Lecture des Contes Du Grand Veneur – Romain Billot

Contes du Grand Veneur

Écrivain, nouvelliste, raconteur, rêveur, blogueur, éditeur, montagnard… Romain Billot c’est tout cela et encore plus. J’ai eu l’occasion de lire plusieurs textes de Romain au cours des années, soit sur son site ou encore dans des revues et magazines où on retrouvait ses nouvelles. Une chose m’a toujours impressionné chez cet auteur français et c’est son talent à nous raconter, nous divertir et nous faire réfléchir.

Lorsque le recueil du Grand Veneur est sorti, je n’ai pas hésité à en faire l’acquisition, car je savais qu’un bon moment de lecture m’attendait.

Au moment de tourner la dernière page du recueil (mon lecteur numérique me donne l’illusion de vraiment tourné les pages de papiers et j’adore cette fonction)… je souriais. Je venais de passer un très agréable moment et j’aurais tant aimé pouvoir le prolonger. Dans les pages de ce livre, j’ai voyagé dans mon passé, retrouvé les copains, renouer avec des connaissances. J’ai revécu des moments intenses de mon enfance, j’ai plongé au cœur de la mémoire de l’adulte que je suis, ayant grandi trop vite.

Voilà ce que je recherche dans la lecture, l’évasion, l’aventure, la recherche de souvenirs oubliés, de rêves à venir. Les nouvelles réunies ici sont idéales pour tous, grands et petits. Elles peuvent être lues dans votre salon, sur la plage, près d’un feu lors du camping ou dans un grenier sombre.

La seule limite est celle que le lecteur s’impose.

Romain vient une fois de plus de nous le prouver – il est un grand narrateur et le lecteur se laisse bercer par son imagination, sa poésie, son langage coloré et par l’imprévu qui nous guette à tout moment.

Romain Billot

Présentation de Romain Billot :

Romain Billot est le fondateur de la revue de l’étrange et de l’imaginaire, Freaks Corp qui a vu le jour en 2009 et de la DTF (ligue de défense Transatlantique du Fantastique) en partenariat avec le fanzine Nocturne CE. Écrivain français, il publie dans plusieurs revues dans son pays d’origine et aussi au Québec. Il détient un Master de lettres à l’université de Bourgogne. En 2012, il retourne s’installer au pied du Plomb du Cantal pour renouer avec ses origines et y trouve sa principale source d’inspiration…

Plusieurs publications, dont deux recueils de nouvelles et un roman, sont prévues pour 2013…

Impressions de lecture sur les nouvelles :

Kidnapping amorce le bouquin avec brio, on découvre les jeux de l’enfance dans tout ce qu’ils ont de plus mystérieux et de brutal. Un univers rempli de tyrans, de victimes, de témoins impuissants.

Avec Lady Crowley, c’est l’univers injuste de la médisance, des rumeurs et de la folle cruauté de certains.

Charmiance nous entraîne au travers de l’imagination fébrile d’un gamin dans une forêt énigmatique. Une rencontre improbable qui changera les choses.

Résurgence nous présente deux frères, bien différents l’un de l’autre. Deux enfants témoins d’un phénomène particulier, dans un lieu à l’histoire plutôt macabre. Qu’est-ce qui se cache vraiment sous la surface?

Innocence c’est l’envers de la médaille pour les tyrans qui terrorisent les plus faibles. Le regret viendra s’unir à une conscience un peu tardive pour vous présenter un dénouement qui vous surprendra.

Phantasmagoria nous montre la solitude et la peur qui se côtoient, l’imagination débordante et la réalité qui s’entremêlent. L’escalade de l’effroi dans un esprit sensible. Encore un dénouement agile.

La nuit des monstres est une aventure dans un endroit qu’il aurait peut-être mieux valu éviter. Motivés par la curiosité, des amis ouvriront des portes qui n’étaient pas destinées à être ouvertes par des âmes sensibles.

Jeux d’enfants se déroule à l’Halloween. Une fête célébrée et tant attendue par beaucoup de gens autour du globe. Mais une fête qui peut tourner au cauchemar.

