller les armoires, les tiroirs et finalement ne rien trouver qui ressemble à un manuscrit. En fait, il n’y a aucun ordinateur, aucune machine à écrire.

Un sifflement aigu me fait sursauter. Le chat blanc et gris est monté sur le corps ensanglanté de son maître et me toise avec une certaine méchanceté. Je vais devoir passer non loin de lui pour sortir. Devrais-je lui tirer dessus? Je dépose mon fusil de chasse, sans numéro de série et sans la moindre empreinte digitale, puisque je porte des gants. Je préfère ne pas l’emporter. En fait, j’espère être un jour capturé pour pouvoir profiter de ma célébrité, on dira de moi que j’ai tué une légende et mis fin à une très grande carrière.

Je sors mon revolver de son étui à ma taille. Je tiens la bête en joue tout en m’approchant. Je remarque alors quelque chose sous le canapé, entre les nombreuses bouteilles d’alcool. Une mallette? Je m’agenouille tout près du corps et trop près de la bête, pour tendre la main vers la poignée noire de la valise. Une main froide m’agrippe soudain la gorge et un cri de mort emplit mes oreilles, tandis que la carcasse mortellement blessée de l’écrivain se dresse. Assis, son visage est au même niveau que le mien et j’ai peur. Du sang coule de sa bouche, ses yeux sont d’un blanc spectral, sa peau visqueuse de sueur. Il empeste la morte et la bière. Sa poigne me blesse et je vide mon chargeur dans sa poitrine.

Il retombe sur le canapé avec un râle et des gargouillis. Son hémoglobine se répand au sol, trempant mes genoux. Je me relève aussitôt et me rue dehors, la mallette en main. Le froid et le semi-silence de la nature me font grand bien. Je m’arrête à quelques pas de la cabane, sur une table en bois muni de deux chaises. Je dépose la mallette et décide de l’ouvrir. À l’intérieur, une petite machine à écrire, ainsi qu’une pile de feuilles. Je prends la première de la pile, excité de pouvoir être le premier être humain à lire les mots d’un Billot non publié.

« … il me croyait mort. Mais comme toute légende, je suis immortel, indestructible, invulnérable. L’homme armé, cet idiot arrogant, pensait mettre fin à mon existence. En fait, au moment où il lisait les pages de mon manuscrit, je m’approchais de lui, ma tronçonneuse en main prête à lui trancher la gorge… »

Je levais les yeux au moment où le ronronnement de l’engin s’élevait dans la nuit.

 

Gaëlle

C’est avec tristesse que je dois t’éliminer. Pour ce faire, il faut être patient. Tu es très occupée. Pour t’atteindre, je dois passer par ta mère, que je trouve dans la rue un mardi matin lors de ses courses au marché. Devant le poissonnier, je l’accoste et entreprends une discussion banale sur la température, le prix des saumons et la beauté du Québec. Voilà, elle me parle de sa fille qui aime tant le Canada et je l’invite à une terrasse pour un verre. Elle accepte, je fais le beau et elle accepte de me présenter à sa fille.

Le lendemain, c’est au Coq d’Argent que nous devons nous rencontrer. J’ai engagé un acteur assez séduisant pour jouer mon rôle. Bien entendu, je n’ai pas révélé mon identité à ta mère. Tu arrives sur place, toute souriante, pas trop certaine pourquoi tu as laissé ta mère te convaincre d’accepter ce souper. Tout va bien, le mec te plaît, vous discutez, il connaît ta biographie et il parvient à garder ton intérêt en abordant des sujets présélectionnés. Vous parlez d’Écosse, de livres, de cinéma. Après le repas, il offre de te reconduire, ce que tu acceptes. Il conduit une belle voiture et te ramène chez toi avec prudence. Tu le fais entrer et j’en profite, parce qu’il déverrouillera la porte pour moi dès que tu auras le dos tourné. Des buissons, quelques minutes plus tard je fais mon chemin dans ton vestibule, puis dans la salle de bain. Vous êtes tous les deux au salon, il tente de te séduire, un verre de vin à la main. Il joue son rôle à merveille.

