Lecture d’Anatomie du cauchemar – House made of Dawn éditions

Anatomie-150

 

House made of Dawn éditions est un éditeur numérique que j’ai découvert par hasard sur Internet. Leur catalogue est intéressant, les couvertures de leurs livres sont belles, sombres et mystérieuses à souhait. C’est donc avec plaisir que je parle aujourd’hui du premier livre que je lis d’eux.

Anatomie du cauchemar.

Il s’agit d’un recueil de nouvelles littéraires, 13 pour être plus exact. Ce sont des nouvelles fantastiques, des récits qui vous plongent parfois dans l’horreur, le thriller, l’action et tout cela dans un mélange agréable de folie et de morbidité humoristique. Cette diversité est une force du recueil, puisque cette différence de thèmes et de géographies nous permet d’explorer les multiples facettes de l’imagination fertile des auteurs mis à contribution. Chaque nouvelle page tournée est une autre aventure susceptible de nous surprendre.

« À l’intérieur, tout est sombre. Sombre des feuilles qui envahissent les fenêtres aux carreaux cassés, sombre aussi de l’orage dehors qui tonne maintenant. »

La présentation du recueil numérique m’a vraiment plu. L’illustration de la couverture est évocatrice, nous permet d’anticiper ou de prévoir le pire dans les récits présents dans le bouquin. C’est un volume de 344 pages, qui est une bonne affaire pour un prix aussi modique, en particulier parce que les histoires ont une qualité littéraire et éditoriale très professionnelle (malgré quelques petites erreurs d’orthographe dans une ou deux des histoires). Chaque nouvelle est précédée d’une note de l’éditeur présentant le texte et une note de l’auteur. Une illustration nous est aussi offerte avant l’histoire en question.

Je me suis bien amusé avec cette lecture fantastique comme je les aime. Certaines histoires m’ont plu davantage que d’autres et c’est tout à fait normal avec une anthologie aussi diverse.

Voici quelques commentaires sur certaines des histoires.

Arctique (David Coulon)

  • C’est un récit d’horreur avec une touche humaine – un refus évident du néant, l’exploration d’un état de peur et d’incertitude.
  • Le texte angoissant est écrit en phrases courtes, ce qui s’avère un bon véhicule pour exprimer les états d’âmes troublées des personnages. C’est ce style télégraphique qui permet un rythme rapide dans l’action.
  • Ce texte m’a fait quelque peu fait penser à « L’orange mécanique » ou encore « American Psycho » et pourquoi pas « L’étranger » de Camus.

Un joli petit coin (David Miserque)

  • C’est un hommage aux films ou romans routiers où des personnages se retrouvent dans des patelins perdus, des routes sauvages et mystérieuses.
  • Bien que ce texte ne soit pas mon préféré, on y retrouve les éléments classiques du « Slasher » américain, souvent prévisibles, mais qu’on regarde quand même du début à la fin.

Colère noire (Thomas Baronheid)

  • Ce texte est basé sur des éléments d’actualités, un accident de mine tragique largement médiatisé autour du globe.
  • L’auteur parvient facilement à nous faire vivre l’angoisse du prisonnier de ces conduits sombres et poussiéreux.
  • C’est une bonne histoire, qui n’est pas nécessairement de l’horreur, mais plutôt la présentation d’une légende ancienne auxquels des hommes feront face. Qu’y a-t’il sous terre, dans ces endroits inaccessibles et difficiles d’accès? Quels dangers nous guettent dans les profondeurs souterraines?

L’abomination dans l’assiette (Henri Bé)

  • Influence « Lovecraftienne » indéniable dans cette histoire où se mélangent l’humour et le mystère. Parfait pour les amateurs de récits du genre.

L’amour écorché (Cindy Paillet)

  • Un de mes textes préférés du recueil.
  • L’auteur à une très belle plume, une écriture envoutante. La narration utilisée nous garde captifs, elle est judicieuse à souhait.
  • C’est une histoire de fantôme – mais attention, des fantômes pas tout à fait classiques.
  • La fin est un peu comme une gifle, elle nous secoue.

