La cloche !

Je n’ai plus le temps de corriger, plus le temps de lire. Plus le temps d’écrire. C’est passager, c’est temporaire, c’est décevant et pourtant, c’est bien là où j’en suis.

Il y a l’école, notre éternel plan B qui devient le plan A de l’écrivain déçu, parce que les livres ont la rage, la plaie bubonique, les oreillons. Ils restent sur les tablettes, les fichiers restent dans les boutiques numériques. Il faut éviter de les toucher, repousser ces terribles messagers d’idées folles. Les gens lisent la merde, parce qu’ils y sont habitués, ils en aiment l’odeur, la texture, le gout, après tout ils en produisent tous les jours.

Le collège c’est des tonnes de livres monotones à lire, des textes à écrire, des scénarios inutiles et hypothétiques à résoudre. Plus il y a de pommes dans le panier, moins on comprend ce qu’il reste après que Julie, Marcel et un autre crétin se soient servis sans permissions. L’école c’est des examens, des tests, des papiers à remettre, tout cela gruge le temps, gaspillent les précieuses minutes. C’est pour le futur, pour un emploi viable dans une société dégradée, peureuse, fiévreuse qui refuse de nous laisser respirer. On veut le diplôme, parce que ce bout de papier à exhiber fièrement nous rapporte plus d’argent, plus de mal de tête, plus de responsabilités, moins de liberté. Le cancer du travail nous ronge, réduit notre espérance de vie, notre libido, mais nous permet de payer l’hypothèque, le prêt personnel pour l’auto, mettre de côté pour le voyage hivernal, les jouets du gamin qui le rendront stupide, la bière qui gonfle le ventre et dégonfle la queue et toutes les autres cochonneries dont on ne peut plus se passer.

On pense trop, on ne réfléchit pas assez, c’est notre histoire, elle s’écrit aussi vite qu’on la détruit.

Vite, il faut retourner à l’école, pas de pomme pour l’institutrice, à cause des lames de rasoir, des poisons, des insectes affamés qui fourmillent dans le fruit pourrissant.

La cloche vient de sonner.

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2 réflexions sur “La cloche !

  1. Ben là, Sylvain, je comprend ta frustration à 110% ! Le domaine de l’édition est une vraie jungle où on te bouffe petit à petit. Faut toujours être sur ses gardes pour ne pas piétiner les plates-bandes d’un haut placé, genre éditeur ou critique littéraire d’un journal à haut volume ou un auteur de «bestseller», sinon on se fait couper de la circulation en criant «ciseaux». Ce p’tit monde là se tape dans le dos parce qu’ils viennent de vendre la biographie d’une vedette (acteur, chanteur, joueur de hockey, de football, etc..) à 10,000 exemplaires ! Ben oui, ils ont fait de l’argent ! Pis après ? La culture s’en va chez’l diable et les librairies arrivent juste à survivre alors que les auteurs, avec le maigre 10% qu’on leur accorde doivent se trouver une job payante ou suivre des cours pour en avoir une ! Pis qui c’est qui profite le plus dans ça ? Quebecor Média encaisse les profits par millions et nous les pauvres cons d’auteurs et journalistes on continue à écrire pour eux !

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