Dans la salle de bain, j’en profite pour préparer la drogue qui t’endormira. Suffit que l’autre en mette quelques gouttes dans ton verre. Il t’annonce qu’il a besoin de vider sa vessie et tu lui indiques où aller. Parfait. Il entre, je lui donne la drogue, mais il hésite. Il te trouve jolie, ne veux plus participer. Il menace de tout aller te dire, c’est inacceptable, je dois donc lui donner un uppercut sous le nez. Il tombe inconscient et je dépose son corps dans la douche. Changement de programme, je sors le Beretta, m’assurant qu’il est chargé, et quitte la salle de bain. Tu n’es plus dans le salon. Tu appelles de l’étage supérieur « Viens, je suis dans ma chambre. » Ta voix sensuelle et douce me donne des frissons. Les lumières sont tamisées, une petite musique monte d’une radio invisible. L’arme en main, je monte l’escalier d’un pas prudent, évitant de faire craquer les marches en bois. Un couloir m’accueille et il y a trois portes, dont une entrouverte. C’est de là que vient la musique. Ta chambre? Je m’y dirige, le doigt sur la gâchette. Je pousse très lentement la porte, découvrant les meubles, puis le lit. Une pièce de tissu rouge posée sur la lampe afin de rendre l’atmosphère plus mystérieuse. Le sol est couvert d’une épaisse moquette blanche. Je m’avance donc vers le lit. Une bouteille de champagne et deux coupes reposent sur la table de nuit. Des condoms tout à côté. Je me fige. La silhouette dans le lit remue et les couvertures qui la dissimulent se déplacent. Je crie au moment où ta mère se lève toute nue, le corps couvert de pustules mauves et muni de plusieurs tentacules. Elle émet une sorte de hurlement guttural, sa chevelure qui n’était qu’une perruque glisse de son crâne chauve. Sa bouche contient beaucoup trop de dents, de langues fourchues et ses yeux sont injectés de sang. Son énorme sexe laisse ruisseler une substance verdâtre qui perce le tissu qui brule, les couvertures s’enflamment.
Dans mon dos, j’entends ta voix.
– Quelle surprise!

Je me retourne et tu es là, toi aussi nue. Tes six bras velus et tes deux énormes têtes me fixent. Ta langue ne cesse de frapper ce qui ressemble à ton menton et de la bave coule sur tes quatre seins aux pointes dressées vers moi. Je n’ai pas le temps de réagir, que tu parles à nouveau.
– C’est le temps de manger maman!

Je hurle ensuite comme un malade, tandis que je rebrousse chemin pour quitter cette chambre à l’odeur nauséabonde. Un des tentacules de maman m’agrippe au mollet et je perds pied, mon corps à moitié dans la chambre. J’entends des bruits et un choc violent m’annonce que mon pantalon vient d’être déchiré, mon fessier soudain révélé dans toute sa laideur masculine. Un des tentacules de maman me frappe les fesses et elle hurle « Vient voir maman, j’ai faim. »

C’est là que je me reprends. Bon Dieu, j’ai une arme à feu! Je me retourne sur le dos, difficilement, d’autres tentacules m’agrippent. Le sexe de maman s’est ouvert comme la caverne d’Ali Baba et je ne serais pas surpris de voir quarante voleurs en sortir, tant l’orifice est béant. Je pointe mon arme vers un de tes visages défigurés par la rage et j’appuie sur la détente, vidant le chargeur dans ta direction. Ton hurlement m’annonce que j’ai touché la cible. Les tentacules me lâchent et c’est à votre tour de tenter de fuir. En me relevant, le fessier à l’air, je recharge rapidement l’arme. Maman s’est jetée par la fenêtre, il est trop tard pour la rattraper, mais toi tu es au sol, ton corps mortellement blessé se métamorphose en la jolie Française que je connais. Sauf que tu n’as plus de blessure, ta capacité à te régénérer est incroyable, elle ne s’applique toutefois pas lorsque tu es humaine.

Tu es inconsciente et j’en profite pour t’ouvrir la bouche et te faire avaler la fiole de cette puissante drogue que j’ai emportée. Il me faut maintenant t’emmener au plus vite dans la voiture, avant que les flics rappliquent. Les voisins ont surement déjà appelé les secours.