Petites pensées métaphysiques (David Coulton)

  • Voilà un texte difficile dans son sujet, vraiment pas pour les esprits sensibles. Un mélange de violence, de démence qui assure des émotions fortes aux lecteurs sans être d’une brutalité gratuite ou déplacée.
  • Le texte débute avec force, nous conduit dans une suite de questionnement intense vers une fin très surprenante et que j’ai beaucoup aimée.

Nous chanterons sous le soleil (Colin Manierka)

  • Voici un conte western avec certains des éléments classiques du genre. Saloon, cheval, petite ville pourrie. L’ajout du fantastique dans tout cela est assez particulier.
  • C’est un récit imprévisible, on ne sait pas trop où l’histoire nous conduit, ce qui va arriver et c’est bien comme cela.
  • Un bon texte.

En boucle dans la vallée (Aleister K.)

  • Qui n’a jamais craint de se perdre en voiture, de se retrouver dans une réalité parallèle ou de tomber dans un piège à saveur fantastique?
  • C’est un court récit, une situation étrange, une bonne ambiance. L’obscurité de l’histoire nous semble tangible, elle est très bien décrite.
  • Je n’ai pas vraiment compris la fin.

Zombies et mescaline (Damien Buty – R.Ehrengandt)

  • Ce texte est tiré d’un roman en cours d’écriture. C’est un pied de nez aux histoires fréquentes et classiques de fin du monde, d’holocauste zombies ou autres virus venant nettoyer la planète de toutes ces vies inutiles.
  • Ce texte saura faire plaisir aux amateurs d’humour, avec ses situations loufoques, son intrigue irréaliste et ses personnages pour le moins particuliers. Garder l’esprit ouvert en lisant ces pages.

Les voleurs de vie (Christophe Semont)

  • Peut-être mon histoire préférée dans le recueil.
  • On embarque dès les premiers mots, cette histoire m’a brièvement fait penser au film « Prédateur » — avec le thème des militaires dans la jungle et la menace inconnue.
  • L’histoire est agilement construite autour du moment présent, du personnage qui revit les moments passés et se prépare à une conclusion pour le moins étonnante.
  • Le rythme en fait un récit captivant.

Habla bien de aca (Damien Buty)

  • Récit mystique de magie noire, de vaudou, de sorcellerie et d’incantations dans un cadre exotique tout à fait invitant.
  • Les paysages et les descriptions culturels nous donnent le goût de voyager. L’ambiance de l’histoire et la mise en scène du récit sont réussies.

Le puits a faim (Renaud Ehrengardt)

  • Dans mon top 3 histoires du livre.
  • C’est un récit qui prend naissance dans le souvenir d’une peur d’enfance de l’auteur. Comme nous en avons tous.
  • C’est une bonne histoire du début à la fin, avec des thèmes et rebondissements imprévisibles.

Pour terminer, je tiens à remercier House made of Dawn pour ce bon moment de lecture. C’est une anthologie que je recommande à tous.

Vous apprécierez les images entre les textes, le ton parfois humoristique et angoissant des présentations. Quel plaisir de découvrir autant d’auteurs que je ne connaissais pas. En plus, la symbolique du nombre d’histoires – 13 – cache peut-être un secret… mais comme je crains pour ma vie si je vous le divulgue, c’est à vous d’en faire la découverte… et on saura si vous avez survécu!

Ma note 8.5/10

 Liens utiles :

House made of Dawn éditions.

 

 

 

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2 réflexions sur “Lecture d’Anatomie du cauchemar – House made of Dawn éditions

  1. Bonjour !

    Je découvre cette critique qui semble pourtant dater (merci House Made of Down de l’avoir partagé hier!) et je suis très contente de savoir que mon texte, « L’Amour écorché », vous a plu !
    Merci pour sa lecture et cet avis sur l’anthologie. 🙂

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