Sang de cochon – Un roman policier.

54431881_372029386745415_9162360673500397568_n.jpg                Mon petit dernier, Sang de cochon, est maintenant en librairies. J’en suis très fier, en particulier puisqu’il s’agit de mon premier roman entièrement policier, sans éléments fantastiques ou d’horreurs. Ce fut tout un défi pour moi d’écrire ce livre, en particulier parce qu’il m’a fallu repousser mes envies d’incorporer du fantastique pour expliquer certaines choses. Tout comme le fait que nous avons la chance, au Québec, d’avoir de très bons écrivains du genre. Je m’en trouvais donc intimidé et conscient d’empiéter sur un territoire largement dominé par des plumes exceptionnelles. La barre était haute, croyez-moi.

                Sang de cochon s’intègre, avec quelques romans que j’ai écrits, dans ce que je considère ma phase « Mauricie ». Le premier fut « La petite sirène » dont une partie de l’action se déroulait au festival western de St-Tite, où j’ai fait mon secondaire. C’est aussi dans cette région que vit une grande partie de ma famille du côté maternelle. J’y ai grandi. L’action de Sang de cochon se déroule donc dans un endroit magique à mes yeux, puisque c’est là qu’est né mon désir d’écrire, c’est aussi là que j’ai exploré la littérature du genre et développé une imagination qui m’a souvent causé des pépins. Vous retrouverez la Mauricie dans mes deux prochains romans à venir (et oui, j’ai d’autres manuscrits de soumis). Ste-Thècle, pour ne pas le nommer, est un petit village tout particulier qui aura toujours une grande place dans mon cœur.

                Le roman. Imaginez être un policier de la Sûreté du Québec, dans un endroit assez calme où les intoxications en publics, les animaux qui s’échappent des pâturages et les querelles familiales constituent la plus grande partie de votre travail. Cela va bientôt changer pour l’agent Bruce Paris, qui se retrouvera avec un mort dans une porcherie à l’existence contestée par une partie de la population. C’est ainsi que s’amorce Sang de cochon, avec un gardien de sécurité décédé et une enquête d’apparence tout à fait banale. Toutefois, les morts vont se multiplier, dont certains sont des policiers que côtoyait l’agent Paris. Une famille entière disparaîtra et on craindra le pire à leur sujet. L’apparition d’un enfant démon qui semble en vouloir à notre policier dépassé par les évènements ajoutera au mystère. La politique, l’argent, le pouvoir, les expériences scientifiques illégales formeront un bien dangereux cocktail.

                Je n’en dis pas plus, puisque je vous laisse découvrir « Sang de cochon ».

                Bonne lecture et un grand merci !

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Des nouvelles ?

Qu’est-ce que je fais de bon ces temps-ci ? Pas grand-chose. Il faut dire que les deux dernières années ont été très occupées du côté littéraire. J’ai sorti deux Contes interdits et deux autres romans. Le Joueur de flûte de Hamelin et la Petite Sirène. Le Monstre de Kiev et la Perle scandinave. Ça fait beaucoup.

J’ai deux ou trois projets en préparation pour les mois à venir. Des romans soumis à mon éditeur. Je n’en dis pas plus. 😊

En ce moment, je suis en train de me ressourcer et de faire la collecte d’idée pour mon prochain projet de création littéraire. C’est le processus le plus difficile en ce qui me concerne. Quand je n’écris pas, je ne suis vraiment pas du monde. Je suis irritable et je m’ennuie à mourir. J’ai besoin de ma routine de création.

Alors, je joue avec le petit et je continue à travailler, je fais des randonnées pédestres et je profite de la vie qui est très belle.

Pourquoi écrire l’horreur ?

violence.jpgPourquoi écrire l’horreur ?

Il y a de la violence dans mes romans. Des meurtres, des viols, des actes horribles et des horreurs innommables. Pourtant, je n’en fais pas la promotion, je n’encourage pas ces choses-là.