Tu te réveilles avec un terrible mal de tête, ligoté sur une chaise. Tu hurles, me craches dessus et menace de me faire la peau. Je reste là à t’épier en silence, une vraie furie! Lorsque tu te calmes, je peux enfin te montrer la fenêtre protégée par des barreaux. On y voit un quartier résidentiel. En fait, tu découvres avec horreur qu’il s’agit de Westmount, à Montréal. Un ami dans l’armée américaine m’a permis de transporter ton corps hors de France à bord d’un cargo militaire pour atterrir à Toronto. De là, nous avons fait une balade en voiture, j’ai malheureusement dû te redonner de la drogue à quelques reprises.

Tu paniques, cherche à te transformer, mais tu n’y arrives pas. La drogue permet aussi d’endormir la chose qui gît en toi, cette créature millénaire et féroce. Je t’indique la petite porte sur notre droite et tu l’observes un moment, sans comprendre. Elle s’ouvre enfin et une silhouette apparaît. Je me recule tandis que l’anglophone, le Canadien Anglais s’avance vers toi. Comme les bêtes de son espèce, il est vorace, dangereux et c’est aussi ta Kryptonite. L’homme te sourit et tu deviens folle, en particulier lorsqu’il se met à parler, à débiter des mensonges de son ton fielleux. Ses mots sont comme des glaives dans tes oreilles, ton cerveau, ton système nerveux incapable de tolérer cette langue machiavélique aussi habilement manipulée.

Je sors de la pièce et la referme derrière moi, pour ensuite jeter un œil dans le petit carreau vitré et pare-balle. L’anglophone continue son baratin de jaloux incompétent et tu t’effondres en pleine crise de convulsions, ton coeur incapable de maintenir le rythme. Retenue par les cordes sur la chaise, ton inertie encourage l’autre à s’approcher. L’inévitable se produit, il te touche et ce contact détestable t’enflamme comme une vulgaire poupée de chiffon imbibée d’essence. Il recule, mais il est trop tard, ta tête explose tel un melon bourré d’explosifs.

Je me détourne lorsqu’il se met à lécher le plancher couvert de ton sang, des morceaux de chairs et de tes fluides libérés.

 

John

Pas facile de tuer l’homme à la hache. Cela vaut toutefois la peine d’essayer. John est présent au Salon du livre de la ville de Fromage. Il est installé au stand numéro 12 qu’il partage avec James Patterson. Ses livres sont fièrement exhibés devant lui et quelques passants lui en achètent des copies. Je l’observe de ma cachette, derrière le stand d’une certaine maison d’édition à l’éditrice vaguement ensommeillée, l’ombre de sa massive silhouette me permet de trouver un peu de fraîcheur. James finit par prendre une pause, laissant John tout seul à sa table et c’est le moment que je choisis pour m’approcher. Il me sourit alors que j’achète son roman H2O et la suite – CO2. Je lui demande de signer pour Laurent et le supplie d’utiliser mon crayon spécialement conçu pour l’occasion. Il accepte, trop généreux et dévoué aux lecteurs. Je m’éloigne ensuite avec mes deux bouquins et me dépêche de monter dans mon auto. Il est treize heures, je n’ai pas beaucoup de temps devant moi. Je roule à toute vitesse, jetant de fréquents coups d’œil sur l’horloge dans le tableau de bord. J’espère que John ne remarque pas que j’ai laissé mon crayon sur sa table.

Le pilote monte dans son avion, un tout nouveau Mirage 2000. Il a reçu ses instructions de vol, son avion lourdement armé doit retrouver le porte-avion Charles de Gaule pour être déployé au Moyen-Orient. Il reçoit le feu vert et s’élance sur la piste, tout content de prendre quelques semaines de congé, puisque pour lui, s’éloigner de la France c’est tout un congé. Sa femme lui tombe sur les nerfs, ses enfants chialent sans arrêt et l’action lui manque. Il atteint la vitesse et l’altitude de croisière, le ciel est merveilleusement clair, d’un bleu limpide et seulement quelques nuages l’empêchent de voir le paysage sous lui.

