Lecture de Sang d’Encre d’Atef Attia.

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Qui est Atef Attia :

Atef est né en 1980 à Tunis. Il est diplômé de l’École Supérieure de Commerce, mais sa passion première demeure la littérature. Grand consommateur de livres, spécialement de Fantasy et de Polar, il se met à l’écriture en 2005. Sa nouvelle « Affliction » lui vaut le premier prix du concours littéraire organisé par le Programme des Nations Unies pour le Développement, en 2013. « Sang d’Encre » est son premier recueil.

Résumé du livre :

Pour Steven Hicks, la chute des premiers flocons de neige est un funeste présage, celui du renouveau d’un cycle sanglant. À Londres, Olyphant Blitch use de méthodes peu orthodoxes pour régler « définitivement » certains pépins administratifs. Ailleurs, les confessions d’un mari désespéré prennent une tournure inattendue. Quant à Ronnie McTiernan, tueur à gages sur le retour, sa vie rangée bascule lorsqu’il se fait rattraper par les fantômes du passé.

Commentaire :

La première chose que l’on remarque, c’est le format intéressant du livre. J’ai pour ma part tout de suite aimé le format de poche, plus petit et facile à transporter, à ranger et à lire au lit. Facile à tenir d’une main. La couverture est belle, intrigante à souhait et avec suffisamment de classe pour ne pas tomber dans l’inutile macabre.

Ce recueil est d’un genre particulier de l’imaginaire, puisqu’il n’explore pas les avenues du fantastique, de la science-fiction ou du surnaturel. Le lecteur est plutôt adroitement dirigé vers les méandres beaucoup plus sombres de l’esprit humain, de la nature de cette race destructrice et mystérieuse que nous sommes. C’est une vraie incursion dans la déviance de l’humanité, dans ce qu’il y a de plus bas en chacun de nous.

D’où vient ce mal, Atef?

L’écriture de l’auteur est franche, belle et poétique par endroit, c’est un beau français qui nous laisse deviner une influence américaine dans le traitement des actions et de l’intrigue. C’est un français qui m’a semblé un brin aristocratique. (Me fait penser à un ami du Maine qui a été élevé dans les deux langues) J’aime bien.

Les histoires :

Un boulot comme un autre :

Cette première nouvelle nous donne le ton du recueil. Elle frise la critique sociale ouverte, s’amuse à jouer avec notre imagination et notre esprit déjà tordu. Olyphant Blitsch est un employé de banque dévoué, au service de cette institution qui saigne les clients à blanc. Dans un monde où l’argent est maître, où est la limite entre la raison et la folie? Suivez le guide, vous verrez bien!

Frantic:

Cette seconde nouvelle nous démontre la grande souplesse de l’auteur. Tout au cours du récit, en fait dans toutes les histoires, il nous fait voyager de par le monde, avec des personnages aux noms évocateurs et inhabituels. Tappalooza, Aroostook, Magnus, Lorely, Olyphant Blitsch, Bérénice Altman. Ses références culturelles, sociales et autres sont d’une pertinence appréciable, ajoutant à l’histoire une validité et un talent qui surprend.

C’est le récit d’un pauvre bougre qui s’est installé dans une ville où il était de passage. Son passé incertain l’oblige à rester en contact avec son agent de remise en liberté conditionnelle, il est un donc un ancien criminel.

Steven est devenu un homme sans histoire, du moins c’est un peu l’idée qu’on se fait. Très vite, le doute nous envahit et l’étrangeté de cet individu nous captive. L’hiver semble avoir un impact important sur lui et c’est au cours d’une suite d’évènements violents, macabres, que sa vraie nature nous sera dévoilée. C’est une belle plongée dans la véritable Amérique profonde, celle qu’on croit connaître, qui porte un masque souriant, sous lequel un rictus de haine nous attend. La fin est tout simplement machiavélique à souhait.

« Il est temps, l’hiver est là et les vieilles habitudes ont la peau dure. »

Nuit du jugement :

Nous découvrons ici un tueur à gages. Un homme troublé, mais efficace, au passé tragique et qui, comme tous les hommes d’un certain âge, en viennent à se questionner sur leur vie. Certains s’achètent une voiture sport, fréquentent des jeunes femmes dans la vingtaine, d’autres entendent des voix. L’auteur vient ici nous prouver que les tueurs à gages ont aussi une conscience!

Une séparation :

Quoi de mieux pour clore ce recueil qu’une lettre d’amour? Un homme qui pleure la femme perdue, celle qui devait être l’amour de sa vie et qui l’a quittée pour un autre. À travers ses mots désespérés, il revit le premier moment, le premier baiser et la vie commune, le quotidien en dent de scie. Mais cet homme, sous la plume d’un Atef qui refuse de nous laisser en paix, ouvrira son cœur d’une manière vraiment approfondie. La vérité est parfois plus choquante et troublante que le mensonge. L’escalade de la folie apparaît avec la valse des mots, des idées et des images poignantes. Cette lettre termine le recueil en beauté, mais c’est une beauté sanglante.

« Sang d’Encre » est un voyage dans les méandres de l’esprit humain, le long de ce corridor sombre où les portes ne se referment que temporairement sur l’horreur, le temps de nous convaincre que le danger est passé, mais ce n’est qu’un leurre.
C’est à souhaiter de pouvoir lire bientôt le nouveau Atef Attia.
Bonne lecture.

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5 réflexions sur “Lecture de Sang d’Encre d’Atef Attia.

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