Alors, pourquoi écrire là-dessus ?

Bien simple. Que tous ceux qui lisent ces mots y pensent un moment. Que ceux qui ont été victimes de violences conjugales lèvent la main. Ceux qui ont été victimes d’agressions sexuelles, d’intimidation, de brutalités gratuites, de vols, d’injustices, de fraudes, d’abandons…

Je parie que beaucoup ont la main levée ?

Pourquoi écrire la violence et l’horreur ? Parce que c’est une partie de notre quotidien et celui de notre voisin, de notre épouse, de notre fils. Nous vivons ce genre de situation. Ouvrez n’importe quel journal, écoutez le bulletin de nouvelles ou allez sur les sites Internet de nouvelles. Notre monde en est un assez macabre merci. Est-ce que les journalistes nous décrient la brutalité humaine pour la rendre plus acceptable et la célébrer ?

Absolument pas. Tout le monde le sait. Pourquoi pas les écrivains alors ?

Mes personnages ne sont pas nés dans un champ de rose, pour grandir entourés de fées et de papillons d’une beauté inimaginable, avec de doux baisers sucrés et des ballons colorés qui flottent dans le firmament.

Mes personnages sont réels et souffrent, puisque nos écrits, souvent, sont le reflet de notre société.

Est-ce que j’encourage et fais la promotion du viol et de la violence ? Bien sûr que non, je la dénonce, même si certains de mes personnages semblent l’apprécier. Écrire au sujet d’un viol sans parler du plaisir qu’en ressent le violeur est un peu stupide, non ?

Je vais continuer à écrire la folie humaine dans toute sa laideur, la décrire et la faire vivre, parce qu’elle est aussi partie intégrale de notre monde. Il existe d’autres sortes de romans pour ceux qui veulent rire et s’émerveiller dans un bouquin. Pour ceux qui veulent une histoire d’amour sans problèmes.

J’ai décidé de dépeindre un aspect de la vie, pas que je l’encourage. Loin de là. Il faut parler de ces choses-là pour en montrer l’horreur et décrire le calvaire des victimes.

Pour aider les autres.

J’espère que cela répondra à ceux qui me demandent pourquoi j’écris des romans d’horreur.

Les contes interdits, tome 05 – Le joueur de flûte d’Hamelin

Un beau commentaire sur mon roman « Le joueur de flûte de Hamelin »

Les lectures de Gustave le chat

Les contes interdits, tome 05 – Le joueur de flûte d’Hamelin de Sylvain Johnson

Éditions AdA, 2018, 240 Pages

Cinquième tome de la série « Les contes interdits » écrit par Sylvain Johnson et publié initialement en 2018.

Denis Lebeau vient d’être libéré du pénitencier après avoir purgé une peine de 20 ans. Il a été accusé et jugé coupable, à tort selon ses dires, de meurtre. Pour recommencer sa vie incognito, sans la terrible étiquette de meurtrier, il décide de s’installer dans le Maine aux États-Unis. Il va débarquer dans le petit village côtier de Parc de l’Océan. Mais rien ne se passe comme il le souhaitait. Dès son arrivée, il se brouille avec le shérif, un homme sinistre et alcoolique, et celui-ci découvre son terrible secret. Denis apprend que ce village cache de grands secrets : des disparitions de jeune femme régulièrement depuis 20 ans, la légende de la…

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Quel « conte interdit » dois-je lire en premier ?

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C’est une question qui revient souvent chez ceux qui n’ont jamais lu de contes interdits. Il y a onze livres dans la série et le lecteur se retrouve avec l’embarras du choix.

Ce n’est pas une science exacte, il n’y a pas un livre en particulier qu’il faut choisir pour découvrir adéquatement la série. En fait, il existe plusieurs éléments qui peuvent influencer votre sélection. Je m’explique.