Évasion est plus qu’une nouvelle, c’est la réalité pourtant sombre de beaucoup de gamins. Une réflexion sur l’état de fuite, sur le désir d’évasion, sur l’aboutissement d’un rêve. Un miroir qui reflète l’inaptitude parentale malheureusement trop fréquente.

Hantise est l’histoire parfaite pour clore le livre. Un récit intense et rempli d’actions, de questionnement. La dernière phrase du roman est un message d’espoir que nous offre l’auteur.

Commentaires :

Ces contes nous rappellent ceux des auteurs des siècles derniers, Lafontaine et les frères Grimm, pour ne nommer qu’eux. Ils se déroulent dans un contexte moderne, avec des sujets actuels. La poésie et l’imagerie nous permettent de nous laisser aller, de nous imaginer en pleine aventure avec les personnages charmants, détestables ou mystérieux. La belle écriture de l’auteur vous séduira.

Le thème central des nouvelles semble être l’enfance, avec ses peurs, ses illusions, ses mensonges, ses découvertes, son lot de péripéties et de hantises. Les récits se suivent avec brio, nous invitant à Malcombe et dans la légendaire Forêt du Grand Veneur. Un lieu mystérieux où des disparitions, des évènements inexpliqués ont été à maintes reprises signalés par des habitants des environs. Un lieu parfait pour éveiller l’imagination des gamins, les pousser à ignorer les interdits, les avertissements et les limites.

Stephen King à son Derry Maine, Romain nous entraîne à Malcombe.

Les personnages de ces histoires reviennent nous visiter tout au long des contes, ils font partie de la légende. Les frères Dupré, Eddy la teigne, le père Fixar, Mademoiselle Remugle et tous les autres nous tiendront compagnie.

En résumé, c’est un très bon recueil de nouvelles qui saura vous charmer, vous faire réfléchir et qui vous rappellera un peu de votre jeunesse.

Bravo!

Forêt du Grand Veneur

J’ai eu le privilège d’interviewer Romain Billot après la sortie et la lecture de ce livre. Il s’est prêté au jeu avec générosité et je l’en remercie sincèrement.

SJ : — Les Contes du Grand Veneur ne sont disponibles qu’en numérique. Existe-t-il une raison particulière pour ce choix d’édition?

Romain : — Oui, c’est assez simple en fait… Je ne voulais pas sortir ces textes au départ, car ils étaient mon enfance littéraire (par peur, etc.), mais le fait d’être sollicité par un éditeur de ma région et publié en numérique m’a parlé : économiser du papier, une plus large diffusion et un accès à des personnes qui délaissent souvent la lecture à cause de problème de vue (les liseuses sont une bonne solution à ça)… Et si le recueil marche, et bien on sacrifiera peut-être un peu de papier… On va dire que c’est un test, ni plus ni moins…
SJ : —  D’où vient l’idée de ce recueil de nouvelles? Pouvez-vous nous faire découvrir votre cheminement d’auteur qui a mené à ce projet?

Romain : — Très simple, je racontais ce genre d’histoires à mes deux meilleurs amis au fond des bois étant gosse, si j’arrivais à les faire frissonner et mieux encore à passer une nuit blanche dans la tente, la nouvelle était validée pour la suite, donc pour l’écriture! J’ai commencé comme les druides, exclusivement à l’oral… Ce n’est que des années après que je me suis mis à les écrire…
SJ : — Est-ce que la forêt du Grand Veneur est réelle ou simplement issue de votre imagination?

Romain : — Ça pour être réel, tu n’as pas idée! Elle s’inspire de légendes, mais surtout de choses concrètes que j’ai vécues entre les bois du Morvan et ceux du Cantal…
SJ : — En me basant sur vos personnages, qui sont très majoritairement des enfants, et sur les aventures qu’ils vivront, je crois être en mesure d’établir que l’enfance est le thème central de cette histoire. Pourquoi? Qu’est-ce qui vous intéresse, vous intrigue dans ce thème?

