La Main du Diable et autres contes macabres de Gaëlle Dupille.

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Avant d’amorcer la lecture des textes de Gaëlle Dupille, il faut un peu mieux comprendre qui est cette auteure fantastique. Membre des Fossoyeurs de Rêves (une bande d’écrivains détraqués et sérieusement malades qui ne devraient pas être en liberté), elle est aussi éditrice, correctrice, traductrice, voyageuse et la liste est presque sans fin.

Ceux qui la croisent ou voient sa photographie peuvent s’imaginer que parce qu’elle est jolie, elle aime les fleurs, les poupées, les licornes multicolores et qu’elle est douce et gentille, pure et innocente.

Peut-être bien, mais lorsque vous la croisez ou que vous discutez avec elle, il y a un endroit dans son esprit tordu où elle se demande quelle mort atroce pourrait vous convenir. Un endroit où elle analyse les différentes tragédies qui pourraient survenir dans votre quotidien. Elle ouvre sa conscience à la nature humaine, à la perversion et l’horreur qui gît en chacun de nous.

Et c’est cette capacité à creuser l’esprit humain pour nourrir l’imagination d’immondices innommables qui fait de Gaëlle une bonne écrivaine. Ses idées sont comme des moustiques qui vous tournent autour… ils dérangent, mais vous n’arrivez plus à les éloigner, les chasser.

Le recueil « La Main du Daible… » est son nouveau projet. Trois histoires assez différentes les unes les autres, mais avec un point en commun : l’intrusion du fantastique dans la vie des personnages. Il ne faut pas sous-estimer la volonté de l’auteur de vous surprendre, de vous convier à des situations mystérieuses et parfois troublantes.

Pour la nouvelle littéraire au titre « La Main du Diable », nous retrouvons une ambiance digne de l’époque tumultueuse de la petite communauté américaine de Salem, où de malheureuses jeunes femmes se sont retrouvées brûlées vivantes sur la place publique. Un texte assez sombre qui traite de la faiblesse humaine, de son désir constant d’acquérir des pouvoirs qu’il ne peut contrôler. C’est une descente aux enfers, le voyage d’un homme dans les méandres de la folie. Ce récit en est un purement fantastique, bien écrit et dont l’ambiance morbide souligne la tragédie humaine dans toute sa splendeur.

La deuxième histoire s’intitule « La poupée ». Avec les enfants, les poupées sont probablement les êtres les plus détestables, effrayants et méprisables que le cinéma et la littérature nous ont donnés. Qui n’a jamais senti le regard vitreux d’une de ces cochonneries bouger lors d’un déplacement, qui n’a jamais entendu un murmure, détecté un mouvement imprécis? Dans la poupée, c’est un suspense surnaturel qui vous attend, écrit avec un rythme endiablé et une détermination sans fin. L’auteur veut vous troubler et elle réussit son pari. Comme toujours, Gaëlle ne fait pas que nous présenter un phénomène, elle nous l’explique et va à la source. Une histoire à lire au cœur de la nuit, dans le lit et avec la lampe éteinte (Luminosité de l’écran de la tablette au minimum).

La troisième histoire est ma préférée. « L’homme en noir ». L’intrigue qui nous attend dans ce récit des plus mystérieux saura vous surprendre. Une femme en proie à un mal étrange, des symptômes inexpliqués et qu’elle seule peut ressentir. Elle rencontre un autre homme comme elle et ensemble ils chercheront à percer le mystère de leur état. Est-ce des hallucinations collectives? Un rêve? Une expérience scientifique dont ils sont les sujets? Non, ce serait trop facile et il ne faut pas chercher à prévoir le dénouement, il faut lire. Avec des thèmes obscurs, des images vives et des personnages en détresses, c’est une nouvelle qui ferait un très bon film. La fin est délicieuse à souhait.

Deux précieux conseils :

  1. Procurez-vous le recueil « La Main du Diable et autres contes macabres ».
  2. La prochaine fois que vous croiserez une jolie femme, demandez-vous quelles atrocités vous lui inspirez… quelle mort elle imagine et quelle torture lui donne ce sourire que vous croyez vous être destiné!

Ma note : 8/10

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6 réflexions sur “La Main du Diable et autres contes macabres de Gaëlle Dupille.

  1. A reblogué ceci sur Gaëlle Dupilleet a ajouté :
    Deuxième chronique en 2 jours pour « La main du diable et autres contes macabres ». Aujourd’hui, c’est mon camarade Fossoyeurs de Rêves Sylvain Johnson qui donne son avis sur mon recueil.
    Un grand merci à lui, je suis TRES flattée par ses commentaires ! 🙂

  2. A reblogué ceci sur L'Imaginariuset a ajouté :
    Nouvelle chronique de « La main du diable et autres contes macabres ». Aujourd’hui, c’est le Fossoyeurs de Rêves Sylvain Johnson qui donne son avis sur ce recueil, écrit par la FDR Gaëlle Dupille.

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