Tout d’abord, il y a les écrivains. Sept individus différents, avec des plumes distinctes, des thèmes et une manière de voir l’horreur qui leur est propre. Certains peuvent opter de découvrir cette série en se basant sur leur appréciation d’un auteur en particulier, parce qu’ils le connaissent et ont déjà lu un autre de ses romans. Par exemple, vous avez lu et aimé la série « Les yeux jaunes » d’Yvan Godbout. Cela peut fortement influencer votre choix, puisque vous adorez déjà l’écriture de ce gentil monsieur.

Un autre élément qui peut influencer votre décision repose dans le conte original lui-même. J’ai croisé des gens qui adorent tout simplement « Peter Pan » ou encore « La petite sirène », au point d’avoir des tatouages de ces personnages. Ils voudront s’emparer de ces livres en premier. C’est aussi très bien.

Il ne faut pas oublier qu’on peut découvrir la série en se basant aussi uniquement sur la couverture, pour ceux qui aiment le visuel. Avec les couvertures devant vous, au Salon du livre ou en librairie, cela peut fortement influencer votre choix. Il faut dire que les romans sont très beaux et que les illustrations sont magnifiques. Parfois subliminales et énigmatiques.

Chez certains, ce sera le résumé du livre au dos du bouquin qui sera l’élément déclencheur d’intérêt. Quelques lignes qui donnent le ton du récit à venir et qui peuvent fortement soulever la passion et une tonne de questions.

Une critique lue, un commentaire sur Facebook, Twitter ou autres, le bouche-à-oreille peut aussi s’avérer une bonne source d’inspiration pour votre choix de roman.

En fait, il n’y a pas d’ordre précis dans la série, pas de bon ou mauvais livre pour commencer. De plus, si un des romans vous plaît moins, que ce soit à cause de la manière dont il est écrit, de l’histoire ou simplement parce que des fois, on n’embarque tout simplement pas dans une histoire, ce n’est pas grave. C’est possible. Mais cela veut aussi dire que vous avez dix autres contes à explorer. C’est une bonne nouvelle, non ?

Il y en a pour tous les goûts ! Pourvu que vous aimiez l’horreur, le fantastique, le thriller, l’aventure et un peu de sexe.

Bonne lecture et bienvenue dans l’univers des Contes interdits.

 

Découvrez les Contes Interdits en librairie !

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Pedro le mécanicien !

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Je dois admettre quelque chose. Je ne suis pas un gars de char. Cela ne m’intéresse pas. S’il roule, me permet d’aller du point A au point B, et qu’il y a des portes et des pédales, c’est déjà bon. Le reste, on improvise. Donc, je n’y connais rien, mais strictement rien. Je peux changer l’huile, réparer une crevaison et c’est déjà bien, non ? Est-ce que notre camion est un V6 ou V8 ? Aucune idée, mais il a les quatre roues motrices. En plus, je sais où mettre l’essence !

Pourquoi parler de cela ? Cette semaine, notre camion (Chevrolet Tahoe) s’est mis à faire de biens drôle de bruit. Puis, la belle petite lumière qui nous indique un problème est apparue sur l’écran de bord.

En bon gars qui ne connait rien, je l’emmène à Pedro, mon mécanicien. Il y jette un coup d’œil. C’est un problème de bougie d’allumage, d’accumulation de quelque chose quelque part qui fait que cela ne fonctionne pas tout à fait comme prévu. Il faut changer les bougies. Parfait, cela ne devrait pas couter trop cher. Je lui laisse le camion, retourne chez moi.

Pedro m’appelle un peu plus tard et m’apprend qu’on doit changer les bougies, des câbles et une poulie. S’il le dit. C’est lui l’expert. Changeons la poulie et les câbles. Que faire d’autre ?

Deux heures plus tard, Pedro m’appelle et m’explique avoir découvert une fuite dans la pompe à eau. Quoi faire ? C’est quelques centaines de dollars. Même si je voyais la pompe à eau et qu’il me montrait le problème, je serais incapable de déterminer si c’est vraiment un problème et si c’est vraiment une pompe à eau. Je donne mon accord pour faire cette réparation.