Romain : — L’enfance est le terreau fertile où chaque adulte se construit par la suite pour le meilleur et le pire… C’est la base! C’est à la fois un jardin d’Éden et l’enfer pour chacun d’entre nous. Même si pour rien au monde je n’aimerais revivre mon enfance, cela reste l’instant clef de toute ma vie et un sacré moment, intense, jouissif! Probablement mes souvenirs les plus importants! Surtout vis-à-vis de l’amitié justement…

SJ : — Quel est le public cible de ce livre?

Romain : — Les enfants en fin de parcours, les adolescents et les adultes qui ont su garder leur âme d’enfant!
SJ : — Ce recueil me fait penser aux contes que nous lisions enfants, aux fables et histoires que les adultes nous racontaient. C’était un moyen de nous faire la morale, de nous préparer pour le monde et aussi de nous faire peur. Était-ce votre intention de le présenter ainsi?

Romain : — Exactement! Je ne suis pas un moralisateur, bien au contraire, je déteste donner des leçons de morale, mais en revanche, j’aime les moralistes, car ils comprennent l’âme humaine et ouvrent des portes, ils amènent à réfléchir sur notre propre condition… j’adore les contes pour enfants dans cette optique, car les avertissements qu’ils enseignent sont forts, cruels et terrifiants… J’ai cherché à atteindre la même dimension, mais d’une façon ludique, caricaturale, pour mieux faire frissonner et rire à la fois…

SJ : — Évasion est une profonde réflexion sur l’enfance brisée par les adultes. C’est à mon avis la nouvelle la plus touchante du livre. « Comme beaucoup de jeunes de son âge, il se sentait juste étranger à lui-même, aux autres et au monde entier. » — Est-ce une réflexion sur votre propre jeunesse ?

Romain : — Oui et non… J’ai eu une enfance dorée grâce à des parents aimants et compréhensifs qui m’ont laissé une sacrée liberté et une bonne marge de manœuvre pour leur plus grand malheur… Ils m’ont toujours encouragé pour l’écriture par exemple… Mes désillusions et ma souffrance, c’est à l’école en compagnie de mes camarades et de mes professeurs que je les ai connues… mais c’est vrai que chaque adolescent est un étranger à lui-même et aux autres comme dans le livre de Camus, c’est une de mes certitudes! Il doit avancer, apprendre par lui-même, vaincre ses peurs… Heureusement l’âge est là pour rééquilibrer la balance! Donc, pour mes contes, je me suis surtout mis à la place des pauvres gosses confrontés à des parents encore plus oppressants que les murs d’une prison (et ça, j’en ai connu malheureusement)!
SJ : — Avez-vous été victime d’intimidation dans votre enfance? Étiez-vous un gamin comme Michael dans Résurgence, un peu macabre, avide lecteur de BD et de films d’horreurs, à l’imagination fertile?

Romain : — Oui, je ne cacherais pas que j’ai ramassé de sacrées branlées par certains de mes camarades à l’école… Que j’ai même parfois été un souffre-douleur pour les grosses brutes au collège… Mais bon, il y a pire, surtout qu’avec l’âge je me suis rendu compte de la souffrance de mes tortionnaires qui était bien pire que la mienne, et que grâce à eux j’ai appris à me défendre contre n’importe qui… Donc… Je leur pardonne et les en remercie…

Pour Michael, je tiens à dire que je suis à la fois lui et son frère aîné : un mélange de science et d’ésotérisme… Mais c’est vrai que comme dans « résurgence » et « jeux d’enfants », je suis très connecté à la veine macabre et horrifique…
SJ : — Comment faire pour se procurer votre livre?

Romain : — Très simple : Amazon, Chapitre, Numilog et n’importe quelle plate-forme numérique!
SJ : — Où peut-on suivre votre carrière, découvrir vos publications et vos projets?

Romain : — Là aussi, c’est simple… Sur mon site personnel : http://romainbillot1982.wordpress.com/

Advertisements

Une réflexion sur “Lecture des Contes Du Grand Veneur – Romain Billot

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s