Une alarme résonne soudain dans le cockpit. Des voyants lumineux s’animent et le pilote reste perplexe un moment. Quelque chose d’anormal se passe. L’avion change de trajectoire et il est incapable de reprendre le contrôle. Sur ses écrans, paniqué, il découvre que son radar à non seulement détecté un signal, mais que le système de lancement des missiles s’est activé. C’est un système très sophistiqué qui permet de choisir des cibles au sol, à l’aide d’un désignateur laser. Il semblerait ici qu’une cible ait été choisie, ce qui est impossible. Il tente de contacter sa base, sans succès. Prisonnier d’un appareil qui ne lui obéit plus, il entend soudain le bruit très facilement reconnaissable et troublant de missiles lancés de son avion. Devant lui, de sous ses ailes, deux engins de mort s’élancent dans le ciel français.

John termine sa journée avec une vingtaine de ventes, pas si mal. Il ramasse ses effets personnels, incluant ce très beau crayon qu’un acheteur semble avoir oublié. Il a soif, est fatigué et place sa boîte de livres invendus dans le coffre de sa voiture . Quelqu’un le hèle et il se retourne, c’est Gustave George Leduc, un « ami » écrivain qui l’appelle. Merde ! Il n’a vraiment pas envie de discuter avec ce mec-là, en particulier parce qu’il ne cesse de le draguer. Il se dépêche donc à monter dans sa voiture, verrouillant les portes, lorsqu’un son étrange attire son attention vers l’extérieur. Devant lui, dans le stationnement du parc où se tenait le Salon du livre, tout le monde s’est immobilisé et observe le ciel. John est troublé, curieux, il sort de sa voiture afin de voir ce qui se passe.

C’est là que les deux missiles, guidés par un système compliqué, répondent au marquage dont il a été la victime, mon crayon n’étant autre qu’une toute nouvelle technologie militaire comprenant une puce reliée au système de guidage de l’avion. Un des avantages de cette technologie, c’est qu’elle permet d’avoir des avions sans pilotes, les contrôles de l’appareil soumis à la directive d’éliminer la cible. C’est bon d’avoir des amis dans l’armée de l’air.

Je suis dans ma voiture immobilisé le long d’un boulevard, tenant à la main la tablette directement connectée aux caméras surveillant la place où se tenait le Salon du livre. Il ne reste plus que cendres, fumée et flammes. C’est là que je vois une silhouette sortir du néant, une silhouette humanoïde qui aurait dû être couverte de brûlures. Impression de déjà vu, je repense à Bastien quittant l’incendie de son immeuble sans la moindre brûlure. Mais qui est Bastien et pourquoi son thème astral m’intrigue-t-il à ce moment précis? Ce doit être l’émotion, puisque je cligne les yeux et découvre que ce n’était rien, le vent jouant avec la fumée pour créer des formes diverses.

John est bien mort, vive John.

 

Question de l’ami des Fossoyeurs – Atef Attia : (Merci camarade pour la question)

En tant que Nord-Américain, comment vois-tu le monde de l’édition en France? Dirais-tu que les choses sont plus faciles ou le contraire, notamment dans tout ce qui touche à la littérature de genre?

Réponse :

Merci de ta question Atef. Pour être honnête avec toi, je ne crois pas qu’il y ait tant de différences que cela. La France offre un bassin de lecteurs plus important, donc probablement plus de copies vendues lors d’un éventuel succès. Mais les maisons d’édition sont toutes débordées de manuscrits, publient souvent leurs copains ou des auteurs connus. À la suite de discussions avec plusieurs écrivains, on peut facilement comparer les deux machines éditoriales et trouver beaucoup de points communs. C’est bien entendu pour la littérature de genre, je ne saurais répondre pour toutes les littératures. Je peux toutefois affirmer avoir trouvé beaucoup d’amateurs de fantastiques en France et de très bons lecteurs.

 

Site des Fossoyeurs de Rêves

Site de l’Ivre-Book « Le Tueur des Rails »

 

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2 réflexions sur “Interview d’un FDR : Sylvain Johnson

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