Le lendemain, Pedro appelle encore. Le thermostat requiert d’être changé et un de mes joints d’étanchéités doit aussi être remplacé. Il me semble que c’est sérieux, non, un thermostat ? Des joints ?

En réalité, lorsque tu ne connais rien à la mécanique, c’est un peu comme être un patient confronté à des résultats de tests. Tu regardes les rayons X, les échographies et autres documents dans ton dossier. Le docteur les étudie en hochant la tête avec intérêt et comme si c’était évident, tandis que tu ne vois juste rien. Il faut lui faire un peu confiance, en particulier s’il te dit que tu dois subir une opération ou commencer un traitement. On veut toujours éviter qu’un problème empire. Surtout avec ton corps. On peut toujours demander un second avis à un autre mécanicien ou docteur.

J’ai besoin d’une voiture en bon état et je ne veux pas tomber en panne.

La journée est presque finie et le téléphone sonne à nouveau. Je ne veux pas répondre, je suis convaincu que c’est Pedro. Et j’ai raison. Un autre problème. Il m’envoie même une photo de la pièce brisée dans un message texte. Je ne comprends même pas ce que je vois sur le cliché ! Je ne vois pas ce que cette chose a de brisé et je ne comprends tout simplement pas le langage utilisé dans son message. Je fais quand même semblant. Je lui dis qu’il a raison et qu’il devrait la changer.

Le montant des réparations devait être dans les dizaines de dollars et se retrouve maintenant à plus de mille dollars. Je songe un moment à lui offrir 200 $ pour qu’il aille abandonner mon camion dans une carrière et y mettre le feu.

Il faut peut-être que je m’achète une nouvelle voiture ?

Pedro m’assure que ma Chevrolet est un très bon véhicule, que le moteur est en bon état et tout le reste. Dans le fond, avec tout ce que j’ai changé, s’en débarrasser serait gaspillé de l’argent, non ?

Plus de mille-six-cents dollars plus tard, je suis sur l’autoroute et soudain, le chauffage cesse de fonctionner.

Que faire ? La moitié du camion vient d’être changée, je n’y connais rien et j’ai besoin d’un véhicule.

Alors demain matin, on visite Pedro.

En fait, ce serait plus facile et moins dispendieux d’aller vivre avec Pedro. Ou de trouver un autre mécanicien.

Relancer mon blogue

Bonjour. Vous savez, j’écris à temps plein. Bon, pas vraiment, entre le travail et m’occuper du petit, de la maison, de tous les démons qui ne cessent de me parler et de toutes les folies qui me passent par la tête, il me reste quelques minutes par jour pour m’adonner à ma passion. J’ai la chance d’être abonné à de très bons blogues, certains sont littéraires et d’autres non. La plupart me divertissent et cela me donne le goût d’écrire à nouveau pour mon site.

Pourquoi ? Est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux prendre ces quelques précieuses minutes pour écrire un nouveau roman, corriger une histoire ou encore peaufiner une fin pour mon directeur littéraire Simon Rousseau à qui je soumets trop souvent des fins de manuscrits bizarres et compliqués ?

En passant, c’est grâce à ce gentil monsieur Rousseau que mes romans trouvent leur véritable identité. Merci mon grand.

Je ne sais pas du tout de quoi je vais parler dans ces articles. Ni quand. Mais je vais le faire. Je vais tenter de trouver des sujets, de m’exprimer et je vais très probablement dire des bêtises, faire un fou de moi, vous ennuyer, vous donner envie de vous placer une arme à feu dans la bouche et de presser la détente. J’en suis désolé. Mais vous savez quoi, ce ne sera pas mon doigt sur la gâchette.

Si vous avez des idées, des questions, voulez que je parle de choses en particulier, n’hésitez pas.

Bon, je vous laisse, je dois aller écrire un roman. On se reparle bientôt.

La perle scandinave

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Qu’est-ce que la perle scandinave ?

Une guerre civile et un virus meurtrier forcent la fermeture des frontières du Québec.

Un homme endeuillé de sa femme et de sa fille, qui vit aux États-Unis, entreprend le périlleux voyage au coeur de cette zone embrasée par le conflit.

Son épouse a laissé derrière elle des indices d’une mystérieuse double vie…

L’horreur culmine lorsqu’il ouvre la boîte de Pandore qu’est son passé.

Entre l’envahisseur nordique et les rebelles francophones, il apprend l’existence de la Perle Scandinave, un être mythique, supposé rassembler les peuples scandinaves et les conduire à la prospérité.

Au coeur de la guerre, même le plus impénétrable des individus
finit par dévoiler sa véritable nature.

 

Disponible dès le 13 février 2019!

Le 12 août j’achète un livre québécois ! Mes suggestions.

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Bonjour à tous!

Ce dimanche, c’est le festival du livre québécois… un évènement annuel d’ampleur auquel je vous invite cordialement.

Aussi appelé « Le 12 août j’achète un livre québécois »

Je suis auteur, mais aussi grand lecteur et c’est donc avec plaisir que je partage avec vous ma liste de suggestions pour ce jour particulier. Mais avant, je voudrais remercier Patrick Cazeault et Amélie Dubé qui, il y a cinq ans déjà, nous entraînaient dans cette aventure. Tout comme les auteurs qui participent en faisant la promotion de l’évènement et les librairies indépendantes du Québec.

Mais, plus important, ce sont tous les lecteurs que je remercie. Nous avons fait du chemin dans les dernières années et aujourd’hui, il est beaucoup plus facile de trouver des livres de chez nous sur les tablettes et les présentoirs. Les romans américains et autres ne prennent plus toute la place. Les librairies et autres médias d’information parlent aussi de nos romans, de leurs coups de cœur et font des critiques constructives.

Il fait bon d’apprécier et partager la littérature du Québec.

 

Voici mes suggestions (certains sont dans ma liste d’achat et d’autres déjà dans ma bibliothèque)

 

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Merci et bonne lecture!

 

 

Quoi?

Vous trouvez que j’ai de bons romans dans cette liste?

Il manque quelque chose?

Quoi donc?

Mes livres?

Ben voyons donc, je n’oserais jamais aller aussi bas pour faire de la pub.

Quel auteur digne de ce nom ferait la promotion de ses livres d’une manière aussi gratuite?

Pourquoi secouez-vous la tête avec découragement?

Bon, je suis un gentil écrivain et je vais peut-être, juste comme cela, rapidement, amicalement, distraitement, vous parler de mes livres.

Mais c’est vous qui me l’avez demandé, pas vrai?

Je suis incapable de vous dire non!

Allons-y, juste pour vous.

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C1 - Les contes interdits - Le joueur de flûte de Hamelin - final

Le jour où j’ai pleuré

Sad_SealLes hommes ne pleurent pas. Tout le monde le sait bien. Nous avons des « allergies » passagères. Vous savez, parce qu’on nous a bourré le crâne avec des idioties au sujet de la masculinité, qu’il ne fallait pas dévoiler nos émotions, tout garder à l’intérieur et laisser cette mixture émotionnelle nous gruger comme un acide corrosif. Nous savons tous que c’est de la foutaise, et je ne parle pas ici de chialer chaque fois qu’on voit un chiot à la télévision.

Je voulais vous raconter le jour où j’ai pleuré et il est très récent. Commençons par le début, voulez-vous?

C’était il y a plus de trois ans. J’ai eu la chance de pouvoir assister à la naissance de mon fils. Procédé assez terrifiant et quelque peu médiéval, malgré la technologie et les moyens employés. Une césarienne, alors on coupe, on joue dans le sang et les fluides, tandis que ma femme est attachée comme une crucifiée, à moitié droguée. J’arrête ici pour vous dire que le courage des femmes est incroyable, de voir toute la douleur, les sacrifices, l’inconfort quotidien et les moyens physiques et émotionnels nécessaires pour donner naissance me laissent pantois. Et la plupart des hommes survivent de peine et de misère à la petite grippe saisonnière.

L’enfant surgit donc de la cavité pratiquée dans le ventre de ma femme, le docteur et les infirmières exhibent la petite chose gluante inerte qui deviendra mon meilleur ami, mon trésor et la plus belle chose qui me soit arrivée. Il ne respire toutefois pas, l’équipe au complet s’active sur le petit corps trempé et je tiens la main de ma femme, qui ne voit rien du spectacle alarmant.

Il respire enfin, il bouge, il hurle même un peu. On nous le montre, on l’approche et je peux le tenir, quelques secondes seulement. Nous l’observons avec amour, douceur, et notre vie change déjà à jamais. Les infirmières insistent pour l’emporter, on me demande de les suivre et je dois laisser ma femme sur la table, ouverte et ensanglantée. Dans un couloir, je suis deux infirmières qui transportent mon fils dans une petite boîte sur roue, à défaut de lui donner un nom. Chariot vitré? On l’emmène dans une salle remplie de poupons, où une équipe s’affaire à leur donner les soins requis. Le docteur arrive ensuite, pour me parler. Je suis déjà dans un état assez précaire. Séparé de ma femme, sans savoir ce qui lui arrive, et inquiet pour mon fils, je l’écoute. Elle m’explique que notre fils est né et qu’il n’a pas respiré durant quelques secondes, qu’il était inerte. Ils ignorent pratiquement s’il y aura des dommages au cerveau, s’il a souffert. Il aurait dû être mis au monde plusieurs heures plus tôt, ils ont attendu trop longtemps. Comme il est trop tôt pour connaître son état, elle me prévient de risques importants. Je l’écoute à peine, j’ai peur. J’ai mal. Je veux retourner voir cette petite chose larmoyante et la consoler, je veux retrouver ma femme et m’assurer qu’elle va bien.

Des docteurs se succèdent autour de mon fils. Ils viennent de villes voisines, ce sont des experts appelés à la rescousse. Ils nous apprennent qu’il n’y a aucun dommage apparent, mais qu’il faut s’attendre à des possibilités de retard chez notre fils. C’est tout ce que je retiens. On parle même du gros A, ce qui me fait atrocement peur. Autiste? L’ironie c’est que j’ai travaillé durant de longues années avec des adultes et des enfants autistiques.

Détrompez-vous, ce n’est pas le jour où j’ai pleuré. Parce que je suis un homme, je suis fort, macho et avec une massue dans la main pour aller tuer du dinosaure et nourrir ma famille. Vite, me gratter l’entrejambe en ingurgitant une bière et un steak. Hurler pour encourager mon équipe sportive préférée tout en éructant.

Non, les larmes sont venues quelques années plus tard. Notre fils a grandi. Sans aucun signe de problèmes. Il est la plus belle chose que j’ai vue de toute mon existence. Je l’aime d’un amour extraordinaire qu’il est inutile d’expliquer, il faut être parent pour le comprendre. Bien entendu, nous le surprotégeons, nous craignons des problèmes et nous faisons de notre mieux pour l’aider. Intellectuellement, il se développe à une vitesse incroyable. À trois ans, il parle anglais, français et un peu d’espagnol. Il compte en français et en anglais jusqu’à cent. Il connaît non seulement ses lettres, mais vous pouvez mettre n’importe quel livre devant lui et il se mettra à lire. Il écoute une chanson deux ou trois fois, il en connaît toutes les paroles par cœur. Souvent, je dois faire des recherches sur Google, tout en jouant avec lui, pour être en mesure de comprendre ce qu’il veut. Il me demande souvent de tracer des formes géométriques avec une craie sur le trottoir, des formes dont je n’ai jamais entendu parler et qui sont en trois dimensions, mais il les connaît. Vous comprenez qu’il est d’une intelligence incroyable. Demandez-lui de quoi est composée la planète Mars, il vous le dira.

Sauf que socialement, il a un retard. Ce n’est que tout récemment que les choses ont commencé à débloquer. Il a toujours aimé se faire câliner, toucher et n’a aucun problème à vous regarder droit dans les yeux. Les textures ont toutefois été un problème, il n’aime pas se salir et toucher des choses inconnues. Le nourrir est un défi quotidien et il a de petites habitudes à la limite de l’autisme. Nous l’avons fait examiner, il est quelque part sur le spectre de l’autisme, mais on ignore où. Les spécialistes sont convaincus que ce n’est qu’un retard et que d’ici quelques années, il n’en restera aucune trace. Mais les spécialistes se trompent parfois.

Le jour où j’ai pleuré, je me trouvais avec mon fils, assis sur le plancher du salon. On jouait avec une étable et des animaux, qui selon mon petit dormaient tous. Il est beau mon gamin, avec des yeux bleus, un sourire incroyable. Partout où nous allons, il fait sourire les gens et les voisins ne cessent de nous complimenter sur ses capacités de chants. Parce qu’il peut être 5 heure du matin ou minuit, la fenêtre de sa chambre ouverte, il peut entreprendre un récital de chants capable de faire rougir un artiste international. Bon, c’est le papa qui se vante un peu, mais j’ai le droit, non?

Nous étions donc au sol, moi avec une vache dans la main et lui un cheval qu’il faisait tourner incessamment, puisqu’il aime faire pirouetter, tourner, pivoter les objets. Il se tenait tout juste devant moi, me tournant le dos. Son petit cou et ses cheveux lui donnaient un aspect de vulnérabilité attendrissant. Comme il est petit. Il est très indépendant et je me demande toujours ce qui se passe dans sa tête. Ce jour-là, il s’est tourné et m’a regardé en disant « Papa ». Je lui ai souri et demandé ce qu’il y avait. Rien, il ne répond pas lorsqu’on lui pose des questions. C’est ainsi. Nous nous rendons plusieurs fois par semaine chez des éducateurs spécialisés afin de l’aider à communiquer.

Et ainsi, sans raison et avec toutes les raisons du monde, j’ai pleuré. De le voir ainsi si vulnérable, fragile et dépendant de nous. J’ai pleuré parce que je ne voulais pas qu’il soit prisonnier de son propre cerveau, je voudrais qu’il puisse s’exprimer et nous dire ce qu’il veut, ce qu’il ressent. Je voulais à tout prix lui donner une enfance extraordinaire, lui offrir toutes les possibilités de se développer et vivre des expériences magiques. Son retard l’empêche de vivre comme les autres enfants, il doit prendre son temps, s’adapter peu à peu à toutes nouvelles situations. J’ai ressenti l’éternelle culpabilité parentale, la peur que les choses empirent. Je pensais à ma femme, qui porteuse de l’enfant, devait souffrir davantage que moi et porter le poids de la culpabilité. Devant elle, je tente d’être rassurant, encourageant. Bref, je pleurais silencieusement après trois ans de questions, de peur, de doute, de rencontres avec des spécialistes et de cette maudite culpabilité.

C’est alors que mon garçon s’est tourné vers moi. Avec un sourire, il a répété une des phrases de son émission de télévision favorite « C’est OK mon pauvre petit phoque, tout va bien aller ».

Mon fils a toujours été là, parfois sous la surface, mais il est là.

J’ai pleuré encore plus, des allergènes supplémentaires venaient probablement de s’infiltrer dans la résidence par des failles insoupçonnées.

J’ai compris que mon fils avait raison, tout irait bien.